CHU Bogodogo : la Dispensation Individuelle Normative (DIN) est effective dans tous les services

L’objectif de la pharmacie hospitalière dans le Centre Hospitalier Universitaire Bogodogo était d’assurer la mise en œuvre de la dispensation au lit du malade. Ainsi, en vue d’assurer une meilleure application de la Dispensation Individuelle Normative (DIN), les responsables ont adopté trois modes de délivrance du médicament. Il s’agit de la Dispensation de délivrance individuelle (DDI) au lit du malade, la dispensation de délivrance globale (DDG) et la rétrocession.

La particularité de la mise en œuvre de la DIN au CHU Bogodogo est son effectivité dans tous les services cliniques. La Dispensation de délivrance individuelle (DDI) au lit du malade et la dispensation de délivrance globale (DDG) sont les modes adoptés pour les patients hospitalisés « La DDG consiste à rendre disponible le médicament au niveau du service, à travers l’approvisionnement d’une armoire à pharmacie sur la base d’une liste prédéfinie par le chef-service appelé le livret thérapeutique et le circuit du médicament dans la DDG est bien défini (prescription du médecin, délivrance par l’infirmier) », a expliqué Dr Kafando Zacharie, chef de service de la pharmacie hospitalière.

Quant à la DDI, elle consiste à délivrer le médicament au patient hospitalier après la préparation de doses individuelles nominatives. A côté de ces deux modes de délivrance, se place la rétrocession qui concerne les patients suivis en ambulatoire, ordinaire pour les médicaments ordinaires et la rétrocession ARV qui concerne la dispensation des antirétroviraux.

Selon Dr Kafando Zacharie, chef de service de la pharmacie hospitalière, la  DDI consiste à délivrer le médicament au patient hospitalier après la préparation de doses individuelles nominatives.

« Si tu fais une consultation et le médicament est disponible, à ce niveau, on te donne les produits nécessaires. Ainsi que pour les patients en partance », a précisé le  chef de service de la pharmacie hospitalière.

De l’avis du Professeur Charlemagne Ouédraogo, grâce à cette pharmacie hospitalière, ils arrivent à assurer la continuité des soins dans le cadre de la politique de gratuité des soins en faveur de la mère et de l’enfant de moins de 5 ans.

 « Il y a un inventaire qui est fait deux fois par jour pour s’assurer que la liste des médicaments essentiels et génériques dont nous avons besoin pour offrir les soins sont disponibles en quantité suffisante et en qualité. Les sages-femmes assurent la dispensation des médicaments pour que les acteurs qui sont dans les différentes salles de soin puissent avoir les médicaments et donner les soins. C’est ce qui nous permet de donner des soins de césariennes gratuitement sans surcoût et sans ordonnance remise aux parents », a-t-il informé en ajoutant qu’au CHU Bogodogo, près de 12 000 accouchements avec environ 35 % de césarienne sont enregistrés dans l’année et tout est gratuit.

« C’est ce qui nous permet de donner des soins de césariennes gratuitement sans surcoût et sans ordonnance remise aux parents », Pr Charlemagne Ouédraogo.

Du côté des urgences médicales, la pharmacie hospitalière a permis d’accélérer la prise en charge des malades. Selon Dr Napon Salifou, chef des services des urgences, la plupart des difficultés sont liées aux conditions socioéconomiques défavorables des populations.

Quand on a commencé la pharmacie hospitalière, on a eu des pertes. « Il faut dire que dans l’entendement de la pharmacie hospitalière, lorsqu’on a des malades, on ne s’occupait pas des aspects financiers. L’essentiel pour nous était que le malade ait tout de suite et maintenant son médicament, mais on s’est rendu compte que quand on faisait ça avec la population, à un certain moment, pour les envoyer même à payer, c’était compliqué. Ils avaient compris que le médicament était gratuit », a-t-il relaté en déclarant que désormais, ils expliquent le procédé avant d’administrer les soins.

Les médicaments disponibles au service des urgences grâce à la DDG.

Une autre difficulté enregistrée au niveau des urgences est liée aux cas des décès. « Le malade arrive et vous vous mettez à sortir les médicaments. Dans les minutes qui suivent le malade décède. La sensibilité humaine fait que c’était difficile d’aller tendre l’ordonnance. On avait énormément perdu. Il a fallu communiquer avec la chambre mortuaire et on a trouvé le mécanisme. Quand le malade décède, on donne l’ordonnance à la chambre mortuaire. Quand la famille vient pour faire sortir le corps, on leur parle. Il y a certaines familles qui acceptent de payer. Il  y a d’autres par contre, c’est un peu difficile », a détaillé Dr Napon Salifou, chef des services des urgences.

« Dans les minutes qui suivent le malade décède. La sensibilité humaine fait que c’était difficile d’aller tendre l’ordonnance », Dr Napon Salifou, chef des services des urgences.

Il faut noter qu’au CHU de Bogodogo, l’administration des médicaments sous forme orale relève du mode DDI et les autres formes relèvent du mode DDG. Ce centre hospitalier entend informatiser le circuit des médicaments au niveau des services et recommande la mise en place d’une pharmacie centrale des hôpitaux pour pallier les ruptures de médicaments.

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