Burkina Faso : Vers le démarrage effectif des tribunaux traditionnels et coutumiers dans le Mogho

Les ministres chargés de la Justice et de l’Administration territoriale, Me Edasso Rodrigue Bayala et Émile Zerbo, ont donné le top départ des travaux du cadre de concertation et de formation des autorités coutumières et traditionnelles sur la loi portant « Faso Bu-kaooré », ce 20 mai 2026 à Ouagadougou. Les conclusions de cette rencontre devront acter le démarrage effectif des activités des tribunaux traditionnels et coutumiers dans les différents secteurs et villages du Mogho.
Pendant trois jours, les acteurs traditionnels et coutumiers de la région du Kadiogo vont se familiariser avec les règles qui régissent la composition, l’organisation, le fonctionnement et la compétence des instances traditionnelles de règlement des différends. Ils seront également outillés sur la gestion des affaires pénales dans le cadre du règlement traditionnel des différends.
Par ailleurs, ces acteurs discuteront des modèles de registres et des procès-verbaux qui devront constater les décisions de ces instances. Il s’agira de formuler des recommandations et des suggestions pertinentes pour la mise en place effective de ces instances dans la région du Kadiogo.
Selon le ministre de la Justice, cette rencontre vise à harmoniser la compréhension de la loi « Faso Bu-kaooré » et à déployer officiellement ces instances dans le Mogho. Il a souligné que cette loi officialise et nationalise les instances traditionnelles de règlement des différends au niveau des villages, secteurs et villes.

Ce recours aux modes traditionnels permet de désengorger les tribunaux classiques. Il offre aux populations une justice plus rapide, moins coûteuse, accessible et en parfaite adéquation avec les réalités socioculturelles locales.
« Il s’agit de tenir ce cadre pour échanger avec les chefs coutumiers et traditionnels qui sont les principaux acteurs qui vont présider ces tribunaux coutumiers et traditionnels dans nos secteurs et villes où ils seront institués », a-t-il indiqué.
Le Ouidi Naaba Kiba, ministre de Sa Majesté le Mogho Naba Baongho, s’est réjoui de la tenue de cette rencontre, qui vise à accorder les différents points de vue, rapprocher les acteurs traditionnels et coutumiers et permettre la mise en œuvre concrète de la loi portant « Faso Bu-kaooré ».
« Je pense qu’à l’issue de cette rencontre, nous pourrons rapprocher tous nos points de vue et pouvoir mettre en œuvre la loi Faso Bu-kaooré », s’est-il exprimé.

La Fondation Terre des hommes est un partenaire technique et financier du ministère de la Justice. Selon Boubacar Keïta, directeur pays adjoint en charge du programme de la fondation, cet atelier vise à inclure pleinement les autorités coutumières et traditionnelles à travers le renforcement de leurs capacités et le dialogue, afin qu’elles s’approprient les outils nécessaires à la mise en œuvre de cette réforme majeure.
« Cette expérience offre un cadre de référence concret pour accompagner la mise en œuvre de la loi Faso Bu-kaooré et renforcer durablement la confiance des citoyens dans les mécanismes de justice », a-t-il indiqué.
Lazard KOLA
Faso7



