48 heures de la charité : Une conférence publique pour renforcer le soutien aux veuves et aux orphelins

Dans le cadre de la 3e édition des 48 heures de la charité, organisée par le groupe La Charité du Communicateur, une conférence publique a été animée ce 18 avril 2026 à Ouagadougou sur la responsabilité face aux veuves et aux orphelins.
Le pasteur Emmanuel Sawadogo, président du Conseil régional des Assemblées de Dieu du Kadiogo, a animé le thème principal : « Ma responsabilité face aux besoins de la veuve et de l’orphelin ». Dans sa présentation, le pasteur a insisté sur le devoir divin et humain de soutenir ces personnes vulnérables, fragilisées par la perte d’un parent, surtout dans ce contexte sécuritaire difficile au Burkina Faso.
Le pasteur a rappelé que la veuve et l’orphelin ne sont pas qu’un problème social, mais une question spirituelle profonde aux yeux de Dieu. Citant Psaume 68:6, il a déclaré que Dieu est le Père des orphelins et le Défenseur des veuves dans sa demeure sainte et que Dieu se positionne comme protecteur, mais appelle les hommes à être ses instruments sur terre. « La manière dont nous traitons les veuves et les orphelins est un critère du jugement de Dieu et un révélateur de notre foi », a-t-il laissé entendre.
Il a souligné que les besoins essentiels des veuves et orphelins incluent l’amour, la dignité, la connaissance de Dieu, la nourriture, les vêtements, le logement et l’évangile. « Traiter les autres comme nous voulons être traités : c’est la loi de la justice universelle », a-t-il expliqué.
Face aux défis sécuritaires qui multiplient veuves et orphelins, le pasteur a appelé à écouter, compatir et agir avec ce qu’on a selon lui. « Avec ce que nous avons dans la main, nous pouvons faire beaucoup pour ces personnes que Dieu porte sur son cœur », a-t-il déclaré.
Le journaliste Hervé Dapa Kouamé, animateur du sous-thème sur le devoir de solidarité, a appelé à l’action concrète.** Il n’est pas besoin d’être riche : chaque geste compte, selon lui. « La situation des veuves et orphelins nous pose une question simple : est-ce que je fais ma part ? », a-t-il lancé. Il a souligné que le soutien doit être apporté avec humilité et amour, pas de la pitié. « Si on attend d’avoir beaucoup, on ne fera jamais rien », a-t-il fait comprendre.
Dans son intervention, il a pris l’exemple de la scolarité des orphelins, expliquant qu’à travers la contribution volontaire, chaque bonne volonté peut apporter sa part, notamment les livres scolaires, le cartable, les stylos. « Petit à petit, l’enfant a tout pour aller à l’école », a-t-il déclaré, ajoutant que l’État et les institutions ne peuvent pas tout faire seuls.
Pour conclure, il a rappelé que sans charité, même les dons extraordinaires ne valent rien. « Si on n’aime pas ceux qu’on voit, surtout les vulnérables, comment prétendre aimer Dieu qu’on ne voit pas ? », a-t-il déclaré.
Confidence de la fondatrice de Go Paga
Fadima Kambou, fondatrice de l’association Go Paga, a présenté le sous-thème 2 portant sur comment contribuer au bien-être de la veuve et de l’orphelin. Elle a insisté sur l’accompagnement concret pour que veuves et orphelins se prennent en charge eux-mêmes. À son avis, l’assistance passe aussi par la défense contre les injustices familiales, comme le dépossédément des biens après un décès.
Chacun peut agir à son niveau : dire stop aux spoliations, aider aux démarches judiciaires ou administratives, selon elle. « On a toujours quelque chose à offrir », a-t-elle rappelé.
Engagée depuis 2021 face aux crises qui frappent le Burkina, elle refuse de tout rejeter sur l’État. Elle a partagé sa propre histoire. Orpheline elle-même, elle a bénéficié d’un soutien scolaire qui l’a menée jusqu’à une bourse d’études en Europe. Aujourd’hui, elle rend la pareille à travers des œuvres en faveur des plus défavorisés. « Chaque Burkinabé doit s’engager pour le Burkina sans attendre une quelconque récompense. C’est notre pays », a-t-elle conclu.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7



