Cinéma africain : Un fonds régional pour soutenir les coproductions audiovisuelles

Après 48 heures, les travaux des directeurs de la cinématographie des pays de l’UEMOA et de la République de Guinée se sont achevés, ce 18 mars 2026 à Ouagadougou. Ils ont abouti à l’élaboration d’une feuille de route pour redynamiser le cinéma africain.

À l’issue des échanges, les directeurs du cinéma africain ont, d’un commun accord, déclaré leur détermination à renforcer les politiques publiques et à perpétuer la promotion d’une coopération régionale bien encadrée.

Cette déclaration s’est matérialisée par l’élaboration d’une feuille de route structurée en sept points. Le premier point est relatif à l’institution d’un cadre permanent entre les directeurs de la cinématographie des États membres de l’UEMOA et de la République de Guinée pour favoriser la coordination des politiques publiques, basée sur les échanges et les bonnes pratiques. 

Le second point concerne la mise en place d’un accord cadre de collaboration régionale qui va favoriser le renforcement des capacités de coproduction, la compétitivité des œuvres cinématographiques régionales, les politiques publiques, l’harmonisation des normes, la réglementation du secteur et les instruments communs de protection des œuvres et de lutte contre le piratage.

Le ministre Gilbert Ouédraogo et les directeurs de la cinématographie de l’UEMOA©️Faso7

L’engagement pour la mise en place d’un fonds régional de soutien au cinéma et à l’audiovisuel pour le financement des coproductions régionales, le soutien aux projets ambitieux à forte valeur ajoutée et à la promotion des œuvres filmiques dans les festivals internationaux a été retenu comme troisième point de la feuille de route.

Les directeurs de la cinématographie se sont également engagés à plaider pour l’adoption d’une directive régionale visant à harmoniser l’adoption des lois nationales de régulation des plateformes de streaming et de vidéo à la demande (VOD). Ils comptent aussi défendre une position commune face aux multinationales.

La déclaration des cinématographes de l’UEMOA a tenu compte de la création d’un marché régional du cinéma et de l’audiovisuel pour renforcer les opportunités de distribution et d’investissement. Le dernier point de cette feuille de route s’articule autour de leur engagement à mettre en place un mécanisme régional de veille de la souveraineté audiovisuelle. Cela dans l’objectif d’obtenir des données vérifiables pour l’élaboration des politiques publiques.

Le soutien permanent du Burkina Faso

Selon le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Gilbert Ouédraogo, cette déclaration est la preuve que les acteurs du cinéma africain sont déterminés à redynamiser le secteur.

« Ces orientations constituent des jalons importants dans la construction d’un écosystème sous-régional du cinéma et de l’audiovisuel plus structuré, plus dynamique et plus compétitif. Elles traduisent également une conviction forte : l’avenir des cinémas d’Afrique dépend de nous, et son ancrage véritable sera l’impérieuse résultante de la franche coopération et de la fraternelle solidarité entre nos États », a-t-il indiqué.

Il a ajouté que le cinéma africain regorge d’un riche potentiel et l’ensemble des acteurs du secteur doivent mutualiser leurs efforts pour propulser l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel africains. C’est à ce prix qu’il a fait comprendre que le secteur va pouvoir atteindre son indépendance.

Du côté de l’Agence Burkinabè de la Cinématographie et de l’Audiovisuel (ABCA), l’objectif est atteint tant au niveau de la participation qu’au niveau des recommandations. Le directeur général de l’ABCA, Alex Moussa Sawadogo a indiqué que ces recommandations vont changer les rapports entre les directions de la cinématographie des pays. Les productions d’un pays tiers pourront être largement appréciées par les cinéphiles d’un autre pays. Par dessus tout, les professionnels du cinéma africains pourront tirer leur épingle du jeu.

Cheick Habib Désiré BAYILI

Faso7

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