Cinéma d’Afrique : Les directeurs de la cinématographie de l’UEMOA réunis en conclave à Ouagadougou

Les directeurs de la cinématographie des États membres de l’UEMOA et de la Guinée tiennent un conclave de 48 heures, du 17 au 18 mars 2026 à Ouagadougou. Cette session de travail doit aboutir à la structuration d’une politique générale du cinéma africain. L’ouverture de la rencontre s’est tenue ce mardi 17 mars 2026 sous le patronage du ministre chargé de la Culture, Gilbert Ouédraogo.

La rencontre des directeurs de la cinématographie des pays de l’UEMOA et de la Guinée est placée sous le thème « Cinéma d’Afrique : souveraineté culturelle et coopération régionale, rôle et responsabilités des États ». Sy Christian Innocent Ouattara, représentant du ministre de la Culture et du Tourisme, a, au cours de l’ouverture des travaux, souligné l’importance pour les États africains de parvenir à une indépendance culturelle face aux enjeux mondiaux. Cela passe nécessairement par la capacité de chaque pays à produire ses propres récits, à valoriser sa culture et à imposer le talent de l’Afrique sur l’échiquier mondial.

Pour ce faire, le représentant du ministre de la Culture a indiqué que les décideurs publics ont leur rôle à jouer. C’est à eux qu’incombe la tâche de créer une base solide pour faire prospérer l’industrie du cinéma. Les pouvoirs publics ont cette prérogative de soutenir la création et de parvenir à la structuration d’un marché africain du cinéma et de l’audiovisuel compétitif, a insisté Sy Christian Innocent Ouattara.

Le présidium de la cérémonie d’ouverture ©️Faso7

« C’est précisément dans cet esprit que se tient la présente rencontre. Elle se veut un cadre de concertation entre les administrations publiques en charge des cinémas, pour une réflexion profonde sur les moyens de renforcer la coopération sous-régionale et pour une harmonisation de nos politiques publiques », a-t-il indiqué au nom du ministre Gilbert Ouédraogo.

La rencontre est portée par l’Agence Burkinabè de la Cinématographie et de l’Audiovisuel (ABCA) sous l’impulsion du gouvernement burkinabè. Le directeur général de l’ABCA, Alex Moussa Sawadogo, a ajouté que cette rencontre va permettre aux acteurs de réfléchir sur la mise en place d’une politique régionale du cinéma qui va aboutir à des projets de coproduction. Également, selon Alex Moussa Sawadogo, les travaux devront permettre la création d’un fonds régional pour soutenir les différents projets cinématographiques des pays de l’espace UEMOA. Il est prévu aussi la création d’un marché commun du cinéma.

« C’est à nous aussi représentants du cinéma aussi de penser pour qu’il y ait des laboratoires, des espaces aussi d’innovation, de création aussi qui épousent aussi toute cette politique générale de nos différents pays. Et on espère bien qu’à la sortie des travaux, on pourra faire adopter tout ça », a expliqué Alex Moussa Sawadogo.

De façon globale, le cinéma africain est confronté à une insuffisance des mécanismes de financement, à une faiblesse des infrastructures de diffusion et à un accès limité aux marchés internationaux. Cependant, Sy Christian Innocent Ouattara a confié aux acteurs que ces défis peuvent être perçus comme des opportunités. Pour lui, le cinéma demeure un secteur économique porteur et générateur d’emplois.

Cheick Habib Désiré BAYILI

Faso7

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