Musique burkinabè : Awetou, la voix gurunsi entre tradition, scène live et engagement patriotique

Le mercredi 4 février 2026, Faso7 s’est entretenu avec l’artiste burkinabè Awetou. Révélé au grand public à travers Faso Academy, puis remarqué lors de compétitions et scènes prestigieuses comme les Kundé, l’artiste se distingue par son attachement à la langue gurunsi et à une musique profondément enracinée dans les traditions du Sud du Burkina Faso. Au cours de cet échange à cœur ouvert, Awetou est revenu sur son parcours, son actualité et sa lecture lucide des défis du milieu artistique national.
De son vrai nom Awetou Jean Baptiste Adoua, l’artiste puise ses premières inspirations dans la ferveur du Woyo (Zougou), avant d’ancrer définitivement son identité musicale dans son village natal de Tiébélé, au cœur de la province du Nahouri. C’est là qu’il s’imprègne du Djongo, cette musique gourounsi authentique qui irrigue aujourd’hui l’ensemble de son œuvre. Pour Awetou, la musique ne se triche pas et se juge avant tout sur scène. « Un bon artiste, c’est d’abord le live », affirme-t-il sans détour.
Formé à l’école de la rigueur et de la performance, Awetou revendique une musique organique, vivante et sans artifices. Capable de tenir des heures de spectacle sans faiblir, il défend une relation directe avec le public, loin des effets faciles. Cette exigence artistique lui a ouvert les portes de collaborations prestigieuses avec des figures majeures de la musique burkinabè, telles que Bil Aka Kora ou encore Smockey, confirmant que son talent transcende les générations. « J’ai travaillé avec les grands frères Bil Aka Kora, Smockey, avec ceux de ma génération et je continue de bosser avec mes petits frères », confie-t-il avec fierté.
Après une période de relative discrétion consacrée à la création, Awetou a signé son retour sur le devant de la scène en 2023 avec le titre « Zoulalou ». Mais c’est surtout la chanson « Burkinabè », en collaboration avec Greg Burkimbila sorti le 1er décembre 2025, qui résonne aujourd’hui fortement auprès du public. Ce titre, devenu emblématique, touche particulièrement le cœur des Burkinabè par son message fédérateur et patriotique.
« C’est un folklore kasséna qui magnifiait déjà notre peuple autrefois »
Selon l’artiste, cette chanson est avant tout un hommage aux Forces de défense et de sécurité, aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), ainsi qu’à l’ensemble des citoyens engagés pour la survie et la dignité du pays. « C’est un folklore kasséna qui magnifiait déjà notre peuple autrefois. Nous l’avons remis en lumière pour unir les cœurs », explique-t-il, soulignant la puissance culturelle de la musique comme outil de cohésion sociale.
Malgré les nombreux défis liés à l’autoproduction et à la structuration du secteur artistique, Awetou reste résolument tourné vers l’avenir. L’année 2026 s’annonce d’ailleurs particulièrement chargée pour l’artiste, avec deux rendez-vous majeurs. Il prévoit un grand concert en juin au CENASA, afin de célébrer ses années de scène et de fidélité au public. À cela s’ajoute le retour du Festival Anou Sono, prévu en décembre à Tiébélé, cette fois-ci au plus près de ses racines, pour une célébration culturelle authentique et communautaire.
Profitant de cette tribune, Awetou a lancé un appel clair aux partenaires, producteurs et mécènes culturels désireux d’investir dans une musique de qualité, sincère et enracinée dans les valeurs locales. Pour lui, soutenir la culture, c’est aussi préserver l’âme du Burkina Faso.
Suivre son dernier clip ici 👉🏾 AWETOU FEAT GREG BURKIMBILA – BURKINABE
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