Burkina Faso : Le Premier ministre Rimtalba Ouédraogo expose les piliers d’un nouveau modèle économique

Dans son discours sur la situation de la Nation prononcé devant l’Assemblée législative de Transition (ALT), ce 30 janvier 2026, le Premier ministre, Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo, a invité les Burkinabè à repenser le modèle de développement économique du pays. Pour lui, l’économie néolibérale imposée depuis plus de quatre décennies a montré ses limites.

« Quel modèle de développement économique devons-nous inventer pour nous-mêmes ? » C’est par cette interrogation que le Premier ministre, Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo, a ouvert son analyse sur l’avenir économique du Burkina Faso, lors de son discours sur la situation de la Nation prononcé devant l’Assemblée législative de Transition (ALT).

Pour le Chef du gouvernement, l’échec du modèle néolibéral imposé depuis plus de quatre décennies impose une remise en question profonde des orientations économiques. « La rhétorique néolibérale nous a fait croire que l’État ne doit pas s’immiscer dans les questions de développement et que la production des biens et services est le fait unique du privé », a-t-il déclaré.

Cette approche a conduit, a-t-il rappelé, à la privatisation des entreprises publiques, à la suppression de certaines subventions et à l’austérité budgétaire, contribuant ainsi à « déstructurer le secteur productif public ».

Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo a souligné qu’un État ne peut pleinement jouer son rôle régalien sans maîtriser les leviers fondamentaux de son développement. « Nous sommes sur cette voie et nous y parviendrons, ensemble, avec le peuple burkinabè engagé », a-t-il assuré, tout en rassurant que l’économie nationale demeure solide et résiliente.

Présentée comme « le socle vital de notre économie », l’agriculture occupe une place centrale dans la stratégie gouvernementale. Cette orientation est portée par l’Offensive agropastorale et halieutique ainsi que par l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire.

La campagne agropastorale 2025-2026 a enregistré une production céréalière nationale estimée à plus de 7 millions de tonnes, portant le taux de couverture des besoins céréaliers à 126,6 %, un niveau excédentaire historique. « La production de riz s’est établie à plus d’un million de tonnes, soit une hausse de 49,34 % par rapport à la campagne précédente », a précisé le Premier ministre.

Ces résultats sont le fruit de l’aménagement et de la réhabilitation de plus de 35 000 hectares de périmètres irrigués et de bas-fonds, du labour subventionné de plus de 51 000 hectares, de la subvention de près de 70 000 tonnes d’engrais et de la diffusion de plus de 12 000 tonnes de semences améliorées.

Au-delà de l’agriculture, les secteurs des mines et de l’énergie ont enregistré des avancées notables en 2025. La production aurifère nationale a dépassé 94 tonnes, générant plus de 776 milliards de FCFA de recettes budgétaires. « La lutte contre la fraude et l’exploitation illicite a permis de sécuriser des recettes supplémentaires estimées à plus de 100 milliards de FCFA », a indiqué le Chef du gouvernement.

Dans le domaine énergétique, la mise en service de centrales thermiques et solaires, l’électrification de nouvelles localités rurales et le raccordement de plus de 160 500 nouveaux abonnés traduisent la volonté des autorités de garantir une énergie accessible et souveraine, selon le Chef de gouvernement.

Faso7

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