Conseil des ministres de l’Autorité du Bassin du Niger : Le ministre Roger Baro appelle à la redynamiser les actions

L’Autorité du Bassin du Niger (ABN) tient ce 5 novembre 2025 à Ouagadougou sa 44e session du conseil des ministres.

​Les ministres présents à la 44e session ordinaire du Conseil des Ministres de l’ABN vont apprécier le rapport-bilan des activités à mi-parcours de l’année de l’ABN. Ils vont examiner les rapports d’audits des comptes de l’année précédente et le rapport du contrôleur financier de l’année. Le plan de travail annuel et le projet de budget de l’exercice à venir seront soumis à l’analyse du conseil des ministres.

​Roger Baro, ministre chargé de l’environnement du Burkina Faso, président du conseil des ministres de l’ABN, a déclaré que cette session doit servir de cadre pour redynamiser l’ABN pour en faire une coopération régionale performante pour les peuples du bassin du Niger.

​Face aux défis : changement climatique, dégradation des écosystèmes, insécurité, vulnérabilité démographique et faibles opportunités économiques pour les populations, l’ABN, selon le ministre, doit agir de manière concertée et efficace.

« Il nous revient d’assurer une gestion intégrée, durable et souveraine des ressources en eau, de renforcer la résilience des communautés et de faire de notre bassin un véritable moteur de paix et de développement », a-t-il déclaré.

 » L’ABN doit s’inspirer des réussites de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS)  » ( Roger Barro_Ministre chargé de l’environnement du Burkina Faso)

​Pour Roger Baro, les ministres doivent prendre des décisions appropriées pour repositionner l’ABN comme un instrument majeur capable de transformer l’espace partagé. L’ABN, aux dires du ministre Baro, doit être un instrument qui réaffirme la souveraineté des pays membres. Il a estimé que le conseil des ministres doit travailler à la rendre autonome, à commencer par l’acquittement régulier des contributions statutaires indispensables à son bon fonctionnement. Il faut, dit-il, s’assurer de la régularité des contributions nationales pour renforcer l’autonomie financière de l’ABN.

​« L’ABN doit s’inspirer des réussites de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), qui, dans des conditions semblables, a pu mettre en place les barrages de Diama au Sénégal, Manantali au Mali, pour apporter une réponse aux besoins énergétiques des pays membres et soutenir le développement agricole de la région (…) Après plus de 45 ans d’existence, il n’est plus cohérent que notre institution, instrument majeur de souveraineté collective et de coopération, manque de moyens essentiels à son fonctionnement », a souligné Roger Baro.

​Pour l’exercice en cours, les États de l’ABN ont mobilisé plus de 1,2 milliard F CFA comme contribution pour le fonctionnement de l’ABN. C’est énorme, s’est félicité le ministre. Toutefois, pour lui, les 9 pays de l’ABN doivent continuer à s’assumer car l’autonomie de l’ABN passe par l’opérationnalisation des mécanismes de financement innovants et souverains.

​« Pour ces questions de financement climatique, il ne faut pas être spectateur et avoir des excuses. Les fonds verts sont compliqués, les fonds d’adaptation sont compliqués, d’autres pays explorent les brèches, pourquoi pas nous ? », s’est interrogé le ministre.

​En tant qu’instrument de développement, l’ABN, a fait entendre le ministre, doit continuer sa dynamique de changement organisationnel et intégrer les outils modernes du management opérationnel. Selon lui, le Secrétariat exécutif doit être porté par des hommes compétents, engagés, passionnés et conscients du rôle stratégique qu’ils incarnent. « Chaque travailleur de l’ABN doit être un acteur de transformation, un maillon décisif de la réussite de l’institution », a-t-il mentionné.

​Les travaux du présent conseil des ministres, a espéré le ministre, doivent aboutir à des résolutions pragmatiques, ambitieuses et opérationnelles. Il doit ouvrir un nouveau chapitre pour l’institution, un chapitre d’innovation, de solidarité, de résilience, d’intégration et surtout d’actions à fort impact pour la population.

​Saydou Ismaël GANAME

Faso7

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