Photosa 2025 : La photographie comme outil de mémoire et de reconstruction du passé

Dans le cadre de la biennale Photosa, un panel dédié au rôle de la photographie dans la construction de la mémoire collective a réuni, ce vendredi 28 novembre 2025 à Ouagadougou, chercheurs, artistes et passionnés d’images. Parmi les intervenants, l’enseignant-chercheur Souleymane Ganou, spécialiste des études culturelles africaines à l’Université Joseph Ki-Zerbo, a livré une réflexion profonde sur la puissance narrative et documentaire de la photographie.

La photographie constitue avant tout un moyen unique de « capturer l’instant T », de figer un moment qui ne reviendra jamais tel quel. Pourtant, cet instant saisi peut traverser le temps, générer des souvenirs des années plus tard et même inspirer de nouveaux projets artistiques ou scientifiques. C’est la réflexion de l’enseignant-chercheur Souleymane Ganou, spécialiste des études culturelles africaines à l’Université Joseph Ki-Zerbo.

« La photographie est un véritable support d’archivage, un outil qui permet de documenter le passé », explique-t-il. Dans un pays où certaines traces matérielles de l’histoire ont disparu, l’image semble parfois être la seule passerelle vers ce qui n’existe plus.

Évoquant le cas de Ouagadougou, Souleymane Ganou déplore l’absence d’une « vieille ville » conservée ou reconstituée. Pourtant, soutient-il, des photographies anciennes notamment celles prises à l’arrivée des colons  pourraient aujourd’hui offrir une vision précieuse de la capitale au début des années 1900. À partir de ces archives visuelles, il serait possible d’imaginer des reconstitutions architecturales, urbaines ou patrimoniales, participant ainsi à un travail de mémoire collective et de transmission.

L’enseignant-chercheur a également salué l’initiative d’Adrien Bitibaly, fondateur de Photosa, qu’il considère comme l’un des acteurs ayant permis de redonner à la photographie sa dimension artistique au Burkina Faso. « C’est grâce à lui que j’ai compris qu’une photographie, selon l’angle ou la lumière, peut offrir des interprétations multiples et raconter une histoire », confie-t-il. Il souligne également que des projets photographiques peuvent donner naissance à des thématiques de recherche ou même à des ouvrages.

Au-delà de l’esthétique, Souleymane Ganou estime que Photosa contribue à sortir la photographie des studios pour l’ancrer dans les quartiers et dans la vie des populations. Une manière, selon lui, de montrer que la photo n’est pas une simple image que l’on regarde distraitement, mais un médium vivant, porteur d’histoire, de sens et de métiers.

Faso7

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