Déradicalisation et de réinsertion : Des détenus de la Prison de Haute Sécurité de Roumtenga veulent promouvoir la paix

Le ministère en charge de la Justice a clôturé, ce jeudi 14 août 2025, les activités de promotion de l’enseignement religieux destinées aux pensionnaires de la Prison de Haute Sécurité (PHS). L’objectif de cette initiative est de combattre les interprétations erronées des textes sacrés afin d’offrir un cadre propice à la réflexion et à la reconstruction personnelle chez les détenus. Elle vise à doter les pensionnaires d’outils intellectuels et spirituels à leur réinsertion sociale.

Pendant sept mois, de décembre 2024 à juillet 2025, des sessions de déradicalisation axées sur l’enseignement religieux ont été dispensées aux détenus incarcérés pour faits de terrorisme. Ce programme complet visait à préparer leur réinsertion sociale.

Les séances hebdomadaires suspendues temporairement durant le mois de jeûne ont permis de réaliser 46 sessions sur les 60 initialement prévues, soit un taux de réalisation de 76 %. En moyenne, 168 détenus sur 187, issus des quartiers de très haute sécurité et de haute sécurité, ont assisté à chaque session, ce qui représente un taux de participation de 90 %.

Selon l’Inspecteur pénitentiaire principal Pinga Zongo, directeur de la PHS, plus de 80% des participants ont exprimé des regrets quant à leurs actes passés. Les équipes ont constaté une évolution significative des mentalités, particulièrement visible chez les « détenus les plus radicalisés ». Ces derniers témoignent désormais d’une ouverture d’esprit accrue et d’une plus grande flexibilité dans leur mode de pensée. Dans ce cadre, des détenus condamnés pour des faits de terrorisme ont témoigné des enseignements reçus, exprimant leur reconnaissance pour les formations et les sensibilisations dispensées.

Messages de déradicalisation

Le directeur de la PHS a ajouté que ces détenus ont bénéficié de formations théoriques et pratiques en vue de leur réinsertion dans la société. Ils ont également manifesté leur volonté de contribuer à l’initiative Faso mêbo et à d’autres projets de développement pour le Burkina Faso. Cependant, il a fait savoir que des résistances persistent parmi 14 détenus, soit moins de 3% de l’effectif, restant fermement attachés à leurs convictions idéologiques.

« Aujourd’hui, nous avons compris le vrai sens de l’islam qu’on ignorait avant. Ce n’est pas nous les Burkinabè qui devront prendre les armes contre nos propres frères. Nous appelons ceux qui se sont égarés de revenir à la raison », a témoigné A.D, un des détenus condamnés pour fait de terrorisme.

Il s’agit pour les prisonniers « radicalisés » d’avoir une conscience lucide

Il est à noter que ces actions ont été rendues possibles grâce à l’accompagnement de l’ONG PAX et au soutien du Cercle d’Études, de Recherche et de Formation Islamique (CERFI). Roger Minoungou, directeur pays de l’ONG Néerlandais Pax au Burkina Faso a salué l’engagement des acteurs impliqués dans la réalisation de ce programme. Il a également adressé un message aux détenus bénéficiaires, les encourageant à devenir des ambassadeurs du message de déradicalisation.

Pour sa part, Bepoadi Sinini, directeur de cabinet du ministre en charge de la Justice, a indiqué que ce programme vise à déconstruire, chez les « détenus radicalisés, le discours qui les a amenés à s’égarer » de la République. Il a assuré que ces activités vont se poursuivre au sein de la prison de Haute Sécurité ainsi que dans d’autres établissements pénitentiaires pour la réinsertion sociale des condamnés.

« Il s’agit pour le ministère de permettre aux prisonniers radicalisés de se retrouver et d’avoir une conscience lucide et une lecture claire et juste des textes sacrés parce que c’est sur la base d’interprétation erronée de textes religieux que certains ont été recrutés », a-t-il souligné.

Lazard KOLA

Faso7

Waongo KOLA

Waongo KOLA est un journaliste burkinabè ayant pour domaine de prédilection les sujets de société, d'économie, de politique et de santé.

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