Burkina Faso : Les pays membres de la Plateforme Ouest-Africaine de Gestion Intégrée des Vecteurs échangent sur leurs approches

Dans le cadre de la lutte combinée contre les vecteurs transmetteurs de maladies, notamment les moustiques responsables du paludisme et de la dengue, des représentants des pays membres de la Plateforme Ouest-Africaine de Gestion Intégrée des Vecteurs (IVM) et leurs partenaires se réunissent en atelier à Ouagadougou, du 14 au 15 juillet 2025.

Cette rencontre vise à renforcer les capacités et à harmoniser les stratégies au sein de la Plateforme, face aux défis persistants des maladies vectorielles, comme le paludisme, et à l’émergence de technologies innovantes de lutte anti vectorielle, telles que les moustiques génétiquement modifiés. Il est connu par exemple que les moustiques résistent de plus en plus aux insecticides, que le parasite résiste davantage aux antipaludiques.

L’atelier a rassemblé donc des représentants des ministères chargés de l’Environnement et de la Santé, des autorités nationales de biosécurité, des instituts de recherche et des partenaires régionaux. Les délégations proviennent du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali, du Niger, du Nigeria et du Togo.

Les préoccupations liées à l’utilisation de la modification génétique seront mis sur la table-©Faso7

Au programme, les participants reviendront sur les enseignements tirés du projet pilote de la Plateforme IVM en Afrique de l’Ouest, en mettant l’accent sur les avancées réalisées et les défis rencontrés. Une session spécifique sera consacrée au partage des bonnes pratiques concernant l’utilisation des moustiques génétiquement modifiés dans la lutte contre le paludisme.

Cette technologie, en cours de développement au Burkina Faso, fera également l’objet d’une visite de terrain à l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS) à Bobo-Dioulasso, où les participants pourront s’informer sur les travaux menés localement.

Les discussions porteront aussi sur l’identification des préoccupations liées à l’utilisation de la modification génétique des vecteurs ou Gene Drive et sur l’élaboration de stratégies collectives pour y répondre. Les enjeux de biosécurité, d’éthique, de gouvernance et de coopération transfrontalière seront au cœur des échanges.

Des ateliers pratiques permettront enfin aux régulateurs de partager leurs expériences sur les processus d’homologation et de réglementation de ces nouvelles technologies.

Le Burkina Faso réaffirme son soutient à la recherche-©Faso7

Portée par l’Agence de Développement de l’Union Africaine – Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (AUDA-NEPAD), la Plateforme IVM entend promouvoir la collaboration régionale et internationale, l’harmonisation des cadres réglementaires et le partage des connaissances scientifiques.

« L’objectif de cette rencontre est de réfléchir à la manière dont les États membres d’Afrique de l’Ouest peuvent collaborer pour que ces technologies soient développées sous la supervision responsable des autorités de régulation, afin de garantir leur sécurité pour l’environnement et la santé des populations », a rappelé le représentant de l’agence, Dr Wiltshire Johnson.

Au Burkina Faso, plus de 10 millions de cas de paludisme sont enregistrés chaque année, avec près de 4 000 décès, touchant principalement les enfants de moins de 5 ans, selon les chiffres du ministère en charge de la Recherche. Le pays s’affirme néanmoins comme un leader régional dans la recherche et l’innovation dans ce domaine.

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom de son ministre, Dr Kologho Jonas, conseiller technique au ministère en charge de la Recherche, a salué l’importance et l’opportunité de cette rencontre. « Ce Dialogue est bien plus qu’une rencontre technique. Il est un signal fort de notre volonté collective de transformer la lutte contre le paludisme, de dépasser les limites actuelles et d’embrasser l’innovation avec responsabilité et solidarité », a-t-il déclaré.

Il a également mis en avant les efforts nationaux. « La lutte contre les vecteurs constitue une priorité stratégique pour le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. À travers l’IRSS, notre ministère soutient activement des travaux de recherche de pointe sur divers vecteurs de maladies : mouches Tsé-tsé, simulies, et bien sûr moustiques porteurs du paludisme », a-t-il souligné.

En conclusion, le représentant du ministre a réaffirmé l’engagement du Burkina Faso à soutenir le développement responsable du Gene Drive, à travers l’appui à la recherche scientifique, le renforcement des capacités institutionnelles, le soutien à la Plateforme IVM nationale et la mise en place d’un cadre réglementaire sécurisé. Ce soutien s’étendra aussi à la coopération régionale pour garantir un déploiement efficace et éthique de ces innovations.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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