« La Nuit du Burkindi » : Quand la diaspora burkinabè fait rayonner la culture en Italie

Chaque année, au cœur de la ville italienne de Tréviso, un souffle d’Afrique se fait sentir. Tenues traditionnelles et émotions partagées composent les ingrédients de La Nuit du Burkindi, un événement culturel unique porté par la diaspora burkinabè. Derrière cette initiative se cache l’association Faso Landa, fondée par des filles et fils du « pays des Hommes intègres ». Parmi eux, Jean-Baptiste Boro, un passionné de culture et de transmission. À travers La Nuit du Burkindi, il ne s’agit pas seulement de danser ou de se rassembler, c’est tout un peuple qui se raconte, honore ses racines et tend la main à ceux restés au pays. Entretien avec Jean-Baptiste Boro, président de l’association Faso Landa.

Faso7 : Pourriez-vous vous présenter ?

Jean-Baptiste Boro : Je suis Jean-Baptiste Boro, originaire de Nassan, une localité située dans la province du Sourou, au nord-ouest du Burkina Faso. Aujourd’hui, je vis en Angleterre pour des raisons professionnelles, après avoir passé plusieurs années en Italie. Ce séjour italien a profondément influencé mon engagement culturel, notamment à travers la création du festival La Nuit du Burkindi, que j’organise à Tréviso. Je suis également président de l’association culturelle Faso Landa, basée en Italie, dont la mission principale est de promouvoir la culture burkinabè au sein de la diaspora et au-delà.

Faso7 : Qu’est-ce qui vous a inspiré à créer La Nuit du Burkindi ?

Jean-Baptiste Boro : L’idée a germé en 2017, lors du passage en Italie de la regrettée artiste musicienne burkinabè Biba Ouassin. Elle nous a encouragés, mes compatriotes et moi, à structurer notre initiative culturelle à travers une association, afin de donner plus de visibilité à notre patrimoine à l’international. C’est ainsi qu’est née l’association Faso Landa en 2018, avec La Nuit du Burkindi comme événement-phare.

Faso7 : Ce type de manifestation culturelle n’est pas rare à l’étranger. Qu’est-ce qui distingue La Nuit du Burkindi des autres festivals africains en Italie ?

Jean-Baptiste Boro : La Nuit du Burkindi se démarque par son ancrage dans l’identité burkinabè, tout en étant ouverte au brassage culturel africain. Il s’agit d’un espace de valorisation de notre héritage à travers la mise en lumière des tenues traditionnelles comme le Faso Dan Fani, la reconnaissance des chefs coutumiers et des acteurs de la culture traditionnelle, ainsi que l’attribution de trophées et d’attestations à des membres de la diaspora œuvrant dans les domaines humanitaire, économique, social ou culturel. Chaque édition célèbre l’excellence burkinabè à l’étranger et vise à créer une passerelle entre nos traditions et la modernité.

Faso7 : Que réserve la 6ᵉ édition de cette année ?

Jean-Baptiste Boro : Cette édition sera placée sous le signe de l’hommage à la diaspora burkinabè. Nous attendons des artistes de renom, des chefs traditionnels, des entrepreneurs, ainsi que des animateurs et journalistes venus du Burkina Faso pour participer à cet événement fédérateur. L’idée est de réunir des forces vives issues de divers horizons autour d’un même objectif qui est de faire rayonner notre culture.

Faso7 : Le festival soutient également des causes sociales. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Jean-Baptiste Boro : Absolument. À travers Faso Landa, nous menons des actions concrètes de solidarité. Après chaque édition, nous collectons des vivres et des ressources essentielles que nous redistribuons aux personnes vulnérables au Burkina Faso. Cela symbolise notre engagement à maintenir un lien actif avec le pays et à contribuer, ne serait-ce qu’un peu, à soulager la souffrance de nos frères et sœurs restés sur place.

Faso7 : Quelles sont les principales difficultés rencontrées dans l’organisation de ce festival à l’étranger ?

Jean-Baptiste Boro : Le principal obstacle demeure l’absence de partenariats solides, notamment avec les entreprises et institutions culturelles. Malgré cela, notre détermination reste intacte. Grâce à l’engagement de nos bénévoles et au soutien moral de la communauté burkinabè, nous parvenons à organiser chaque édition avec les moyens du bord. Toutefois, nous souhaiterions davantage d’engouement de la part de mécènes et partenaires. Vous savez, la communauté burkinabè en Italie représente, tenez-vous bien, 75 000 personnes officiellement répertoriées.

« Nous avons l’obligation morale de soutenir notre pays », Jean-Baptiste Boro

Faso7 : Quels avantages y aurait-il pour un mécène burkinabè à soutenir La Nuit du Burkindi ?

Jean-Baptiste Boro : L’impact en termes de visibilité est considérable. Le festival est très suivi par la diaspora burkinabè en Italie et même au-delà. Pour un mécène, c’est donc une opportunité stratégique d’accroître sa notoriété, d’atteindre un public ciblé et fidèle, et potentiellement de développer son réseau et son chiffre d’affaires, tout en valorisant son image sociale. Je reviens encore sur les chiffres : 75 000 Burkinabè, un potentiel énorme, notamment parmi ceux qui souhaitent retourner vivre au pays ou devenir investisseurs. Les partenaires peuvent donc trouver dans cette communauté une opportunité à forte valeur ajoutée. Je salue au passage toutes les personnes et ressources qui ont associé leur image à notre activité et qui soutiennent cette 6ᵉ édition.

Faso7 : Quel rôle joue la diaspora burkinabè d’Italie dans la dynamique actuelle du pays ?

Jean-Baptiste Boro : La diaspora suit de près l’évolution sociopolitique au Burkina. Elle manifeste régulièrement sa solidarité, notamment à travers des contributions financières pour soutenir les efforts du gouvernement, notamment en matière de sécurité. Notre communauté reste profondément attachée à sa terre d’origine, consciente qu’elle peut jouer un rôle structurant dans la construction nationale, même à distance. Nous avons l’obligation de soutenir notre pays et de contribuer à faire rayonner le Burkina Faso à l’échelle internationale. Et c’est précisément cela notre credo à Faso Landa.

Faso7

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