Caravane de la paix : Le CCIB réunit religieux et coutumiers autour de l’art à Ouagadougou

Après Ziniaré et Kaya, Ouagadougou a abrité, le 31 mai 2025, la dernière étape de la caravane de la paix initiée dans le cadre du projet “ Djama Beog-Neré “, par le Centre Culturel Islamique du Burkina (CCIB). 

“ Culture au service de la paix “, c’est sous ce thème que s’est tenue la 1ʳᵉ édition de la caravane de la paix. A travers la caravane, le CCIB a réuni les populations autour de l’art, la musique et l’humour afin de diffuser des messages de paix, de cohésion sociale et de vivre-ensemble. Entre les prestations des artistes comme Amity Meria, et El Présidente, les leaders religieux, et coutumiers ont partagé des messages contre l’extrémisme violent, la stigmatisation et la radicalisation.

Amity Meria_ sur la scène de la caravane de la paix

Imam Alidou Ilboudo, coordinateur de la CCIB, a fait savoir que de loin, des populations peuvent avoir le sentiment que les religions et les coutumes sont opposées. Il a estimé que permettre à des leaders coutumiers et religieux d’échanger ensemble dans le même cadre avec les populations peut permettre de briser les barrières et de rapprocher les peuples.

« Au-delà du dogme que religions et coutumes véhiculent, il y a des valeurs partagées qui sont communes comme l’acceptation, le pardon et l’hospitalité » (Imam Alidou Ilboudo_ coordinateur de la CCIB) -©️Faso7

Après la célébration du 15 mai 2025, des voies discordantes ont émergées pour mettre en opposition coutumes et religions. La caravane, en plus de réunir les populations pour échanger autour de la paix, a montré au grand public que les coutumiers et les religieux peuvent cohabiter et viser un objectif commun, notamment la paix.

« Nous avons voulu partager les enseignements de la religion et les enseignements de notre coutume nationale en voyageant avec les leaders religieux et coutumiers ainsi que les artistes. Nous avons pu entendre tout le monde et voir la résilience des populations ainsi que leur aspiration profonde à vivre-ensemble. Au-delà du dogme que religions et coutumes véhiculent, il y a des valeurs partagées qui sont communes comme l’acceptation, le pardon et l’hospitalité », a précisé Imam Alidou Ilboudo.

« Il est important d’amplifier ces voix de paix » ( Moussa Bambara, directeur exécutif de l’Union des Religieux et Coutumiers du Burkina Faso pour la promotion de la Santé et le Développement)

L’Union des Religieux et Coutumiers du Burkina Faso pour la promotion de la Santé et le Développement (URCB/SD), partenaire de la CCIB dans la mise en œuvre de la caravane, est une structure qui regroupe les composantes religieuses et coutumières. Elle a pour objectif de créer une synergie d’actions entre les religions et promouvoir le dialogue interreligieux et interculturel au Burkina. Cette vision, selon Moussa Bambara, directeur exécutif de l’URCB/SD, cadre avec les ambitions de la CCIB. C’est pourquoi, l’URCB/SD, aux dires de Moussa Bambara, a décidé d’accompagner la CCIB.

« Nous sommes dans un pays où il y a des voix minoritaires qui occupent le champ d’action médiatique et on pense que c’est leur voix qui est majoritaire. Pourtant, la majorité des musulmans ou des leaders sont porteurs de voix de paix. Il est important d’amplifier ces voix de paix », a justifié Moussa Bambara.

La caravane reviendra, a signalé Imam Alidou Ilboudo, dans les prochains mois. D’autres villes, hormis Kaya, Ziniaré et Ouagadougou abriteront les prochaines étapes de la caravane de la paix.

Saydou Ismaël GANAME 

Faso 7 

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