Conflit foncier à Toèghin : Des habitants appellent à l’implication des autorités pour la restauration de la cohésion sociale

Une délégation venue du département de Toèghin, dans la province du Kourwéogo (Boussé), a animé une conférence de presse, ce mercredi 14 mai 2025 à Ouagadougou. Elle a attiré l’attention de l’opinion publique et des autorités sur un conflit foncier persistant entre deux familles du village de Toèghin, en l’occurrence les Sawadogo et les Guelbéogo.
Selon Abdoulaye Sawadogo, porte-parole de la délégation, ce litige, qui remonte à octobre 2024, menace aujourd’hui les fondements du vivre-ensemble dans la localité. « Nous sommes en train de perdre une valeur précieuse, construite par nos aïeux : la cohésion sociale », a-t-il déclaré, visiblement ému.
Le conflit oppose deux communautés qui, selon lui, ont longtemps vécu en harmonie. Toutefois, des différends liés à la gestion des terres auraient progressivement détérioré les relations. D’après ses propos, la famille Sawadogo accuse notamment la famille Guelbéogo de s’être approprié un bosquet communautaire et un site sacré, tous deux situés à Toèghin.
Autre point de tension : l’arrivée de la société minière Bissa Gold. D’après lui, les activités de cette entreprise ont entraîné des indemnisations foncières. Selon la délégation, des membres de la famille Guelbéogo ont perçu une part de ces compensations sans en être légitimement bénéficiaires. « Ceux qui ont été indemnisés ont été contraints de partager ce qu’ils ont reçu avec la famille Guelbéogo », a affirmé Abdoulaye Sawadogo.

La délégation déplore par ailleurs l’inaction des autorités locales, malgré plusieurs correspondances adressées à l’administration. « Si vous êtes PDS de la commune de Toèghin et qu’un conflit menace la paix sociale, il est incompréhensible que rien ne soit fait », a-t-il lancé, appelant à une implication plus ferme des responsables politiques et administratifs.
Pour l’heure, à l’en croire, le recours à la justice n’a pas encore été envisagé, mais des démarches coutumières ont été engagées. La délégation exhorte les autorités départementales, provinciales et nationales à intervenir en urgence afin de préserver la paix sociale et de restaurer la confiance entre les parties. « Nous demandons le rétablissement immédiat de la cohésion sociale et du vivre-ensemble », a conclu le porte-parole.
La délégation a également exhorté les autorités à suspendre définitivement toute tentative de lotissement sans concertation préalable avec les populations. Elle a plaidé pour la mise en place d’une commission d’enquête indépendante chargée de faire la lumière sur les attributions foncières et la gestion des compensations minières. Enfin, elle a insisté sur la nécessité de garantir un traitement juste, transparent et équitable à l’ensemble des citoyens de Toèghin.
Éléonore Sawadogo (stagiaire)
Faso7



