Flux financiers illicites dans le secteur extractif : Plus de 2 774 milliards de F CFA perdus entre 2012 et 2021 par l’État burkinabè

Le Secrétariat Permanent de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (SP-ITIE) au Burkina Faso a organisé, ce mardi 29 avril 2025 à Ouagadougou, une restitution du rapport de l’étude sur les Flux Financiers Illicites dans le secteur extractif au Burkina Faso. Adresse aux écoles et centre de formations publiques, ce cadre a offert l’occasion à l’ITIE de présenter les résultats du rapport et inviter les élèves stagiaires des écoles de formation à prendre connaissance du contenu de l’étude afin de comprendre les pratiques en matière de Flux Financier Illicites.
Plus de 2 774 milliards de Francs CFA perdus par le Burkina Faso dans le circuit des Flux Financiers Illicites (FFI) sur la période de 2012 à 2021, c’est le principal résultat issu de l’étude du Secrétariat Permanent de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (SP-ITIE). Aussi, l’étude a montré que ces revenus représentent plus de 118% des recettes minières enregistrées.
L’énorme perte provoquée par ces pratiques pouvait servir à réaliser plus de 15 800 centres de santé au profit des populations, selon Jonas Hien, président du collège de la société civile au sein du comité de pilotage de l’ITIE-BF. En croire ses propos, les revenus détournés dans les FFI se retrouvent souvent dans le financement du terrorisme.

Il a appelé à un changement radical dans la manière de faire. C’est donc dans ce cadre que l’ITIE a initié la vulgarisation du rapport de l’étude sur les Flux Financiers Illicites dans le secteur extractif au Burkina Faso dans les écoles et centres de formation publique. Pour lui, c’est une stratégie de montrer ce qui se passait et appeler les futurs cadres de l’administration publique à mieux comprendre le phénomène afin qu’ils soient des responsables qui vont contribuer à rompre ces pratiques.
« Aujourd’hui, nous avons jugé utile d’aller vers des écoles de formation, des centres de formation professionnelle pour vulgariser ce rapport. Ce sont des temples de savoir, de recherches, pour permettre aux enseignants et aux chercheurs étudiants de comprendre aussi ce qui se passe dans le secteur extractif, le secteur minier et pouvoir disposer d’informations fiables dans le cadre de leurs contributions au développement du Burkina Faso », a-t-il déclaré.

De son côté, David Ousmane Zanné, le Secrétaire Permanent de la coordination des établissements de formation professionnelle et de la valorisation de l’expertise publique, la réception du rapport est un honneur pour eux, car cela va contribuer à accroître les connaissances et les compétences des futurs cadres de l’administration publique.
« La base d’une bonne formation professionnelle, c’est des données scientifiques, des rapports scientifiques. Disposer d’un tel rapport permettra à nos stagiaires de pouvoir travailler là-dessus et d’en faire une base de travail. Le contexte actuel montre qu’on avait besoin d’un travail objectif et scientifique », a-t-il dit. Le rapport est donc disponible dans les écoles et centres de formation en version physique et électronique.
Revenant sur les FFI, Jonas Hien a martelé que c’est une saignée qu’il faut stopper et permettre que les ressources du pays contribuent véritablement à son développement. Selon ses propos, cela commence par le contrôle du circuit de production, de commercialisation et de collecte de ressources pour accroître le développement du Burkina Faso.
« Les Flux Financiers Illicites, c’est des pratiques illégales qui consistent à faire perdre des ressources à un pays. En français facile, ce sont des mécanismes de vol. Nous avons cherché à comprendre ce phénomène parce que nous étions au courant que ça existe. L’étude nous a conduits aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur et nous avons abouti à des conclusions que c’est un phénomène grave qui remet en cause nos capacités de mobiliser des ressources », a-t-il indiqué.
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