Financement des candidats et partis politiques : plus de 696 millions F CFA non encore remboursés à l’État burkinabè

La Cour des comptes a rendu public, ce jeudi 20 février 2025, son rapport annuel 2023, mettant en exergue le contrôle des subventions publiques accordées aux partis politiques et candidats lors des élections présidentielles et législatives de 2020, ainsi que pour les activités hors campagne de 2021. Ce rapport révèle des manquements en matière de reddition de comptes de la part des bénéficiaires.
En 2022, un premier contrôle avait déjà été effectué sur l’utilisation des fonds publics destinés aux formations politiques. Cette nouvelle analyse de la Cour des comptes confirme des irrégularités persistantes.
Parmi les 125 acteurs politiques ayant bénéficié de financements étatiques, seuls 63 ont respecté les délais de dépôt de leur rapport financier. Neuf autres ont soumis leurs rapports hors délais, tandis que 56 n’ont produit aucun justificatif quant à l’utilisation des fonds reçus.
Des partis politiques et candidats en infraction
Le rapport révèle que plusieurs formations politiques n’ont pas satisfait aux exigences de transparence. Parmi les bénéficiaires de la subvention hors campagne 2021, le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) et le Nouveau Temps pour la Démocratie (NTD) figurent parmi les contrevenants, avec respectivement 271 976 726 FCFA et 43 717 566 FCFA à rembourser.
Concernant la subvention présidentielle de 2020, six candidats sont en infraction. Il s’agit de Zéphirin Diabré (Union pour le Progrès et le Changement – UPC), Kadré Désiré Ouédraogo (Agir Ensemble), Yeli Moni Kam (Mouvement pour la Renaissance du Burkina Faso), Claude Aimé Tassembedo (candidat indépendant), Eddie Komboïgo (Congrès pour la Démocratie et le Progrès – CDP), Abdoulaye Soma (Soleil d’Avenir).
Chacun d’eux devra restituer 21 538 46,500 FCFA et se voit exclu du bénéfice de toute future subvention publique.
Du côté des élections législatives de 2020, 48 partis politiques ont également omis de rendre compte des fonds perçus. L’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) figure en tête de liste avec 11 483 693,16 FCFA à rembourser, suivie par l’Alliance des Forces pour l’Alternance (11 299 954,07 FCFA), Indépendants Associés (10 932 475,88 FCFA) et le Parti Démocratique pour l’Intégration et la Solidarité Laafia (PDIS-LAAFIA) (10 564 997,7 FCFA).
Un remboursement obligatoire sous peine de sanctions
En tout, les 56 acteurs politiques concernés doivent restituer initialement une somme globale de 590 446 420,672 FCFA répartie comme suit : 129 230 769 FCFA pour la présidentielle de 2020 ; 145 521 359,672 FCFA pour les législatives de 2020 ; 315 694 292 FCFA pour les subventions hors campagne de 2021.
Au-delà du remboursement exigé, ces partis et candidats s’exposent à d’éventuelles poursuites judiciaires et ils sont tous exclus des subventions publiques en attendant. « Pour les acteurs politiques qui restent redevables à la Cour des justificatifs, elle leur a adressé des rapports de vérification en vue d’obtenir leurs observations en vertu du principe du contradictoire. La Cour a constaté qu’à date, la quasi-totalité des acteurs concernés n’a pas réagi », a indiqué Président de Chambre chargé du Contrôle des Entreprises publiques, Thomas Ouédraogo.
Avec l’addition des montants à rembourser des exercices 2022 et 2023, la somme totale s’élève à 696 551 306,671 FCFA.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7



