Burkina Faso : Gendarmes Issé et Kayaba, le binôme gagnant de Toéni

23 août 2024 à Ouagadougou. Journée de l’excellence scolaire. Les meilleurs élèves et leurs enseignants sont célébrés. Deux gendarmes sont également décorés. Qui sont ces éléments appartenant au ministère chargé de la Défense, mais dont le mérite est reconnu par le ministère chargé de l’éducation ? Qu’ont-ils fait pour mériter cette reconnaissance spéciale ? Éléments de réponses.

L’adjudant-chef Kaboré Issé et le Maréchal des Logis Chef Sawadogo Kayaba. Deux gendarmes. Un binôme. Le binôme gagnant de Toéni.

Ils sont engagés dans la lutte contre le terrorisme, dans les rangs du Groupe d’Action Rapide de Surveillance et d’Intervention (GARSI). Mais ces deux pandores deviennent des enseignants de circonstances, pour une classe de CM2 à Toéni  dans la Boucle du Mouhoun.

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A plus de 250 Km de Ouagadougou. Les forces déployées dans le cadre de la sécurisation de Toéni se rendent à l’école primaire de Toéni. Elles encouragent et rassurent les enseignants, les élèves et parents d’élèves. Des préoccupations sont posées.

Parmi elles, le manque d’enseignant pour la classe de CM2. De concert avec la délégation spéciale de Toéni et le commandement, avec l’autorisation de la hiérarchie militaire, deux gendarmes sont désignés.

Qui sont-ils ?

L’adjudant-chef Kaboré Issé est de la 30e promotion des élèves gendarmes. Il est incorporé dans la gendarmerie nationale le 30 novembre 2002. Petites parenthèses : L’adjudant-chef Kaboré a été l’encadreur de Sawadogo Kayaba à l’école de Gendarmerie, avant de devenir son binôme. Parenthèses fermées !

L’adjudant-chef Issé Kaboré (en jaune) partage un plat avec ses élèves © DR

Le gendarme Issé a servi de 2004-2007 au 31e Escadron de Gendarmerie Mobile (EGM) Ouaga, de 2007-2008 au Peleton de Surveillance et d’Intervention de la Gendarmerie à Fada N’Gourma, de 2008-2010 au Poste de Sécurité Routière (PSR) de Wayen.

De 2010-2012, il est envoyé en mission au Darfour et de 2012-2020, il est cadre à l’École Nationale des Sous-officiers de la Gendarmerie (ENSOG). Un lieu où il gagne un surnom, « maitre Yim ».

C’est son élève, le Maréchal Des Logis-Chefs (MDC) Sawadogo Kayaba, qui livre ce secret. “Ça veut dire qu’il n’y a pas ce truc qu’un élève va faire et il n’est pas au courant. Ça veut dire qu’il connaît déjà tout. C’était le cadre le plus détesté parce qu’il nous fatiguait beaucoup dans le cadre de la formation. On pouvait dire qu’il n’a même pas le temps pour sa famille”, dit-il en riant.

Issé Kaboré a aussi servi de 2020-2022 à la Brigade Territoriale (BT) de Tenkodogo et 2022-2024, à Toéni où il « prend la craie » pour la circonstance.

Le MDC Sawadogo Kayaba est incorporé au sein de la gendarmerie nationale, le 07 décembre 2017. Il est né à Yalga dans la commune de Boala, province du Namentenga. Il a servi de 2019 à 2023 au 35e EGM, désormais 62e EGM. De 2023 à 2024 en service dans les GARSI à  Toéni et à la Brigade de Prévention Routière (BPR) Ouaga, depuis son retour de Toéni. “Kayaba, c’est un travailleur. C’est quelqu’un qui est digne et quand on lui confie un travail, il prend tout au sérieux”, relate Kaboré Issé.

Âgés respectivement de 43 ans et 29 ans avec des tailles de 1,74 m et 1, 90 m,  Kaboré Issé et Sawadogo Kayaba ont fait preuve de sacrifice et d’amour à Toéni dans la Boucle du Mouhoun. Au point d’attirer l’attention des plus hautes autorités du pays. « A travers ces deux  FDS (…), vous comprendrez qu’ils ont donné tout au cours de cette année pour que des enfants dans leurs zones puissent accéder à l’éducation et avoir de bons résultats aux examens », a commenté le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, le 23 août 2024, pendant la cérémonie officielle de la journée de l’excellence scolaire.

Collaboration au téléphone

Lundi 16 octobre 2023. Ecole primaire de Toéni. La cloche sonne. Les élèves de la classe de CM2 prennent place dans la salle. Deux gendarmes entrent dans la classe. Tenue militaire appelée couramment « tenue léopard », masque couvrant tête et visage, laissant apparaître les yeux et la bouche, arme de côté, genouillère et coudière. Démarche militaire, ils adressent leur salut aux élèves.

Aucune surprise pour les enfants. C’est certainement une  mission liée à la sécurisation. L’un des deux « visiteurs »  prend la parole. Il apprend à cette vingtaine d’élèves leur mission dans leur classe. Elle est visiblement très loin de celle habituelle. Les élèves n’arrivent pas à comprendre. Le cours commence. C’est du sérieux. Les chargés de sécurité sont devenus leurs enseignants. Il faut se faire à cette nouvelle donne.

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Sawadogo Kayaba, avec pour matière préférée, les mathématiques, a en charge les matières scientifiques et Kaboré Issé, amoureux de l’histoire, quant à lui, se charge des matières littéraires. Les cours se passent bien. Avec l’appui de l’inspecteur non-résident à Toéni, la collaboration est fluide. Avec l’aide du téléphone.

“L’héliportage était difficile. Physiquement, on n’a pas collaboré. C’est au téléphone qu’on a beaucoup travaillé. S’ils ont des observations à faire ou des procédés qu’ils ne comprennent pas, ils appellent. On faisait par WhatsApp. On se comprenait parfaitement comme l’objectif, c’étaient les enfants”, explique l’inspecteur de l’enseignement primaire et de l’éducation non-formelle, CCEB de Toéni, Amadou Sanguisso.

Crise de confiance

De 20 élèves, le binôme se retrouve avec 9. Des enfants profitent d’un convoi avec l’aide des parents pour rejoindre Tougan pour y continuer les cours. Cette situation est un manque de confiance. Très vite, nos deux braves invitent les parents des enfants restant, qu’ils appellent « esclave », du fait de la parenté à plaisanterie, pour une sensibilisation.

“Après le départ de certains enfants à Tougan, on a dû rassembler les parents. Ce sont les femmes qui étaient les plus nombreuses. On a expliqué de ne pas avoir peur, de nous faire confiance. Nous comptons sur eux pour nous accompagner”, explique l’adjudant-chef Kaboré qui totalise 22 ans de service dans la gendarmerie nationale.

Cette rencontre est le point de départ d’une grande confiance entre parents et enseignants. « Ce qui m’a poussé à leur faire confiance, est le fait qu’ils nous ont sensibilisés sur l’importance de la scolarisation des enfants », déclare Bintou Oro, maman de l’élève Djerma Dramane.  Nos échanges avec les parents des élèves se font par appel téléphonique le 7 décembre 2024.

Vidéo – Le protecteur éducateur 

“Les gendarmes ont dit qu’ils vont enseigner nos enfants et nous avons accepté de leur faire confiance. Et aussi, ils ont pu nous convaincre avec les mots de sensibilisation”, renchérit Kadidjatou Djerma, maman de l’élève Wahabou Djerma.

Le Maréchal des Logis Chef Sawadogo Kayaba en classe © DR

Au-delà des cours, nos deux gendarmes décident de prendre en charge, les soins des enfants qui tombent malades au cours de l’année scolaire, ainsi que leurs documents d’identité. Parmi les 9 enfants, 6 ne disposaient pas d’actes de naissance. « Mon collègue et moi, on s’est entendu. On a pu faire les extraits pour pouvoir déposer”, précise l’adjudant-chef Issé Kaboré qui a pour sport favori, le football.

Le MDC Sawadogo Kayaba, pour réussir sa mission, sollicite l’aide de son cousin vivant à Kaya, dans le Centre-Nord : Sebego Denis. Il est enseignant. Nous l’avons rencontré le 6 décembre 2024,  dans un quartier de la cité des brochettes au « koura koura ».

Son rôle consiste à lui apprendre les dispositions à prendre pour atteindre ses objectifs et aussi sur le plan de la législation, les autorisations et les interdits.

 “Comme il y avait le problème de distance, je lui envoyais les documents, les fiches préparées et des banques de sujets”, informe-t-il.

 «Silencieux»

Nos deux combattants sont généreux. Kaboré Issé est un homme qui aime aider. Durant son séjour, il a appuyé les populations de tous les côtés, selon le directeur de l’école de Toéni, Issaka Beloum. Son amour pour l’éducation est sans mesure.

Fatoumata Kaboré, épouse de l’adjudant-chef Kaboré © Faso7

“Il a l’amour en lui. Nous ne pouvons que le remercier. On ne peut même pas le payer. Dans le village, tout le monde le connaît. Son séjour ici nous a été très bénéfique”, détaille-t-il, selon nos échanges au téléphone courant décembre 2024.

Cet amour pour son prochain est aussi confirmé par les confidences du fils aîné du gendarme. “Il n’aime pas voir les enfants sans éducation. C’est pourquoi il a tout fait pour nous mettre à l’école pour que chacun de nous puisse réussir. C’est quelqu’un de sérieux, silencieux”, témoigne Jean de Dieu Kaboré, qui a aussi intégré l’armée sous l’influence de son père.

Vidéo – Le gendarme combattant de l’ignorance 

“Il ne s’amuse pas au niveau de l’école”, ajoute-t-il. Cet amour pour l’école se traduit par plusieurs actes. Dans tous les postes où il a servi, il s’est illustré en permettant à certains enfants d’aller à l’école ou de les encadrer pour leurs différents examens.

L’engagement de cet adjudant-chef est aussi prouvé par son épouse, Fatoumata Kaboré. Ils ont une vingtaine d’années de mariage. Elle laisse entendre que le métier de l’enseignement a toujours passionné son mari.

 «On l’avait affecté à Fada N’Gourma et il a trouvé une jeune fille, et il payait ses études. Il l’a même ramenée avec lui ici. Après elle a commencé à mal se comporter, donc elle est repartie”, se souvient dame Kaboré, que nous avons rencontrée à leur domicile, le 2 décembre 2024, à Bobo-Dioulasso.

Pourtant, enfant, il  n’aimait pas l’école !

Pourtant, cet amour pour l’école, Issé Kaboré n’est pas né avec. Avant-dernier enfant de sa maman, il n’aimait pas l’école ! Il a fallu l’intervention de sa mère pour qu’il prenne conscience. “Quand nous l’avons inscrit à l’école, il ne voulait pas y aller. Il fallait le forcer. Je le surveillais. Quand il a su que je le surveillais constamment, il n’avait pas le choix. Il a pris le chemin de l’école ”, déclare sa génitrice, Nobila Zongo, dite « Kadhafi ». Un surnom qui renferme une grande et riche histoire.

Nobila Zongo, la mère de l’adjudant-chef Kaboré © DR

Cette maman, sous le poids de l’âge, s’occupe en vendant quelques petits condiments devant la cour de son fils, au secteur 18 de Bobo-Dioulasso. Elle précise avoir dû vendre du dolo, la cigarette, le cola, avec l’aide de Issé Kaboré pour payer sa scolarité.

Très sociable et généreux, Issé Kaboré a pour couleur préférée le rouge. Par son teint noir, il  est surnommé “Samogo tché” qui signifie ‘’homme samo’’.

Son collègue, de son côté, par la parenté à plaisanterie, s’est attribué le titre de chef du village de Toéni et tous les enfants le saluaient en ajoutant “chef de village de Toéni”.

N’ayant pas l’information, Issé Kaboré est étonné de se voir appeler aussi ainsi. “Avec la parenté à plaisanterie, Sawadogo a dit qu’il est le chef de village de Toéni et un jour, j’étais surpris de rentrer dans une classe et voir les élèves me dire bonjour chef de village de Toeni”, confirme-t-il.

Issé Kaboré est, de l’avis de son supérieur hiérarchique, chef de mission de Toéni, le commandant Zongo Kibsa Arnaud, un sous-officier supérieur dévoué à la tâche. Absent du pays, le Commandant Zongo a échangé avec nous au téléphone. “Un sous-officier qui a pour souci permanent l’encadrement de ses subordonnés et l’amour du travail bien fait”, le décrit-il.

Malgré la maladie

Revenant au MDC Sawadogo Kayaba, son amour pour le travail est vite remarqué par son cousin Denis Sebego, qui trouve qu’il est un modèle.  Kayaba, avec pour sport favori la course d’endurance, est un jeune qui respecte son prochain. « Étant petit, j’étais obligé de partir à une vingtaine de kilomètres pour faire l’école primaire et à mon absence, c’est lui qui faisait les travaux champêtres de ma mère, et même toute la famille», dit-il.

La détermination de ce Maréchal de Logis Chef qui a pour couleur préférée le bleu, est grande. “Je l’ai senti à travers ses recherches, sa manière de vouloir bien faire parce qu’il y a certaines choses qu’il demandait qui étaient recherchées par les acteurs du domaine. Et j’étais souvent étonné”, apprécie l’enseignant de Kaya.

Sawadogo Kayaba est très apprécié de son père Saïdou Sawadogo. C’est avec fierté que cet homme âgé d’une soixantaine d’années que nous avons rencontré courant décembre 2024 à Kaya, parle de son fils. Kaya est la ville qui a accueilli les parents de ce pandore, suite au déguerpissement des populations pour cause d’insécurité, à Yalga, dans le Namentenga.

Saidou Sawadogo, le père de Kayaba Sawadogo © Faso7

3e enfant de sa mère et 4e du côté de son père, ce MDC est un enfant obéissant. « Il n’avait pas d’autres distractions à part ses études. Pendant les vacances, il m’aidait dans les travaux en gardant le troupeau. Il ne se promène pas chez les voisins à moins que je l’ai envoyé. Lorsque je lui donne du travail, il l’accomplit comme je l’aurais voulu. Il n’a jamais refusé de faire un travail, ni refusé d’aller faire une commission », explique son géniteur.

Toujours avec un bonnet sur la tête lors des cours en classe, son sacrifice est aussi sans mesure. « Quand on était à l’école, il ne se sentait pas bien. Il se débrouillait pour venir malgré sa maladie. Ça n’allait pas. Il disait qu’il voulait coûte que coûte accompagner les enfants jusqu’à la fin. Il a continué avec sa maladie jusqu’à finir le programme, avant qu’il ne puisse se déplacer pour continuer ses soins à Ouaga », ajoute le directeur de l’école de Toéni.

« C’était comme une trahison »

Sawadogo, malade, a les pieds enflés. Il faut l’aider à se déplacer. Une fois en classe, il se débarrasse de ses chaussures de combattant et enfile les sandales pour le cours. Un malheur ne venant pas seul, les yeux se sont aussi invités dans la maladie. Malgré cette douleur, le pandore tient à finir ce qu’il a commencé. Il a fallu l’intervention de son binôme, qui a informé leurs supérieurs pour qu’il soit transféré à Ouaga pour ses traitements.

“À un moment donné, j’ai vu qu’il ne tenait pas. J’ai rendu compte à mes chefs. Mais quand on lui a dit qu’il allait rentrer, il a refusé”, détaille Issé Kaboré. C’est ainsi qu’il a photocopié les devoirs et les corrections et les a remis pour la suite des révisions, avant son départ.

“J’ai forcé parce que c’est un engagement que j’ai pris. Je voyais que si je rentrais, c’était comme une trahison”, annonce le MDC Sawadogo, qui ne supporte pas la couleur rouge. D’ailleurs, le Commandant Zongo Kibsa Arnaud, son commandant à Toéni, durant 2 ans, le connaît bien dans ce sens. “Le Maréchal des Logis Chef Sawadogo Kayaba est un sous-officier subalterne, studieux et travailleur, qui ne manque pas d’occasion pour renforcer ses compétences afin de servir au mieux la Nation”, nous informe-t-il.

Madina Djerma, ancienne élève du binôme, est aujourd’hui au collège © DR

Ce binôme a été d’un grand apport pour les populations qui chantent toujours ses louanges. “Ils ont été tous les deux compétents“, apprécie Yaro Boureima, père de Dramane Yaro, premier de la classe.

“Ils ont été paternels, en plus de leur travail. Les gendarmes ont été tous excellents, professionnels”, dixit Djerma Kadidjatou, maman de l’élève Wahabou Djerma.

Nos deux éléments de la gendarmerie nationale se rappellent encore de quelques anecdotes avec leurs élèves de circonstance. « Un enfant a fait plus de 20 fautes en dictée et je lui dis d’aller s’asseoir. Selon lui, il devait avoir une punition et comme je n’ai rien fait, il a commencé à pleurer. Il s’est dit que je ne l’aime pas. Sinon je devais le punir », se souvient Kaboré Issé.

« Dans notre langue »

Les deux gendarmes ont porté les habits de parents. D’ailleurs, les élèves ne cessent de dire dans leur école d’accueil qu’ils ont été enseignés par “des messieurs super gentils”. Rencontrés les lundi 9 et mardi 10 décembre 2024, au collège Saint Gabriel de Dédougou, ces enfants, aujourd’hui admis au collège, sont très heureux d’avoir bénéficié de l’enseignement de ces gendarmes.

En guise de description de ses enseignants occasionnels, Bia Martin Djerma retient que « l’un est court et l’autre est grand de taille ». «Pour que je puisse comprendre les cours, ils nous expliquaient dans notre langue et prenaient des exemples terre-à-terre, avec des exercices pratiques », se rappelle-t-il.

«Ils nous enseignaient très bien et nous traitaient comme leurs enfants. Ils étaient gentils et chaque matin et de notre côté, nous avons fait des efforts », explique Madina Djerma.

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En plus de donner des bonbons aux élèves, les deux éléments des GARSI partagent régulièrement les repas avec eux.  Notons que la parenté à plaisanterie a permis aux enfants de collaborer sans crainte. “On pratiquait la cohésion sociale, comme c’était la famille des mossis et des samos”, rassure Dramane.

« Leurs résultats sont impeccables »

Une enseignante de français assure que les premiers résultats de devoirs de ces élèves montrent que ces gendarmes ont bien travaillé.

Edith Koné, enseignante de français, dans la nouvelle école des élèves du binôme © DR

« Leurs résultats sont impeccables. Vus déjà les premier et deuxième devoirs, les notes de la composition, on peut dire qu’ils ont à peu près les meilleures notes dans la classe », relate Edith Koné, professeur de français de au collège Saint Gabriel de Dédougou.

Très bien encadrés, les 9 élèves réalisent un succès de 100% au Certificat d’Etudes Primaires (CEP). Le premier de la classe, Dramane Yaro, obtient 162 points et le dernier  totalise, 100 points.

Parmi ces 9 élèves, 3 obtiennent la bourse. Grâce à la générosité de notre duo gagnant, les élèves ont bénéficié de leurs bourses sans que leurs parents ne paient pour l’établissement des documents nécessaires.

«Patriotisme »

Fiers d’avoir pu combattre l’ignorance, nos deux éléments, estiment cependant avoir échoué à leur mission de sécurisation. La raison, certains de leurs frères d’armes sont tombés sur le champ de bataille.

Dramane Yaro : « Leur acte suscite en moi le patriotisme » © DR

Mais à Toéni, les actes posés par ces deux combattants de l’ignorance restent gravés dans la mémoire des élèves. «Leur acte suscite en moi le patriotisme, car ils étaient venus pour combattre le terrorisme dans notre village et heureusement pour nous, la situation nous a permis de les croiser», se réjouit Dramane Yaro, le visage illuminé d’espoir.

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Reconnaissante, la nation a élevé l’adjudant-chef Kaboré et le Marechal des Logis Chef Sawadogo Kayaba au grade de Chevaliers de l’ordre des palmes académiques avec agrafe « Education« .

Alice Suglimani THIOMBIANO

Faso7

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