Norbert Zongo : L’absence de progrès dans le dossier judiciaire déploré 26 ans après le drame de Sapouy

Le 13 décembre 2024 marquera le 26ᵉ anniversaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et de ses compagnons sur la route de Sapouy. À cette occasion, le Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques (CODMPP) et la Coalition nationale de lutte contre la vie chère (CCVC) ont dévoilé un programme d’activités pour honorer leur mémoire et rappeler les enjeux cruciaux de justice et de libertés démocratiques, le 6 décembre 2024.
Plus d’un quart de siècle après l’assassinat tragique de Norbert Zongo et de ses trois compagnons à Sapouy, le collectif estime qu’il est enfin temps de lui rendre justice. Selon Chrysogone Zougmoré, président du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), membre du CODMPP, « nous ne cesserons de le rappeler, la seule perspective raisonnable qui s’offre est celle du jugement par contumace. Nous avons perdu trop de temps et il est temps que l’on y aille ».

Les organisateurs ont déploré l’absence de progrès dans le dossier judiciaire concernant l’assassinat de Norbert Zongo, malgré l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme de 2023 s’opposant à l’extradition de François Compaoré. Pour Me Prosper Farama, avocat de la partie civile, ce procès peut et doit se tenir dans les plus brefs délais, même sans le principal suspect.
« Il (Norbert Zongo, NDLR) n’est pas mort pour le MBDHP. Il n’est pas mort pour Me Farama. Il est mort pour tout le peuple du Burkina. C’est un homme qui s’est battu pour que ce peuple vive dans une atmosphère apaisée, où la justice règne, où la liberté règne », a déclaré Me Prosper Farama.

Ils plaident pour plus de libertés individuelles et démocratiques
Lors de la conférence de presse, le Collectif a exprimé ses préoccupations concernant les atteintes aux libertés démocratiques dans le contexte actuel du Burkina Faso. Ils ont dénoncé les restrictions drastiques des espaces de liberté, la répression systématique et les risques pour la cohésion nationale.
« Tant que la cohésion nationale se trouve ainsi mise à rude épreuve, je ne dis pas qu’il est impossible de gagner cette guerre que nous menons aujourd’hui, mais il sera très difficile de la gagner dans une situation pareille où une partie de la population vit dans l’angoisse », a déclaré Chrysogone Zougmoré. Il a insisté sur le fait que la répression des voix critiques ne renforce pas la stabilité, mais au contraire, alimente des tensions et fragilise la cohésion nationale.

Les activités prévues pour le 13 décembre débuteront par un rassemblement au cimetière municipal de Gounghin, où des gerbes de fleurs seront déposées en mémoire de Norbert Zongo, de ses compagnons et des martyrs de l’insurrection populaire ainsi que de la résistance au putsch de 2015. Par la suite, une conférence publique se tiendra à la Bourse du travail de Ouagadougou sur le thème : « État des lieux des droits humains et des libertés dans le contexte de crise sécuritaire : enjeux et perspectives pour la lutte du peuple ».
Dans d’autres localités du pays, des activités telles que des conférences, des assemblées générales sont prévues, selon les moyens disponibles. Cette année, l’habituelle marche-meeting ne pourra pas se tenir à Ouagadougou en raison des restrictions imposées sur les manifestations publiques telles qu’inscrit dans le communiqué n°3 du MPSR 2. Ce 26ᵉ anniversaire se tient sous le thème, « Face à la crise sécuritaire actuelle et ses conséquences négatives sur les populations, commémorons le 26ᵉ anniversaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et ses compagnons autour de la lutte contre l’impunité et la défense des libertés démocratiques ».
Bamboado Edwige OUOBA
Faso7



