Protection des données personnelles : l’AES en lutte pour la souveraineté numérique

Dans le cadre de la Semaine Numérique, les autorités de protection des données à caractère personnel du Mali et du Niger se sont réunies avec Dr Haliguèta Nassa/Trawina, présidente de la Commission de l’Informatique et des Libertés (CIL) du Burkina Faso, le 13 novembre 2024. Cette rencontre vise une collaboration plus accrue pour protéger les données personnelles des citoyens dans l’espace AES.
Dr Haliguèta Nassa/Trawina a reçu au siège de la CIL, le professeur Mamoudou Samassekou, président de l’autorité de protection des données à caractère personnel (APDP) du Mali, et Adamou Iro, président de la haute autorité de protection des données à caractère personnel (HAPDP), du Niger.
L’objectif principal de cette rencontre était de renforcer la coopération entre les pays membres de l’AES dans le domaine de la protection des données à caractère personnel. Les autorités des trois pays ont échangé sur les pratiques et les politiques en matière de régulation des données personnelles, afin de mieux faire face aux défis croissants posés par le numérique et les cyberattaques.
Dr Haliguèta Nassa/Trawina a souligné l’importance de cette collaboration disant que « le combat pour nous c’est d’accompagner nos différentes autorités à la reconquête des territoires et à mieux protéger les citoyens dans le cadre de la protection des données à caractère personnel ».

Alors que la transformation numérique se poursuit dans l’espace AES, les risques pour la sécurité des données se multiplient. Selon la présidente de la CIL, les pays de la sous-région font face à des menaces similaires, notamment l’exploitation illégale de données et le manque de sensibilisation des citoyens aux bonnes pratiques de protection de leurs informations personnelles.
« Nous avons l’obligation de collaborer et d’essayer de mutualiser nos efforts, de partager nos expériences pour atteindre nos objectifs pour aider et accompagner nos autorités », a suggéré le professeur Mamoudou Samassekou, chef de l’autorité de protection des données à caractères personnels du Mali.

Pour l’homologue nigérien, il est temps que l’AES travaille à asseoir une souveraineté numérique afin de défendre son espace numérique des éventuelles attaques qui pourraient surgir. Il a expliqué qu’après la séparation d’avec ses anciens partenaires, l’AES devrait renforcer sa sécurité numérique vis-à-vis de ceux-ci. « Nous leur avons dit au revoir. Nous n’avons pas intérêt à dormir sur nos lauriers et les laisser nous devancer. Voilà on s’est concerté pour dire que nous, autorités de protection de données à caractère personnel, qu’on doit apporter nous aussi notre pierre à l’édifice de reconstruction, de reconquête puis du maintien de la souveraineté numérique de nos pays », a déclaré Adamou Iro.

Des projets tels que des conventions sont envisagés par les trois pays afin d’assurer une meilleur régulation des données à caractères personnels. Dr Haliguèta Nassa/Trawina a assuré que plusieurs « projets sont déjà sur table, en réflexion et même presqu’à maturité ». Certaines procédures administratives viendront bientôt affiner ces projets. Les autorités de protection des données à caractère personnels à travers leurs missions entendent également contribuer à la reconquête des différents territoires.
Bamboado Edwige OUOBA
Faso7



