Le Burkina Faso se dote d’un nouveau passeport à la pointe de la technologie

Le ministère en charge de la sécurité a procédé le 03 septembre 2024 au lancement officiel de la nouvelle génération ePasseport. En plus de jouir de plusieurs innovations technologiques, ce nouveau passeport biométrique ne dispose pas des caractéristiques de la CEDEAO, matérialisant une fois de plus la sortie du Burkina Faso de cette instance sous régionale.

Un contrat a été signé en mai 2024 entre Shenzen Emperor Technology Company (EMPTCH) et l’Etat burkinabè pour le financement, la construction et la maintenance d’un système d’émission de passeports biométriques. 4 mois plus tard, EMPTECH a tenu ses promesses et met à la disposition de l’Office Nationale de l’Identification (ONI), un système optimisé de délivrance de passeport de huitième génération.

Cette révolution, actée par l’Etat burkinabè, s’explique par les exigences croissantes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). « Le Burkina Faso porte à la connaissance du monde, et ce, conformément à ses engagements internationaux, que le pays s’est doté d’une nouvelle génération de passeports ordinaires, diplomatiques, de services et de réfugiés répondant aux normes internationales, notamment celles édictées par l’Organisation de l’aviation civile internationale », a déclaré Mahamadou Sana, ministre de la Sécurité.

« Le Burkina Faso a décidé de se retirer de cet organe et cela n’est qu’une matérialisation de l’acte déjà pris par le Burkina Faso » (Mahamadou Sana, ministre de la sécurité-©Faso7)

Le Burkina Faso est le seul pays en Afrique de l’Ouest et Francophone et le dixième pays à posséder un tel système, selon Sheldon Song, représentant le premier responsable de EMPTECH, entreprise chargée de la mise en œuvre du système. Contrairement aux anciennes versions, le nouveau passeport est équipé d’une puce électronique et d’une page biométrique en polycarbonate.

Les éléments de sécurité ont également été renforcés pour réduire, voire anéantir tout risque de fraude et de falsification, selon les dires du ministre de la Sécurité.

Le ministre de la sécurité remettant son passeport au ministre de la transition digitale Aminata Zerbo Sabané-©Faso7

Le logo et la mention CEDEAO absents du nouveau passeport

Plusieurs autres innovations technologiques sont au rendez-vous. Parmi celles-ci, l’on dénombre le pré-enrôlement en ligne qui permet d’enregistrer quelques données biométriques afin de favoriser la célérité dans la délivrance du document. De plus, les missions diplomatiques et consulaires disposeront désormais du système dans l’optique de faciliter les demandes de délivrance de passeports des Burkinabè de la diaspora.

« Il n’est pas rare de voir nos compatriotes à l’extérieur faire 6 mois ou un an d’attente avant de rentrer en possession de leur passeport. Désormais, avec ce système, il s’agira pour nos compatriotes d’aller vers ces missions diplomatiques et consulaires se faire enrôler et le même jour, ils sont transférés au niveau central et les passeports sont émis le même jour », a assuré le ministre de la Sécurité.

Lors de la présentation du passeport, il a été constaté que la mention et le logo CEDEAO manquait à l’appel. « Vous savez tous que depuis janvier, le Burkina Faso a décidé de se retirer de cet organe et cela n’est qu’une matérialisation de l’acte déjà pris par le Burkina Faso », a indiqué le chef du département de la sécurité.

Sheldon Song, représentant le premier responsable de EMPTECH-©Faso7

L’Entreprise EMPTECH a assuré une formation complète aux équipes chargées de délivrer les nouveaux passeports dans le but de garantir le bon fonctionnement du système. Elle s’est également engagée à  « former et à employer des talents burkinabè, à partager notre expertise et à favoriser un écosystème technologique florissant », selon les dires de Sheldon Song.

Quant aux détenteurs d’anciens passeports estampillés CEDEAO, le ministre de la Sécurité rassure. Ces passeports sont valides jusqu’à la date d’expiration. Libres aux détenteurs de renouveler leurs documents avec le nouveau système. Le coût de délivrance des ePasseports demeure 50 000 F CFA. Néanmoins, d’autres taxes liées à la mise en place de certaines commodités pourraient survenir.

Bamboado Edwige OUOBA

Faso7

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