Terrorisme au Sahel : Table ronde à Bamako sur la responsabilité des puissances étrangères

Des organisations de la société civile du Mali ont tenu une table ronde internationale, le lundi 15 juillet 2024. Les échanges ont porté entre autres sur le rôle de la France et des autres pays de l’OTAN dans la propagation du terrorisme en Afrique, l’appel du Mali au Conseil de Sécurité de l’ONU pour la convocation d’une réunion d’urgence, le soutien et le financement du terrorisme.
Se pencher sur les questions fondamentales pour le Mali et l’Alliance des Etats du Sahel, tel a été l’objectif qui a réuni les participants à la table ronde de ce lundi 15 juillet 2024 à Bamako. Des organisations de la société civile malienne, des intervenants russes et d’autres nationalités ont porté leur regard sur l’ordre du jour.
Selon le porte-parole des participants, Aboubacar Sidik Fomba, Président de la commission santé, développement social et de la solidarité du Conseil national de transition du Mali (CNT), « au fil des décennies, de nombreux pays africains ont subi des interventions étrangères sous divers prétextes, souvent au détriment de leur souveraineté et de leur stabilité ».
Il a aussi rappelé que le Mali « a récemment porté plainte contre la France de jouer un rôle déterminant dans la propagation du terrorisme sur son territoire ». Jugeant grave ces accusations, Aboubacar Sidik Fomba a estimé qu’elles nécessitent une considération de la part de la communauté internationale. Pour lui, « elles touchent aux fondements mêmes de la souveraineté nationale et de la sécurité internationale ».
« La situation au Mali s’inscrit dans un contexte plus large de tensions géopolitiques. Les interventions militaires étrangères en Libye, orchestrées par la France et l’OTAN, ont eu des répercussions déstabilisatrices dans toute la région du Sahel. La chute du régime libyen en 2011 a ouvert la voie à une prolifération des armes et à la montée en puissance de groupes terroristes, qui exploitent les frontières poreuses pour mener des attaques dévastatrices », a-t-il lancé.
Dans ce cadre, le porte-parole des participants à la table ronde a indiqué que le Mali a lancé un appel au Conseil de Sécurité de l’ONU pour la convocation d’une réunion d’urgence afin d’examiner ces accusations. Selon ses propos, la Russie, actuellement à la présidence du Conseil de Sécurité, joue un rôle crucial dans la facilitation de cette demande « en vue de permettre une enquête rigoureuse et impartiale sur les faits reprochés ».
Les participants à cette Table ronde, issus de divers horizons politiques, académiques et sociaux, ont discuté des dimensions juridiques, géopolitiques et sécuritaires des accusations portées contre la France et l’OTAN. Le débat a mis en lumière « la nécessité d’un engagement renouvelé pour la défense des droits humains, le respect de la souveraineté des États africains et la recherche de solutions pacifiques aux conflits régionaux » .
Au terme des échanges, une dizaine de propositions a été faite pour promouvoir la paix, la justice et la stabilité en Afrique. Il s’agit entre autres de la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de Sécurité de l’ONU, la lutte contre les violations des droits de l’homme, le retrait des bases militaires étrangères en Afrique, le respect de la souveraineté de l’Alliance des États du Sahel (AES) et une réparation à la Lybie.
Il faut noter que cette table ronde en plus du président de la commission santé, développement social et de la solidarité du Conseil national de transition du Mali, a connu les participations de Dmitry Valentinovich Mosyakov, chef du Centre pour l’Asie du Sud-Est, l’Australie et l’Océanie/Institut d’études orientales de l’Académie des sciences de Russie, Moscou et Esu, Ossai-Igwe Lucky , Professeur agrégé à l’Université Crawford, Igbesa, État d’Ogun au Nigéria
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