Économie de l’énergie : Maximiser les profits à travers les audits énergétiques

L’Agence nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ANEREE) a organisé ce 29 mars 2024 à Ouagadougou, un atelier axé sur les investissements dans les audits énergétiques et la mise en œuvre des recommandations issues de ces audits. L’objectif était de discuter avec les parties prenantes de l’importance et des avantages des audits énergétiques, ainsi que de la manière de concrétiser leurs recommandations.
Un audit énergétique implique une analyse approfondie des équipements et des processus pour identifier les raisons de la surconsommation d’énergie. Il aboutit à un plan d’action visant à corriger les inefficacités énergétiques. Au Burkina Faso, la réalisation des audits énergétiques est effective depuis 2021 à travers le décret N°2017-1015/PRES/PM/MINEFID/MCIA du 26 octobre 2017. Ce décret consacre la fixation des seuils de consommation d’énergie, la périodicité d’un audit énergétique, les modalités d’exercice de ce dernier, et l’agrément technique des auditeurs au niveau du privé comme du public.
Cependant, la mise en œuvre des recommandations issues des audits pose problème. D’où la nécessité d’un diagnostic approfondi afin de détecter, selon le secrétaire général du ministère en charge de l’énergie, Doulaye Sanou, « les causes et éventuellement proposer des solutions palliatives. Il en va de la nécessité d’une gestion rationnelle de nos énergies en tant qu’enjeu de développement ».

Sur la période allant de 2021 à 2023, Doulaye Sanou a indiqué que seules 58 structures assujetties ont été auditées sur plus de 852 structures notifiées à l’agence. De ces 58 structures auditées, seuls 31 rapports d’audits ont été validés. « Il s’agit, dans cet atelier, de montrer aux acteurs qu’ils peuvent tirer profit en mettant en œuvre les recommandations des audits », a souligné Doulaye Sanou. En d’autres termes, mettre en œuvre les recommandations faites à l’issue des audits permettrait aux entreprises de réaliser des économies en matière de consommation d’énergie et, par conséquent, de réaliser des économies financières.

« C’est vrai que souvent les gens fuient les audits parce qu’ils pensent que quand on parle d’audit, c’est pour venir incriminer telle ou telle personne. L’audit en fait est énergétique comme son nom l’indique. C’est vraiment venir voir les anomalies. C’est-à-dire que s’il y a des poches de surconsommation, il s’agit en fait de détecter ces poches de surconsommation et de proposer des solutions qui vont réduire la consommation de la structure », a rassuré Dafoura Paul Millogo, directeur de la normalisation, de la labellisation et des audits énergétiques de l’ANEREE.
Plus spécifiquement, il s’agira lors de cet atelier de dresser un état des lieux des audits énergétiques et de leurs principales recommandations, de présenter les potentiels d’économie d’énergie des structures auditées, de proposer un canevas de rédaction des rapports d’audits énergétiques pour validation, et enfin, de présenter les défis et les perspectives de l’ANEREE en matière de mise en œuvre des recommandations des audits énergétiques.
Edwige OUOBA
Faso7



