Préservation de l’exploitation agricole familiale : Les organisations paysannes et organisations de la société civile interpellent l’Etat

Les Organisations paysannes et des Organisations de la société civile ont animé une conférence de presse ce lundi 20 février 2023, à Ouagadougou. Il était question pour ces organisations d’interpeller les pouvoirs publics pour une promotion immobilière responsable et soucieuse de la préservation de l’exploitation agricole familiale au Burkina Faso.

Les Organisations paysannes et des Organisations de la société civile ont dénoncé certaines pratiques des promoteurs immobiliers et des acteurs de l’agrobusiness. Pour ces organisations, ces activités se traduisent par l’accaparement des terres rurales productives, soit 88 235 ha occupés sur l’ensemble du territoire national. Ce qui équivaut à des milliers de tonnes de céréales perdus au cours de la campagne agricole 2021/2022.

Ces accaparements constituent, selon eux, de fortes menaces contre l’agriculture familiale, véritable socle de l’économie nationale et du développement humain. « De ce foncier-là, certains en ont fait une source d’enrichissement au détriment de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Nous sommes en attendant à vingt-deux millions, quand nous serons à cent millions d’habitants au Burkina Faso, où allons-nous avoir à manger ? », s’est exprimé Bassiaka Dao, président de la Confédération paysanne du Faso.

‘’L’agrobusiness servi pour accaparer les terres des paysans’’

A l’en croire, certains citoyens se sont servis du thème de l’agrobusiness pour « asservir » les paysans en accaparant leurs terres. « L’agrobusiness, c’est un terme qu’on s’est servi pour asservir les paysans. On s’est servi de ça pour accaparer les terres des paysans », a laissé entendre Bassiaka Dao.

Lors de cette conférence de presse, les Organisations paysannes et des Organisations de la société civile ont fait savoir qu’elles ne sont pas contre la promotion immobilière et l’agrobusiness. Mais qu’elles veulent concilier la souveraineté alimentaire et nutritionnelle au niveau national en préservant le droit au logement par le développement de conditions propices à une promotion immobilière responsable et soucieuse de la survie de l’exploitation familiale au Burkina Faso.

Aussi, ces organisations ont marqué leur soutien ferme au gouvernement et au ministère chargé de l’urbanisme pour l’initiative de la révision de la loi portant promotion immobilière. « Les organisations paysannes et leur allié, l’Etat, devront, avec l’appui de leurs partenaires et l’implication de l’ensemble des acteurs, parties prenantes nationaux, veiller à améliorer les mesures des plans d’action prioritaires pour une promotion immobilière responsable », a fait savoir Marc Gansore, secrétaire général de la Confédération paysanne du Faso.

‘’Des recommandations formulées à l’Etat,,

Lors de cette activité, les Organisations paysannes et les Organisations de la société civile ont formulé des recommandations à l’endroit de l’Etat. Il s’agit de la prise en compte des contributions de l’atelier national de validation pour l’amélioration de l’avant-projet de loi ; la création des conditions nécessaires à la mise en œuvre effective et au respect de la loi sur la promotion immobilière après son adoption.

Aussi s’ajoute, l’accélération de la prise des textes d’application pour rendre véritablement opérationnelle la loi portant promotion immobilière au Burkina Faso ; l’identification, la délimitation et l’immatriculation des espaces et des sites d’investissement pastoraux dans le court et moyen terme dans toutes les communes du pays.

Lazard KOLA

Faso7

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