Centre de presse Norbert Zongo : La problématique des exécutions extrajudiciaires évoquée lors d’un club de la presse

« Problématique de la stigmatisation et des exécutions extrajudiciaires dans la lutte contre le terrorisme : Etat des lieux, comment y remédier ? », c’est sous ce thème que le Club de la presse du Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ), dans le cadre de la lutte contre le terrorisme a tenu un débat de presse, ce vendredi 17 février 2023 à Ouagadougou.
Le terrorisme est un phénomène qui a favorisé le sentiment de stigmatisation du fait des facteurs tels que des exécutions extrajudiciaires dont sont victimes certaines communautés au Burkina Faso, notamment la communauté Peuhl, selon Inoussa Ouédraogo, Président du comité de pilotage du CNP-NZ. C’est fort de ce constat que le Club de la presse du Centre national de presse Norbert Zongo a mené des échanges ce vendredi 17 février 2023, autour d’une thématique bien précise avec comme invité, le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP).
Selon Aly Sanou, Secrétaire général du MBDHP, le terrorisme a créé un sentiment de stigmatisation en raison des exécutions extrajudiciaires qui met en mal la cohésion nationale, car l’instrumentalisation est la principale base de recrutement utilisée par les Groupes armées terroristes (GTA). Le terrorisme est à cet effet, une atteinte aux droits humains en ce sens qu’il vise la destruction même des droits de l’homme et de l’Etat de droit. « Le terrorisme s’attaque à tous les principes des droits de l’Homme que sont le respect de la dignité humaine, la primauté du droit, la protection des populations civiles, la tolérance entre les peuples et les nations », a-t-il signifié.
A en croire le Secrétaire général du MBDHP, les exécutions extrajudiciaires et autres violations des droits humains sont des facteurs d’aggravation du sentiment de stigmatisation. « Sous le prétexte de la lutte anti-terroriste, on ne peut admettre des cas de privation arbitraire du droit à la vie tels que les exécutions sommaires et extrajudiciaires ; des cas de torture et de traitements cruels, inhumains et dégradants et des cas de privation arbitraires des libertés », a-t-il précisé.
Pour lui, une exécution sommaire ou extrajudiciaire est le fait qu’un prisonnier ou une personne simplement suspectée d’activités criminelles soit tuée après son arrestation sans autre forme de procès.
Pour ce faire, Aly Sanou estime que l’Etat a une part de responsabilité en matière de lutte contre le terrorisme. En effet, les Etats sont tenus de respecter les droits de l’homme, de les protéger ainsi que de les réaliser en prenant des mesures pour mettre en œuvre concrètement les droits. « Les États ont l’obligation de protéger leurs citoyens contre les attaques terroristes en prenant des mesures antiterroristes efficaces pour prévenir les attaques terroristes et poursuivre les coupables de tels actes. Cette obligation peut les conduire à utiliser la force létale contre les GAT », a-t-il fait savoir.
Pour finir, Aly Sanou pense que les autorités politiques, judiciaires et militaires du Burkina Faso doivent veiller à assurer de manière effective et efficace, la sécurité des personnes et de leurs biens, sans discrimination aucune, sur toute l’étendue du territoire national. Il invite par ailleurs les autorités du pays à travailler à mettre définitivement un terme aux exécutions sommaires, extrajudiciaires ainsi qu’aux disparitions forcées et à assurer une meilleure protection des populations civiles. Aly Sanou recommande aussi la formation accentuée des Forces de défense et de sécurité en matière de respect des droits humains et des sanctions disciplinaires et judiciaires pour les agents indélicats.
Bernadette KAMBIRE (stagiaire)
Faso7



