«Le cinéma, c’est notre ADN», (Jonathan Lett, Directeur général de Canal+)

Avant l’ouverture officielle de la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), le Directeur général du groupe Canal+, premier partenaire du festival, a accordé une interview à certains médias nationaux dont Faso7 ce 14 octobre 2021. Jonathan Lett, dans cet entretien, évoque le partenariat qui lie le Groupe Canal+ au FESPACO. Il présente également les innovations entreprises par le groupe en termes d’accompagnement pour cette 27e édition.

 

En quoi consiste le partenariat entre Canal+ et le FESPACO ?

Jonathan Lett : Canal+ est partenaire du FESPACO tout comme nous étions partenaires des éditions précédentes. Aujourd’hui, Canal+ et l’ensemble du groupe Vivendi est partenaire du FESPACO pour faire vivre le Cinéma et la Culture. Le partenariat se manifeste de nombreuses manières. Tout d’abord à travers le canal Olympia qui est une société qui gère des salles de cinéma. Nous avons mis à la disposition du FESPACO, nos deux salles de projection à Ouagadougou que soit à Ouaga 2000 ou à Pissy. Ce sont des salles dans lesquelles nous projetterons des films, dans lesquelles nous organiserons des évènements en marge de ce FESPACO.

Nous avons aussi la société A+ qui est une société du groupe Canal+ qui met en avant le FESPACO en diffusant des spots publicitaires et promotionnels du FESPACO, de manière à pouvoir faire bénéficier à cet événement d’une visibilité panafricaine. Le FESPACO, c’est un événement de culture, mais c’est aussi un évènement de visibilité pour le pays. Ça met le Burkina Faso en avant. Ça montre que le Burkina est un pays qui sait faire de grandes choses, de grands événements donc c’est aussi important de savoir-faire, c’est bien mais le faire c’est bien aussi. Donc A+ contribue à ça, donner de la visibilité à cet événement.

Il n’y a pas que A+. Les chaînes Canal+ sont aussi dans la danse notamment par le fait qu’en ce moment nous avons une programmation spéciale. Nous diffusons des films qui ont déjà été primés au FESPACO.

« Nous sommes à la disposition des équipes du FESPACO » (Jonathan Lett ) © Faso7

On ne fait pas que diffuser les films. On a aussi un Magazine qui s’appelle Avant-première dont les équipes de tournage sont en ce moment au Burkina Faso et qui tournent des émissions qui seront diffusées dans les jours et les semaines qui viennent de manière panafricaine pour que ceux qui ne sont pas au Burkina Faso puissent, depuis leur pays, comprendre et vivre ce FESPACO.

Bien entendu, ça ne s’arrête pas là, nous aidons aussi de différents moyens, le FESPACO localement puisse qu’on l’appuie sur le plan logistique et financier.

Nous sommes à la disposition des équipes du FESPACO pour aider à organiser ce FESPACO pour que le Burkina Faso en soit fier, pour que nous en soyons fiers. Que nous tous citoyens, nous puissions vivre de très bon moments, de passer de bon temps sur ce festival, d’oublier nos soucis et puis de passer un agréable moment de cinéma.

Il y a-t-il un défi à relever par Canal+ en matière d’accompagnement du FESPACO ?

Jonathan Lett : Je ne dirai pas que c’est un défi parce que si je parle de défi, c’est un peu avec une connotation négative. Pour nous, c’est un plaisir que d’accompagner le FESPACO. Le défi, c’est pour le comité d’organisation. Je les félicite pour le travail abattu parce qu’on sait que c’est difficile entre l’insécurité, la pandémie, tout est fait pour leur compliquer la tâche.

Donc, ce que nous tentons de faire, c’est d’être à leur disposition, à leur écoute et puis de les aider en fonction de leurs besoins. Nous, on est vraiment main dans la main avec eux. On les accompagne.

« Le groupe Canal+ essaye de toujours rendre ses bouquets de plus en plus accessibles au public » (Jonathan Lett ) © Faso7

 

Par rapport aux éditions passées, y a-t-il des innovations en termes d’accompagnement ?

Jonathan Lett :  En termes d’accompagnement, je ne sais pas si c’est des innovations mais les points d’orgues de notre interaction et de notre organisation au niveau de cette édition, ça va être la nuit du court métrage et la nuit des séries qui auront lieu respectivement Jeudi et Vendredi.

Ce sont des moments qui vont être forts. On va permettre de montrer des courts métrages et des séries et on va remettre un prix, le Prix Thomas Sankara qui est un prix remis par Canal+.

Tout le monde le sait, Thomas Sankara, c’est un fervent défenseur de la culture locale, du  »consommons local ». C’est vraiment des valeurs auxquelles on est très rattaché. Chez Canal+, on essaie de défendre les films qu’on a accompagné puisse que sur cette édition du FESPACO, il y aura 17 films de tout genre, c’est-à-dire des courts métrages, longs métrages, des documentaires, des séries qui sont des films qui sont accompagnés par Canal+, que ce soit des co-productions, des films qu’on achète et qu’on diffuse.

Je ne vais pas tous les citer mais je pense au « Trois (3) lascars » de Boubacar Diallo qui est un film burkinabè dont on est très fier qu’il soit représenté. On lui souhaite d’avoir un prix. Et puis, je vais citer « La nuit des rois » qui est un film ivoirien. C’est un film qui a eu un certain succès. Il a été sélectionné aux Oscars. C’est un film qui a déjà de la vie. On espère que d’autres films, d’autres séries pourront avoir de la visibilité.

Ça pourrait être des films, des séries que vous avez déjà pu voir sur nos antennes.

Je pense notamment à « Hantés » dont on va montrer les épisodes au FESPACO, qui ont déjà été diffusés sur nos antennes ou des séries qui vont l’être très bientôt. J’ai une petite pensée pour « Mami Watta » qui est une série Gabonaise dont une partie des épisodes a été tournée au Burkina Faso. Je suis très fier, c’est presque qu’une série burkinabè. On va en présenter quelques épisodes et vous pourrez les découvrir dans quelques mois sur nos antennes et sur vos chaînes préférées. On espère qu’elle vous plaira beaucoup.

Comment permettre à tous les Burkinabè de pouvoir suivre tous les films de ce FESPACO ?

Jonathan Lett :  Le groupe Canal+ essaye de toujours rendre ses bouquets de plus en plus accessibles au public. On a des séries qui sont disponibles sur la chaîne A+, disponible sur la formule Accès. On a aussi grâce à la semaine généreuse dès que vous vous réabonnez avant la date limite de votre abonnement, vous pourrez avoir accès aux chaînes Canal+. Donc vous pouvez avoir accès à Canal+ Première et aux autres chaînes sur lesquelles vous allez pouvoir voir des films diffusés au FESPACO.

Donc, nous invitons tous nos abonnés à se réabonner avant l’échéance pour pouvoir en profiter de cette semaine généreuse, même s’ils sont sur la formule à 5000 FCFA de pouvoir voir tous ces films. Nous faisons aussi parfois des films en clair. Nous pensons à « Man Jack », la série que vous avez peut-être vu en ce moment et pour lequel nous avons mis les épisodes en clair pour que vous puissiez avoir même si vous n’avez pas toutes vos images actives. Donc ça, c’est tout ce que nous sommes en train d’essayer de faire et puis on a des équipes de canal + et de A+ qui vont être là pour participer à des master classes et à des tables rondes pour contribuer à développer le cinéma africain, pour aider à apporter notre expertise pour les réalisateurs, les techniciens de cinéma afin qu’ils puissent se développer en compétences et aussi pour rentrer en relation puisque le FESPACO, c’est des films pour les festivaliers mais aussi un espace de business et d’affaires pour les gens du cinéma.

Donc, on en fait partie, on a un bout de l’écosystème et d’autres personnes qui sont à l’autre bout donc ce système, on va échanger, c’est peut-être l’occasion de découvrir des pépites qui seront diffusées sur nos antennes demain.

On espère qu’on va découvrir de beaux films avec de beaux réalisateurs, de beaux talents, qui seront peut-être Burkinabè, d’autres nationalités. Nous sommes en train de travailler sur tous ces sujets là et comme d’habitude, soutenir nos médias locaux et apporter notre expertise sur ces sujets-là.

Quelle est la constitution du prix Thomas SANKARA ?

Jonathan Lett :  Le prix sera donné au gagnant et ce sera un prix qui aura une valeur de 3 000 000 FCFA. Le prix Thomas Sankara s’inscrit dans le cadre du FESPACO. Ça fait partie des programmes de récompense du FESPACO. On remercie les organisateurs du FESPACO d’avoir bien voulu nous associer de cette manière également.

Est-ce que tous les 17 films seront diffusés à Canal Olympia ?

Jonathan Lett : Pas forcément, parce que quand je dis 17 films, il faut savoir qu’il y a des séries, de courts métrages, de longs métrages, et des documentaires. Il y en a qui vont être diffusé à Canal Olympia. Je pense notamment au films les « Les trois Lascars ». Vous pourrez le découvrir sur ce FESPACO si pour une raison ou pour une autre vous n’avez pas pu aller en salle, le films sera projeté et diffusé officiellement dans le mois de novembre dans nos  »Canal Olympia » pour ceux qui n’ont pas pu y assister. Il y a aussi d’autres films comme des courts métrages et des séries qui se prêtent moins à une diffusion au cinéma donc qui sont diffusés sur nos antennes Canal + mais pas forcément tous dans nos salles.

Les prix Thomas Sankara est-il réservé aux locaux ?

Jonathan Lett :  Le prix Thomas Sankara est remis à l’occasion de la nuit du court métrage. Il est remis pour les courts métrages quelle que soit la nationalité du réalisateur.

Canal+ va-t-il accompagner le FESPACO lors des mini-FESPACO dans les provinces ?

Jonathan Lett : Le cinéma, c’est notre ADN. C’est très important de pouvoir contribuer au développement du cinéma, à la connaissance et à l’appropriation par la population du cinéma. On essaie d’être présent sur tout ou quasiment toutes les opérations qui sont montées au Burkina Faso et dans les autres pays africains sur le cinéma.

Si le FESPACO souhaite se lancer sur une caravane itinérante, nous, on l’accompagnera avec grand plaisir. On l’a d’ailleurs fait dans d’autres pays d’Afrique. Je pense notamment au Bénin et bien d’autres.

Jonathan Lett (gauche) et Moussa Alex Sawadogo (Délégué général du Fespaco) © Faso7

 

Que pensez-vous de la fréquentation des salles de cinéma par les Burkinabè ?

Jonathan Lett :  Je trouve qu’aujourd’hui, les gens ne vont pas assez en salle. Je ne le dis pas pour les salles Canal Olympia mais aussi pour d’autres salles de bonne qualité ici Burkina comme Ciné Neerwaya ou Ciné Burkina.

Je trouve que malheureusement, la culture, le cinéma a besoin de spectateurs pour vivre et donc j’encourage tout le monde à fréquenter les salles de cinéma puisse que c’est comme ça qu’on pourra faire vivre le cinéma et la culture.

J’encourage tout le monde à s’ouvrir au cinéma africain.

Ce qu’on constate aujourd’hui, c’est que les gens au Burkina Faso, les Burkinabè sont désireux de voir des films Burkinabè, souvent désireux de voir des films américains mais quand on propose des films qui sont des films d’autres nationalités que ce soit des films ivoirien, tanzaniens ou Ougandais, l’intérêt est moins présent.

Je pense qu’on a des films de très grandes qualités qui peuvent être faits par ces nationalités là et j’encourage tous les spectateurs à s’ouvrir et à découvrir ces films là parce que ça fait vivre le cinéma et de passer de bons moments et de découvrir des cultures différentes de la nôtre.

Quel est votre message avant l’ouverture officielle du FESPACO ?

Jonathan Lett :  Je veux souhaiter bonne chance à tous les films qui sont en compétition pour obtenir un prix. A ceux qui n’ont pas la chance de gagner un prix aujourd’hui, battez-vous ! Soyez courageux ! Et ce n’est pas parce que vous n’avez pas reçu de prix aujourd’hui que vous n’en aurez pas demain. La vie d’un film est longue donc il ne faut pas désespérer. A tous les Ouagalais, rendez-vous au cinéma et faites vivre le FESPACO. C’est un grand événement, c’est une grande fierté pour le Burkina Faso.

En marge de cette interview, le directeur général Jonathan Lett a rendu une visite de courtoisie au délégué général du Fespaco, Moussa Alex Sawadogo. Lors de cette visite, le premier responsable de Canal+ au Burkina Faso a pu voir les installations techniques de cette 27e édition du Fespaco.

Faso7

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