Lutte contre la dengue au Burkina Faso : Des professionnels des médias formés pour renforcer la prévention

Face à la persistance de la dengue au Burkina Faso, l’information apparaît comme un autre front de la prévention. C’est dans cette perspective qu’une trentaine de professionnels des médias ont été formés, du 5 au 7 octobre 2026 à Ouagadougou, sur la maladie, ses modes de transmission et les moyens de limiter sa propagation.
Initiée par le ministère de la Santé, à travers la Direction de la protection de la santé de la population (DPSP), le SP/Palu et le Programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées (PNLMTN), la session a mis l’accent sur la communication sur les risques et l’engagement communautaire. Pour les organisateurs, mieux outiller les journalistes doit permettre de renforcer la qualité des messages adressés aux populations.
La situation reste suivie de près par les services sanitaires. De la première à la 39e semaine épidémiologique de 2026, 25 780 cas suspects de dengue ont été rapportés, dont 7 226 cas probables et 17 décès. Ces chiffres restent inférieurs à ceux de 2023, année au cours de laquelle le pays avait enregistré 154 867 cas et 709 décès.
Des gestes simples contre un risque bien réel
La formation a notamment permis de revenir sur le rôle de l’Aedes aegypti, principal vecteur de la dengue. Contrairement à une idée répandue, ce moustique pique principalement durant la journée, notamment tôt le matin et en fin d’après-midi.
Son développement est favorisé par les eaux stagnantes présentes dans différents récipients. Pneus usagés, seaux, bidons, boîtes ou bouteilles peuvent ainsi devenir des gîtes larvaires. La réduction de ces lieux de reproduction constitue donc l’un des premiers moyens de prévention.
« Lors de la classification des conteneurs de gîtes larvaires, il est ressorti que les pneus occupent la première place en matière de production de gîtes larvaires, soit de 30 % à plus de 50 % », a expliqué Ousseini Barry, agent de la DPSP.
Les participants ont également été sensibilisés aux signes nécessitant une prise en charge rapide, notamment les douleurs abdominales intenses, les vomissements persistants, les saignements, les difficultés respiratoires ou encore une grande fatigue.
De l’information à l’action
La mobilisation des médias, pour le chef de service de la surveillance épidémiologique, Lassané Kafando, intervient dans un contexte où une hausse des cas est observée depuis la semaine épidémiologique 33. « C’est dans ce cadre que, depuis la semaine épidémiologique 33, nous assistons à une augmentation des cas de dengue au niveau du pays », a-t-il indiqué.
Du côté des participants, l’enjeu est désormais de traduire les connaissances acquises en messages accessibles au public. « Nous, en tant que journalistes, ce sont des messages clés que nous devons effectivement transmettre à travers nos écrits, à travers nos émissions », a souligné Lido Thierno, journaliste à Radio Pulsar.
Au-delà de la lutte menée par les services de santé, la prévention de la dengue se joue ainsi aussi dans les habitudes quotidiennes. Éliminer les eaux stagnantes, assainir son environnement et se protéger des piqûres sont autant de gestes qui peuvent contribuer à réduire les risques. Pour les médias, reste désormais le défi de faire de ces réflexes des messages réguliers, compris et surtout appliqués par les populations.
Eléonore Savadogo
Faso7



