Espace AES : Les juridictions suprêmes signent un mémorandum de coopération judiciaire à Ouagadougou

Face aux défis majeurs qui secouent la région, notamment la lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière et la corruption, les juridictions suprêmes de l’ordre judiciaire des États membres de la Confédération des États du Sahel (AES) se sont réunies, ce 1er octobre 2026 à Ouagadougou, pour signer un mémorandum d’entente et de coopération. Ce nouvel accord vise à bâtir un espace de coopération judiciaire solide et cohérent, renforçant ainsi, sur le plan juridique, la solidarité politique et sécuritaire déjà existante au sein de la Confédération.
À travers ce mémorandum, les juridictions du Burkina Faso, du Mali et du Niger se dotent d’un cadre officiel de coopération. Celui-ci favorisera les échanges d’expériences et de bonnes pratiques, tout en encourageant le rapprochement de leurs jurisprudences sur les questions d’intérêt commun. Il permettra également d’organiser des actions conjointes de formation et de renforcement des capacités de leurs magistrats et de leur personnel judiciaire.
Selon Pascal Bamouni, premier président de la Cour de cassation du Burkina Faso, ce dispositif facilitera également l’entraide judiciaire et la coopération technique entre les institutions concernées. Il contribuera à l’émergence d’un espace judiciaire sahélien cohérent, au service de la sécurité juridique des citoyens.
Par ailleurs, il a souligné que ce mémorandum d’entente vise à renforcer l’État de droit, à unifier la jurisprudence et à faire face à des défis communs, en s’appuyant sur des systèmes juridiques proches, des instruments communautaires et des valeurs endogènes.

« Ce Mémorandum ne préjudicie en rien aux relations bilatérales fructueuses que chacune de nos institutions entretient par ailleurs avec d’autres juridictions amies (…). Il vient au contraire les compléter et les enrichir, en offrant à nos trois Hautes juridictions membres un nouvel espace créé par nos Hautes autorités, un cadre multilatéral propre, sans que cela ne soit un obstacle à l’ouverture et à la coopération que nous devons continuer à cultiver avec l’ensemble de nos partenaires judiciaires », a-t-il indiqué.
De son côté, Bamassa Sissoko, président de la Cour suprême du Mali, a souligné que ce mémorandum permettra de créer une structure de coopération entre les trois institutions judiciaires. Il permettra d’organiser des échanges entre les magistrats, les greffiers et les personnels de leurs cours respectives, en harmonisant les droits et les jurisprudences.
« Il n’y a pas de meilleur moyen de parvenir à cela que de créer le cadre et de sceller un acte. À partir de ce mémorandum, les magistrats du Mali, du Burkina Faso et du Niger pourront se côtoyer, échanger régulièrement et partager leurs pratiques dans leurs juridictions respectives », a-t-il déclaré.
Lazard KOLA
Faso7



