Burkina Faso : La CNLF saisit plus de 86,4 millions de F CFA de marchandises illicites, dont des explosifs

La Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) a saisi des marchandises illicites d’une valeur totale de 86 430 000 francs CFA au cours de plusieurs opérations menées entre fin août et début septembre 2026. Présentés à la presse ce 15 septembre à Ouagadougou, les produits saisis comprennent notamment des explosifs, des cordons détonants, des cigarettes, des produits pour chicha, des boissons alcoolisées et du vin.
La saisie la plus sensible a été réalisée le 5 septembre 2026 à proximité du marché Sankar-Yaar. Les agents de la CNLF y ont intercepté 2 046 bâtons d’explosifs et 32 rouleaux de cordons détonants, d’une valeur estimée à 10 600 000 francs CFA. Les produits étaient dissimulés dans des sacs d’engrais entreposés dans un magasin.
Présentant le bilan des opérations, le coordonnateur national de lutte contre la fraude, Dr Mohamadi Compaoré, a souligné la dimension sécuritaire de cette pratique. « Lorsqu’elle achemine clandestinement des détonateurs et des explosifs sur notre sol, la fraude change de visage : elle devient complice des défis sécuritaires en armant la main de ceux qui endeuillent notre nation », a-t-il déclaré.
Des boissons et produits du tabac interceptés sur les axes routiers
Les 24 et 25 août, entre Tenkodogo et Koupéla, les agents ont également saisi 1 000 cartons de boissons Faxe transportés dans deux minicars. La valeur de cette cargaison est estimée à 19 200 000 francs CFA.
Le 28 août, une opération menée à Samandin a permis d’intercepter sept cartons de cigarettes et 51 cartons de produits pour chicha, dissimulés dans les marchandises transportées par un camion. La valeur de l’ensemble est estimée à 13 785 000 francs CFA.
À Saaba, le 3 septembre, les agents ont saisi dans un magasin 33 cartons de cigarettes introduits frauduleusement sur le territoire national. La valeur de cette cargaison est évaluée à 4 125 000 francs CFA.
Près de 39 millions de F CFA de marchandises saisies les 9 et 10 septembre
Sur l’axe Koupéla-Tenkodogo, deux autres opérations ont été menées les 9 et 10 septembre. La première a permis de saisir 600 plaquettes de bière Faxe, 500 plaquettes de bière Rrrov Codys et 100 cartons de vin Château de France, transportés par deux minicars. La valeur de ces marchandises est estimée à 19 520 000 francs CFA.
Le lendemain, les agents ont intercepté, sur le même axe, 1 000 plaquettes de bière Faxe importées frauduleusement, d’une valeur estimée à 19 200 000 francs CFA.
Au total, les différentes opérations ont permis de retirer des circuits de contrebande des marchandises d’une valeur de 86 430 000 francs CFA en moins d’un mois. Pour le coordonnateur national, l’enjeu de ces saisies dépasse la seule valeur financière des produits interceptés.
La fraude, un enjeu économique et sécuritaire
« La fraude s’attaque à la monnaie à travers la destruction des produits illicites, aux droits de douanes, aux Fonds de soutien patriotique et aux taxes sur le tabac par le trafic illégal de boissons et de cigarettes. Elle étouffe les entreprises et empoisonne la santé de nos populations », a expliqué Dr Mohamadi Compaoré.
La présence d’explosifs et de cordons détonants parmi les produits saisis renforce cependant la portée sécuritaire de la lutte contre les trafics. « Chaque cordon détonant intercepté, c’est une vie préservée. Chaque bâton d’explosif saisi, c’est une tragédie évitée, un foyer épargné, un éclat de paix préservé pour nos familles », a insisté le coordonnateur.
Pour la CNLF, la lutte contre la fraude constitue ainsi un enjeu à la fois économique et sécuritaire. « La lutte contre la fraude n’est pas une simple opération administrative ou policière. C’est une bataille sacrée pour la protection de notre souveraineté nationale et la sauvegarde de notre tissu économique », a déclaré Dr Mohamadi Compaoré.
La CNLF entend poursuivre ses opérations contre les circuits de contrebande. Son coordonnateur a assuré que les agents engagés sur le terrain continueront à traquer les trafics illicites, alors que la circulation clandestine de marchandises demeure un enjeu pour les recettes publiques, les entreprises et la sécurité nationale.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7



