Littérature : Seydou Nabalma dévoile l’envers du rêve migratoire avec « La gifle de l’immigration »

Partir pour une vie meilleure, mais à quel prix ? C’est à cette question que Seydou Nabalma confronte les candidats à l’immigration dans son nouveau livre,  « La gifle de l’immigration ». L’ouvrage a été présenté au public, ce 12 septembre 2026 à Ouagadougou, lors d’une cérémonie de dédicace. À travers une histoire aux allures de fiction, l’auteur lève le voile sur les désillusions et les difficultés qui peuvent attendre ceux qui franchissent l’Atlantique à la recherche d’un avenir meilleur.

L’ouvrage, fort de 203 pages, rompt avec les récits souvent reluisants de l’immigration. Il met plutôt le doigt sur une réalité moins visible. Celle d’immigrés qui, loin des leurs, affrontent des difficultés qu’ils choisissent parfois de taire. Pour Seydou Nabalma, ce silence contribue à entretenir une image incomplète de la vie à l’étranger.

Passionné de lecture et ingénieur de formation, Seydou Nabalma est titulaire d’une maîtrise en administration des affaires de l’Université d’Ottawa. Installé au Québec depuis 2012, il s’intéresse notamment aux réalités de l’immigration africaine.

Les réalités cachées de l’immigration

L’auteur dénonce ainsi ce qu’il qualifie de « mensonge par omission ». Dans de nombreuses familles, seules les apparences de la réussite sont montrées. Les difficultés, elles, restent souvent dans l’ombre. Une situation qui peut nourrir de faux espoirs chez ceux qui envisagent à leur tour de partir.

« Il faut avoir l’humilité d’expliquer à sa famille les tenants et les aboutissants de ce qu’on vit au quotidien », plaide Seydou Nabalma.

À travers son récit, l’auteur ne cherche toutefois pas à condamner l’immigration. Son ambition est plutôt d’inviter les futurs candidats au départ à mieux se préparer. Le rêve d’une vie meilleure ne suffit pas. Il faut aussi connaître les réalités auxquelles on peut être confronté.

Mieux se préparer avant le départ

Le livre se présente donc comme un outil de sensibilisation. Il appelle à s’informer avant de franchir le pas. Il encourage également les immigrés à parler avec davantage de sincérité de leur quotidien. Une manière, pour l’auteur, de permettre aux candidats au départ de faire un choix éclairé.

« L’objectif, ce n’est pas de dire qu’il faut jeter l’anathème sur l’immigration. Non, pas du tout. L’objectif, c’est de dire qu’il faut se préparer, qu’il faut prendre toutes les dispositions, toutes les informations », conclut Seydou Nabalma.

Le livre, vendu au prix de 5 000 FCFA, est disponible à la librairie Diacfa, à Hofio Librairie, ainsi que sur Zade Books, une librairie en ligne.

Claver Bationo, directeur de la migration et de la réinsertion au ministère des Affaires étrangères, a représenté le ministre parrain de la cérémonie. Il a salué la portée de l’ouvrage et son intérêt pour les Burkinabè vivant à l’étranger. « C’est avec une grande satisfaction que nous apprécions cette belle œuvre », a-t-il déclaré.

L’ouvrage, selon lui, rejoint une démarche déjà engagée par le ministère. Celui-ci travaille notamment à l’élaboration d’un guide destiné aux Burkinabè de l’extérieur.

Claver Bationo estime que le livre peut constituer une source d’informations utiles pour les Burkinabè qui souhaitent s’installer au Canada. Les expériences qui y sont relatées peuvent également servir à d’autres candidats à l’immigration.

Ces témoignages, pour lui, doivent permettre aux futurs immigrés de mieux se préparer aux réalités de la vie à l’extérieur. Ils peuvent aussi les aider à développer leur capacité d’adaptation et de résilience.

Éléonore Savadogo

 Faso7

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