Union des collectivités territoriales de AES : Le plan de travail 2026 en cours de validation à Ouagadougou

L’Union des collectivités territoriales de l’Alliance des États du Sahel (UCT-AES) tient ce 28 août 2026 un atelier consacré à l’élaboration et à la validation de son plan de travail 2026. Réunis à Ouagadougou, des représentants des collectivités territoriales du Burkina Faso, du Mali et du Niger travaillent à définir les premières actions concrètes de cette nouvelle organisation créée en juin dernier à Niamey.
L’enjeu est de doter l’Union d’une feuille de route opérationnelle capable de transformer la coopération entre les collectivités des trois pays en actions au bénéfice des populations.
L’atelier intervient quelques semaines après la création de l’Union des collectivités territoriales de l’AES à Niamey, les 11 et 12 juin 2026. Pour son président en exercice, le Gouverneur de la région du Kadiogo, Abdoulaye Bassinga, cette nouvelle organisation doit dépasser le cadre institutionnel pour devenir un outil de coopération de proximité.
« La création de notre Union à Niamey les 11 et 12 juin 2026 ne doit donc pas être considérée comme la simple création d’une nouvelle organisation institutionnelle. Elle traduit une volonté collective de construire, à partir de nos terroirs, une coopération de proximité, de solidarité active et une dynamique commune de développement au sein de l’espace AES », a-t-il déclaré.
Le plan de travail soumis aux participants doit ainsi préciser les priorités de l’Union, les actions à conduire, les responsabilités, le calendrier et les moyens nécessaires à leur réalisation.
Abdoulaye Bassinga souhaite que ce document ne reste pas un simple instrument administratif. « Il doit constituer notre première feuille de route opérationnelle », a-t-il insisté, appelant à retenir des actions « concrètes, réalistes, mesurables ».
Des défis communs aux territoires de l’AES
Pour les collectivités territoriales du Burkina Faso, du Mali et du Niger, les défis restent largement partagés. L’accès aux services sociaux de base, le développement économique, la création d’emplois, la gestion des ressources naturelles, l’aménagement du territoire, la mobilité, l’environnement et le financement du développement local figurent parmi les préoccupations évoquées.
La résilience des populations et le renforcement de la gouvernance territoriale constituent également des enjeux auxquels les collectivités doivent apporter des réponses.
C’est dans ce contexte que l’Union entend favoriser le partage d’expériences et la mutualisation des compétences. L’objectif est de permettre aux territoires de ne plus rechercher séparément des réponses à des problèmes qui dépassent parfois les frontières nationales.
« Notre Union doit devenir un instrument de dialogue, de concertation, de mutualisation des expériences, de mobilisation des ressources et de réalisation d’initiatives communes au bénéfice de nos collectivités et de nos braves et résilientes populations », a soutenu Abdoulaye Bassinga.
L’intégration de l’AES doit aussi se construire dans les territoires
Représentant le ministre de l’Administration territoriale, le Secrétaire général du ministère, Saïdou Sankara, a également insisté sur la dimension territoriale de l’intégration au sein de l’AES.
Selon lui, cette intégration ne doit pas se limiter aux relations entre les États. Elle doit également prendre forme dans les territoires où les populations sont directement confrontées aux questions de sécurité, d’accès à l’eau, d’éducation, de santé, d’emploi, de sécurité alimentaire et de développement économique.
La coopération entre les collectivités des trois pays doit, à ce titre, permettre de partager les expériences, de mutualiser les compétences et de développer des projets communs. Elle doit également contribuer à rechercher des mécanismes innovants de financement du développement local.
Le représentant du ministre a appelé les participants à veiller à la pertinence des actions retenues, à leur complémentarité avec les initiatives déjà conduites dans l’espace AES et à la mutualisation des expériences et des compétences disponibles.
« L’Union des collectivités territoriales de l’Alliance des États du Sahel doit être un organisme vivant. Elle doit être proche des collectivités territoriales, attentive à leurs préoccupations et capable de transformer la coopération institutionnelle en réalisations concrètes », a-t-il déclaré.
L’efficacité comme principal défi
Au-delà de l’élaboration du document, les participants sont appelés à poser les bases d’un fonctionnement efficace de l’Union. Abdoulaye Bassinga estime que la réussite de la nouvelle organisation dépendra autant de la qualité du plan de travail que de la capacité des acteurs à le mettre en œuvre.
Les différences d’approche entre les territoires des trois pays ne sont pas considérées comme un obstacle. Elles doivent plutôt servir de point de départ au dialogue et à l’enrichissement mutuel. « Nous devons privilégier le dialogue, l’écoute, la recherche du consensus et surtout l’efficacité », a lancé le président de l’Union.
L’ambition affichée est de faire progressivement émerger des territoires sahéliens plus résilients, plus solidaires et davantage capables de porter leur propre développement. La première feuille de route de l’UCT-AES devra désormais donner une traduction concrète à cette ambition.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7



