Coopération Burkina-Belgique : Maxime Prévot veut une « diplomatie de l’action » au contact des populations

En visite au Burkina Faso, le Vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement, Maxime Prévot, a effectué, ce jeudi 27 août 2026, une sortie de terrain dans la région des Koulsé. De Korsimoro à Kaya, il a visité plusieurs réalisations soutenues par la Belgique, mettant en avant une coopération axée sur des résultats concrets au bénéfice des populations.

Sous une température de 30 °C, Maxime Prévot a débuté sa sortie à Tengressenè, dans la commune de Korsimoro. Sur un site de trois hectares, dont un hectare est actuellement aménagé et exploité par 19 personnes, le responsable belge est venu constater les effets de la coopération entre le Burkina Faso et le Royaume de  Belgique.

La ferme agroécologique visitée présente une diversité d’activités. Aviculture, arboriculture, maraîchage, apiculture, pisciculture, élevage de petits et de gros ruminants y sont développés de manière intégrée. La réalisation bénéficie du soutien de la Belgique dans le cadre du projet régional de la FAO intitulé « Renforcement de la résilience des ménages vulnérables face aux effets néfastes du changement climatique », mis en œuvre sur la période 2022-2027.

« Ce que je veux, c’est une coopération internationale de résultats, pas juste de grands discours », Maxime Prévot

D’un coût global de plus de 2,89 milliards de FCFA, ce projet repose sur une approche intégrée combinant notamment la gestion de l’eau, l’agriculture résiliente, l’élevage, la pisciculture, l’agroécologie et le renforcement des capacités.

À l’issue de la visite, Maxime Prévot s’est dit satisfait des résultats observés sur le terrain. Il a notamment rappelé la contribution de son pays à cette initiative. « Pourquoi je suis venu ici ? C’est notamment parce qu’avec la FAO, la Belgique a contribué à hauteur de 5 millions d’euros pour pouvoir concrétiser cette réalisation qui a permis à plusieurs familles de pouvoir avoir de l’emploi, de meilleures récoltes (…). Ça donne des résultats. Ce que je veux, c’est une coopération internationale de résultats, pas juste de grands discours. Il faut une diplomatie de l’action », a-t-il martelé.

Pour le chef de la diplomatie belge, cette visite de terrain répond également à une volonté de sortir du cadre institutionnel de la capitale pour aller à la rencontre des bénéficiaires. « D’abord, c’était important pour moi de ne pas rester uniquement dans la capitale, mais de pouvoir aller au contact de ces populations, au plus proche de ces réalisations, au cœur du pays », a-t-il expliqué.

De Korsimoro à Kaya, la coopération belge au service des populations vulnérables

Après Korsimoro, la délégation belge a mis le cap sur Kaya. Au Centre médical urbain du secteur 1, Maxime Prévot a visité un centre de prise en charge nutritionnelle. Cette étape a permis de mettre en lumière l’engagement de la Belgique en faveur de la défense des droits de l’enfant et de la prise en compte des besoins des populations vulnérables.

Le déplacement s’est poursuivi sur un site de personnes déplacées internes à Tiwèga. La Belgique y soutient, à travers l’ONG Oxfam et ses partenaires nationaux SOLIDEV (Solidarité Développement Inclusif) et UNIJED (Association pour l’Unité de la Jeunesse et le Développement en Afrique), le programme humanitaire « Strengthening Protection through Community Leadership ».

Plus de 2,49 milliards de FCFA ont été mobilisés par la Belgique au profit d’Oxfam

Dans une logique d’autonomisation durable, le programme a notamment accompagné la formalisation de quatre comités communautaires en Sociétés Coopératives. Cette évolution leur confère une reconnaissance juridique et facilite le développement d’activités génératrices de revenus.

Au Centre d’écoute et de réinsertion socioéconomique de Kaya, au moins 250 femmes et filles déplacées internes ont également bénéficié de formations dans plusieurs métiers, notamment le tissage, le perlage et la couture. Ces formations visent à renforcer leurs compétences et leur autonomie économique.

À travers cette intervention, la partie belge entend promouvoir une approche de protection communautaire destinée à renforcer la résilience et les capacités d’autoprotection des populations affectées par les conflits et les chocs climatiques. Sur le plan financier, plus de 2,49 milliards de FCFA ont été mobilisés par la Belgique au profit d’Oxfam pour la mise en œuvre de différents projets de développement et d’actions humanitaires.

50 ans de coopération et un engagement qui se veut durable

Revenant sur les relations entre les deux pays, Maxime Prévot a rappelé que le Burkina Faso et la Belgique entretiennent 50 années de coopération. Selon lui, malgré les difficultés financières qui affectent les financements humanitaires internationaux, la Belgique entend rester un partenaire engagé, fiable et prévisible du Burkina Faso.

La Belgique est présentée comme le troisième bailleur humanitaire du Burkina Faso, derrière l’Allemagne et le Canada, avec plus de 8 milliards de FCFA de financements humanitaires. Le responsable belge a réaffirmé la volonté de son pays de poursuivre cet accompagnement.

« Nous comptons bien continuer. Nous allons nous engager. Nous avons toujours été un partenaire fiable et nous avons l’intention de le rester. Il peut y avoir parfois des turbulences, mais c’est précisément parce qu’elles existent qu’on doit compter sur des amis qui restent autour de la table, qui restent présents pour s’engager avec conviction sans chercher à vampiriser les ressources des autres », a-t-il déclaré.

À travers cette sortie de terrain, le Vice-Premier ministre belge entend ainsi donner un contenu concret au partenariat entre les deux pays, en mettant l’accent sur les réalisations, la résilience des populations et l’autonomisation des communautés vulnérables.

Faso7

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