Burkina Faso : Le CHU de Bogodogo innove avec la chirurgie de la cataracte par phacoémulsification

Le directeur général du Centre hospitalier universitaire de Bogodogo (CHU-B), Seydou Nombré, a procédé, ce 24 août 2026, au lancement de la chirurgie moderne de la cataracte par phacoémulsification (Phaco-E). Première du genre dans les hôpitaux publics, c’est une technique révolutionnaire qui offre aux patients une récupération visuelle quasi-immédiate après l’intervention.
La phacoémulsification n’était jusqu’à présent pratiquée que dans les centres de santé privés et confessionnels, en raison du coût élevé des équipements et des exigences de leur maintenance. Selon le Pr Windinmanégdé Pierre Djiguimdé, chef du service d’ophtalmologie et d’exploration visuelle du CHU de Bogodogo, cette technique de chirurgie de la cataracte consiste à fragmenter et à aspirer le cristallin opacifié par des ultrasons. Ensuite, le cristallin d’origine est remplacé par un cristallin artificiel à travers une micro-incision de 2 à 3 mm.
Contrairement à l’ancienne technique, cette méthode présente d’énormes avantages. Elle permet aux patients de recouvrer rapidement la vue.

« C’est d’abord sa simplicité, sa rapidité, et aussi ses résultats fonctionnels qui sont excellents. Non seulement des résultats qui sont excellents, mais aussi une récupération fonctionnelle qui est rapide, une récupération visuelle qui est rapide. Donc, ça offre beaucoup d’avantages », a-t-il ajouté.
L’autre avantage de cette technique moderne est la réduction des coûts de prestation. En tant que service de santé publique, le CHU de Bogodogo, conformément à sa mission, permet aux patients d’accéder aux soins à partir de la somme de 56 250 FCFA. Les soins complémentaires sont pris en charge par les patients.
Le directeur général du CHU de Bogodogo, Seydou Nombré, a expliqué que l’introduction de cette pratique relève du fait que l’établissement œuvre constamment pour offrir une meilleure qualité de ses services aux populations. Seydou Nombré a par ailleurs indiqué que cette nouvelle démarche s’inscrit dans le cadre de la souveraineté sanitaire prônée par le Président du Faso.

« Grâce à la phacoémulsification, nos équipes disposent désormais d’une technique moderne et moins invasive, permettant une prise en charge plus précise des patients et favorisant une récupération visuelle dans de meilleures conditions. Cette technique moderne de prise en charge de la cataracte est une avancée majeure pour notre établissement et, au-delà, pour le système de santé de notre pays », a expliqué Seydou Nombré.
Par ailleurs, le CHU de Bogodogo a élaboré un projet d’établissement hospitalier couvrant la période 2026-2030. En plus de la phacoémulsification, cette stratégie de l’hôpital intègre plusieurs aspects, notamment la chirurgie vitréorétinienne pour la prise en charge des décollements de rétine. Le projet prévoit également le développement des tests ADN.
À noter que la cataracte constitue la première cause de cécité évitable. Il s’agit de l’opération chirurgicale la plus pratiquée au monde. Au Burkina Faso, environ 10 000 opérations de la cataracte sont réalisées chaque année, dont près 500 au sein du CHU de Bogodogo.
Cheick Habib Désiré BAYILI
Faso7



