Ouagadougou : L’hôpital protestant Shiphra forme des journalistes sur le traitement du pied bot congénital

L’hôpital protestant Shiphra a organisé, ce 11 août 2026 à Ouagadougou, un atelier de formation consacré au pied bot congénital. La rencontre a réuni une vingtaine de professionnels des médias. Elle vise à renforcer leurs connaissances afin de mieux informer et sensibiliser les populations.

Les journaalistes sont invités à mener le combat contre les préjugés sur le pied bot congénital -©️Faso7

Le pied bot congénital est une malformation présente dès la naissance. Elle se développe au cours des premiers mois de la grossesse. Dans sa forme la plus courante, le pied est tourné vers l’intérieur et vers le bas. Au Burkina Faso, près de 1 000 enfants sont diagnostiqués chaque année, selon le Dr Faïçal Oubda, médecin et manager du Programme pied bot au Burkina Faso.

Cette malformation, à l’en croire, résulte d’une constitution anormale de certaines structures du pied au cours de la grossesse. Les ligaments concernés deviennent notamment plus courts.

Une malformation identifiable

« Pendant les premiers mois de la grossesse, les fibres collagènes qui doivent constituer les ligaments du pied se constituent de manière anormale, de sorte que ces ligaments sont raccourcis. On va constater, soit à l’échographie pendant le développement de l’enfant, soit à la naissance, mais la plupart du temps à la naissance, que le pied est tourné vers l’intérieur et vers le bas. Les orteils, normalement droits, se regardent médialement », explique-t-il.

Le spécialiste appelle également à déconstruire les croyances qui entourent cette malformation. Dans certaines communautés, elle est encore associée à une malédiction, une punition ancestrale ou à l’action de génies et de démons.

Briser les préjugés

« Le pied bot survient dans toutes les sociétés dans le monde entier, que ce soit en Europe, en Amérique, en Afrique ou en Asie. Il n’est pas lié à ces facteurs sociaux qu’on incrimine. Ce n’est donc ni une malédiction, ni une punition, ni le résultat d’un péché commis », soutient le Dr Oubda.

La prise en charge repose sur la détection précoce. Lorsqu’il est identifié pendant la grossesse, le pied bot ne peut pas encore être traité. L’intervention débute après la naissance. Les nouveau-nés concernés doivent ainsi être rapidement orientés vers les structures habilitées à appliquer la méthode de Ponseti.

« Ce n’est pas une maladie qu’on peut prévenir pour qu’elle n’apparaisse pas. Mais on peut prévenir les complications en traitant très tôt, dès la naissance. Selon la technique dite de Ponseti, il y a 95 % de succès quand on suit le traitement de zéro à cinq ans. On peut alors déclarer l’enfant guéri à l’âge de cinq ans lorsqu’il n’y a pas de récidive et que le traitement a été suivi avec succès », indique-t-il.

Huit centres pour une prise en charge gratuite

Le Dr Oubda appelle à la mobilisation des leaders administratifs, religieux et coutumiers. Les professionnels de santé, notamment les sages-femmes, gynécologues et pédiatres, sont également invités à orienter rapidement les enfants concernés.

La prise en charge est gratuite dans huit centres répartis dans huit régions du Burkina Faso. l’hôpital protestant Shiphra de Ouagadougou, le Centre médico-chirurgical Morija de Kaya, le Centre hospitalier régional de Tenkodogo, l’hôpital Souro-Sanou de Bobo-Dioulasso, le Centre Espoir de Fada N’Gourma, le Centre Yik-N-Kene de Koudougou, le Centre médico-chirurgical pédiatrique Persis de Ouahigouya et le Centre hospitalier régional de Ziniaré.

À l’endroit des familles, le message se veut rassurant. Le pied bot peut être traité et l’enfant peut retrouver une marche normale. D’où l’importance d’une orientation rapide vers les structures spécialisées.

« Ce n’est pas une malédiction, ce n’est pas une fatalité. On peut le traiter et on peut en guérir pour marcher normalement comme les autres enfants. Venez vers nous et nous allons vous accompagner », lance le Dr Faïçal Oubda.

En renforçant les connaissances des médias, ils entendent contribuer à faire reculer les préjugés et à favoriser une prise en charge plus précoce des enfants concernés.

Éléonore Savadogo  

Faso7

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