Région du Guiriko : « Les Champs de la Paix » lancés pour soutenir les femmes vulnérables et déplacées

À Farakoba et à Tolotalama, des femmes vulnérables, notamment des déplacées internes, produisent sur les Champs de la Paix, initiés par la Coordination des Organisations des Femmes du Guiriko, avec le soutien des ministères en charge de la Solidarité et de l’Agriculture. Des journalistes sont allés à leur rencontre, le 18 mai 2026.
D’abord à Farakoba, une trentaine de bénéficiaires ont été retrouvées en cours de préparation de leurs Champs de la Paix pour la saison hivernale, procédant notamment au désherbage.
Cette idée de Champs de la Paix a été trouvée par la Coordination des Organisations des Femmes du Guiriko, afin de venir en aide aux femmes vulnérables et déplacées internes, surtout celles qui étaient en situation de précarité et de mendicité dans les rues de Bobo-Dioulasso.
Solange Traoré, Coordonnatrice de ces organisations, a retracé l’histoire de cette initiative. Au regard de la situation des femmes déplacées internes contraintes de mendier, il a été décidé de trouver un site pour la production agricole au profit de ces femmes. On compte aussi quelque hommes parmi elles. Un premier site collectif de 5 ha a donc été loué par la Coordination régionale pour la pratique de l’agriculture au profit de plus de 100 bénéficiaires. Cette première production a donné environ 5 tonnes de maïs, quelques sacs d’arachide et de niébé, que les bénéficiaires se sont partagés.
En 2022, grâce à l’accompagnement des ministères chargés de la Solidarité et de l’Agriculture, avec l’octroi d’un site définitif de 15 hectares à Farakoba, 210 personnes ont produit sur ce site, avec un suivi des services de l’action sociale. Cette année, près de 10 tonnes de maïs ont été récoltées avec une demi-tonne d’arachide et une demi-tonne de niébé. « Elles se partagent tout ce qu’elles ont récolté. Certaines utilisent ça pour se restaurer. D’autres ont même vendu une petite partie pour investir dans le commerce. Pour dire que ce n’est pas mal », a déclaré Solange Traoré.
Actuellement, le nombre de bénéficiaires est passé à près de 100 personnes avec le retour de certaines dans leurs localités d’origine. Cependant, depuis 2021, d’autres bénéficiaires, dont des veuves, ont préféré s’intégrer à la population hôte pour poursuivre les activités champêtres pour subvenir à leurs besoins. « Vu ce qu’elles ont vécu, elles ne veulent plus retourner dans leur village de peur que ces souvenirs reviennent », a expliqué Solange Traoré.
C’est le cas de Abzèta Zoromé, déplacée interne de Titao. Elle a témoigné que cette activité a amélioré ses conditions de vie. Auparavant, elle survivait grâce au lavage du linge et à la vente de gravats. « À notre arrivée, nous n’avions pas de travail. On tournait pour faire la lessive et on vendait du gravat, afin d’avoir de quoi payer du savon et des condiments. Nous avons rencontré tantie ici et nous avons commencé à travailler. Depuis lors, ça va. Depuis que nous travaillons ici, vraiment, ça va. Nous ne vendons pas ce que nous récoltons. Nous consommons et quand ça ne suffit pas, nous achetons en complément », a-t-elle témoigné.
Des perspectives prometteuses pour les Champs de Paix
À Tolotalama également, un Champ de la Paix a été initié en 2024 sur un site de 15 ha cédé par le chef du village. Actuellement, plus de 115 déplacés internes et résidents vulnérables sont sur ce site. Ils se préparent pour produire aussi du maïs, du niébé et de l’arachide sur ce site, avec le suivi de l’action sociale et l’accompagnement des agents agricoles. Les récoltes seront distribuées aux bénéficiaires comme à Farakoba et 5 autres Champs de Paix mis à disposition dans le Guiriko.
En perspective, le Ministère en charge de la Solidarité compte accompagner ces bénéficiaires et bien d’autres en vue d’une production à grande échelle. Comme dit plus haut, le ministère de la Solidarité les accompagne en moyens de production et en intrants, grâce à une collaboration avec celui de l’Agriculture. L’ambition est d’arriver à des projets structurants à travers des partenariats, selon Ollé Kam, Directeur Régional de la Famille et de la Solidarité du Guiriko.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7



