Burkina Faso : 70 chercheurs mobilisés par le CRE-FL et le PRSA-BF contre les pertes post-récolte dans la filière fruits et légumes

Le Centre régional d’excellence en fruits et légumes (CRE-FL), en collaboration avec le Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest au Burkina Faso (PRSA-BF), organise depuis ce 18 août 2026 à Ouagadougou un séminaire scientifique consacré aux travaux de 40 masterants et 30 doctorants.
Pendant deux jours, les jeunes chercheurs vont présenter et confronter leurs travaux autour de l’innovation scientifique, avec pour objectif de faire passer les résultats de la recherche des laboratoires aux champs.
Les travaux doivent notamment contribuer à améliorer la production de la mangue, de la tomate et de l’oignon, mais également les étapes qui suivent la récolte, jusqu’à la transformation. Cette approche vise à réduire les pertes, améliorer la productivité et, à terme, renforcer les revenus des différents acteurs.

Le Directeur général de l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA), Dr Dr Drissa Sereme, a insisté sur l’importance de l’investissement dans les ressources humaines. Selon lui, le partenariat entre le PRSA-BF, l’INERA et les autres acteurs de la recherche doit permettre de préparer une nouvelle génération capable de répondre aux défis agricoles du Burkina Faso et de la sous-région.
Dégradation des ressources naturelles, effets du changement climatique et nécessité de renforcer la souveraineté alimentaire constituent autant de défis auxquels la recherche doit apporter des réponses. Mais pour Dr Drissa Sérémé, aucune institution ne peut relever seule ces défis. « Face à de tels défis, la recherche seule ne permet pas de résoudre le problème. Il faut que nous nous unissions, que nous mutualisions nos moyens, et que nous formions un pont entre la génération académique actuelle que nous sommes et la génération à venir qui doit conduire l’avenir de notre recherche agricole, de notre production agricole », a-t-il expliqué.
Le séminaire constitue ainsi une étape pour examiner l’état d’avancement des travaux des jeunes chercheurs, recueillir les observations des experts et, lorsque cela est nécessaire, réorienter certaines recherches. L’objectif est également de favoriser l’aboutissement des travaux dans les délais. « Ce séminaire qui va durer deux jours n’est pas une simple formalité académique. C’est une vitrine d’excellence. Ça sera également un cadre pour évaluer l’état d’avancement des travaux de tous ces doctorants, en vue d’assurer naturellement la qualité scientifique à travers les échanges avec les experts, mais également avec les encadreurs respectifs », a déclaré Dr Drissa Sérémé.
Le PRSA veut des résultats directement utiles aux producteurs
Le PRSA-BF accompagne cette cohorte de 40 masterants et 30 doctorants. Pour le représentant du PRSA-BF, Parfait Nanéma, cette initiative doit permettre de rapprocher davantage la science des réalités vécues par les producteurs de fruits et légumes. « Le séminaire qui nous réunit aujourd’hui n’est pas simplement une rencontre académique. Il est un maillon essentiel pour transformer notre agriculture », a-t-il déclaré.
L’accompagnement repose notamment sur le financement des travaux de recherche, le renforcement des compétences des jeunes chercheurs en rédaction et communication scientifiques, la mise en relation avec les encadreurs et les acteurs des chaînes de valeur, ainsi que la valorisation et le transfert des résultats vers les producteurs.
L’ambition est donc que les connaissances produites dans le cadre de ces travaux débouchent sur des solutions concrètes pour les filières prioritaires. « Face aux crises climatiques et à la vulnérabilité des marchés, l’innovation scientifique reste notre meilleure arme pour bâtir une souveraineté alimentaire durable. C’est pourquoi le programme continuera de jouer pleinement son rôle de facilitateur et de moteur financier. J’exhorte l’ensemble des étudiants bénéficiaires et des encadreurs à faire preuve d’excellence et de pragmatisme dans la conduite de leurs travaux. Chaque donnée scientifique que vous produisez doit contribuer à sécuriser la production de la mangue, de la tomate et de l’oignon au profit de notre population », a déclaré le représentant du PRSA-BF aux chercheurs.
Donner de la visibilité aux travaux scientifiques
Pour sa part, le représentant du Délégué général du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), Charles Parkouda, a indiqué que les résultats scientifiques ne doivent pas rester confinés aux universités et aux centres de recherche. Leur valorisation doit permettre aux étudiants d’améliorer leurs perspectives professionnelles, mais aussi de renforcer la recherche nationale et son utilité pour la société, selon lui.
Il résume cet enjeu autour d’une « trilogie » reliant l’étudiant, la recherche nationale et la société. « Pour les étudiants, elle assure une reconnaissance académique et les pousse à perfectionner leurs compétences en rédaction et communication scientifiques, pour ouvrir ainsi la voie à des opportunités de collaboration et de carrière. Ces acquis individuels enrichissent directement la recherche nationale, produisent des innovations utiles et garantissent leur intégration durable dans les politiques publiques », a-t-il expliqué.
Le séminaire prévoit ainsi des communications scientifiques, des présentations par affiches, des échanges entre étudiants, encadreurs et experts ainsi qu’une conférence consacrée à la rédaction scientifique et à la valorisation des résultats.
Au-delà des deux journées de présentation, les organisateurs espèrent surtout que les recherches engagées contribueront à renforcer la productivité, les revenus des producteurs et la résilience des systèmes alimentaires. Pour l’INERA et le PRSA-BF, le véritable défi sera désormais de transformer les résultats scientifiques en innovations accessibles et utilisables sur le terrain.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7



