Mali : Les forces vives recommandent 5 ans de pouvoir renouvelables pour le Général d’Armée Assimi Goïta à compter de 2025

Ce mardi 29 avril 2025, le Centre International de Conférence de Bamako (CICB) a été témoin de la fin des travaux de la phase nationale de consultation des forces vives du pays et de la diaspora en lien avec le projet de modification de la charte des partis politiques. Organisée sous la présidence du Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, plusieurs recommandations ont été formulées lors de la conclusion de ces travaux, selon l’Office de Radio et de Télévision du Mali (ORTM).
La première série de recommandations prône la dissolution pure et simple de tous les partis politiques existants, suivie de la mise en place de critères beaucoup plus rigoureux pour toute nouvelle formation, dont un dépôt de caution de 100 millions de F CFA, une représentativité territoriale étendue (à travers les régions, cercles et le district de Bamako), ainsi qu’une limitation d’âge pour les dirigeants de partis (entre 25 et 75 ans). En outre, il est proposé d’interdire l’implication politique directe des chefs traditionnels, leaders religieux et membres influents de la société civile, et de supprimer le financement public des partis. Désormais, tout regroupement politique devra disposer d’une existence juridique formelle.
Concernant la relecture de la charte des partis politiques, les participants ont recommandé la suppression du statut de chef de file de l’opposition, estimé non essentiel. La loi n°2015-007 du 4 mars 2015, qui encadre ce statut, ainsi que son décret d’application, devraient être relus. Les ressources auparavant affectées à ce poste pourraient être réorientées vers des projets de développement. Par ailleurs, un audit des fonds alloués dans le passé a été suggéré.
La pratique du changement d’étiquette politique en cours de mandat, jugée néfaste à la stabilité des institutions, est appelée à être proscrite. Une extension de l’article 106 de la Constitution à l’ensemble des élus est souhaitée, assortie de sanctions disciplinaires à l’encontre des partis accueillant ces « élus nomades », comme l’inéligibilité de leurs membres aux postes électifs et nominatifs.
Parmi les propositions spécifiques, figure la recommandation d’ériger le Général d’Armée Assimi Goïta en président de la République pour un mandat renouvelable de cinq ans, à compter de 2025, conformément aux pratiques des autres pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Il est également préconisé de maintenir les organes de la transition jusqu’à l’instauration d’une paix durable, de suspendre tout processus électoral durant cette période, et de faire auditer le fichier électoral par une instance indépendante après la dissolution des partis politiques.
D’autres mesures visent à encadrer plus strictement la vie politique. Il s’agit de l’instauration d’un scrutin présidentiel à un seul tour, la fixation d’une caution de 250 millions de F CFA pour être candidat à la magistrature suprême, la réglementation du parrainage politique, l’autorisation préalable de toute manifestation à caractère politique, ainsi qu’une vigilance accrue sur les alliances jugées contre nature.
Les recommandations appellent aussi au respect de la parité et à une meilleure représentation des femmes et des jeunes au sein des structures politiques. Enfin, une commission de suivi devrait être mise en place afin de garantir l’application effective de l’ensemble de ces résolutions.
Dans son allocution de clôture, le Premier ministre du Mali a réaffirmé son engagement à transmettre ces recommandations au Chef de l’État, soulignant qu’elles constituent une feuille de route claire pour tourner la page des incertitudes politiques passées et engager le Mali sur la voie d’une gouvernance rénovée.
Éléonore Savadogo (Stagiaire)
Faso7



