Terrorisme au Burkina Faso : « Si le partenaire français était un partenaire sincère, on n’en serait pas là » (Jean Emmanuel Ouédraogo)

Au cours d’une émission diffusée sur la télévision nationale ce dimanche 27 août 2023, le ministre porte-parole du gouvernement, Jean Emmanuel Ouédraogo, a été invité à se prononcer sur le partenariat avec la France dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Dans une  information rendue publique le 24 août 2023, le ministre porte-parole du gouvernement du Burkina déclarait que la France « fait partie du problème sécuritaire du Burkina Faso ». Interrogé sur cette déclaration, Jean Emmanuel Ouédraogo a maintenu ses propos.

« Nous sommes convaincus d’une chose. Si le partenaire français était un partenaire sincère et dans une dynamique d’une aide transparente, énergique et engagée auprès du Burkina Faso, on n’en serait pas là. Pendant de longues années dans ce pays, on a vu, malgré la présence des forces françaises et de leurs capacités, que des hordes terroristes, de longues colonnes de terroristes attaquaient les localités du Burkina Faso. On n’avait aucune information », a laissé entendre le ministre.

Pour lui, les forces françaises n’ont « jamais » été engagées auprès des Forces de défense et de sécurité burkinabè.

« Aujourd’hui, quand on entend que c’est grâce à cet engagement que le Burkina Faso existe, on tombe des nues. (…) Nous sommes convaincus que si on s’était assumés bien plus tôt et qu’on avait pris les bonnes décisions, on n’en serait pas là aujourd’hui », a conclu Jean Emmanuel Ouédraogo.

Le 6 août 2023, à travers également un communiqué du ministère français en charge des Affaires étrangères, l’Etat français annonçait la suspension de son aide au développement au Burkina Faso, sans pour autant préciser les raisons de cette décision.

Interrogé sur la question. Jean Emmanuel Ouédraogo n’a pas tergiversé. « C’est un non-événement », a-t-il répondu.

Pour le ministre, « Le Pays des Hommes intègres » peut bien se porter sans l’aide française. Jean Emmanuel Ouédraogo dit fonder sa conviction sur le sursaut patriotique exprimé par les Burkinabè à travers par exemple la contribution à l’effort de guerre.

« Le président l’a dit, si 63 ans après une aide ne vous a pas permis de vous en passer, ça veut dire qu’à un certain moment, il faut vous assumer », a-t-il soutenu.

L’aide au développement française est censée financer des projets de développement. Cependant, selon le porte-parole du gouvernement, « on ne peut pas parler véritablement d’aide parce que, ce qui semble vous être donné de la main gauche est retiré au triple ou au quadruple de la main droite ».

A écouter le ministre porte-parole du gouvernement du Burkina Faso, si l’aide au développement n’était qu’une aide offerte avec beaucoup de sacrifice, sans contrepartie et arrière-pensée, comme le disent ses donateurs, ces donateurs en question ne devraient pas refuser de partir lorsque les bénéficiaires venaient à le leur demander.

Le Burkina Faso est dirigé depuis le 2 octobre 2022 par le Capitaine Ibrahim Traoré. Depuis son arrivée au pouvoir, des instructions ont été données pour que des conventions qui lient le Burkina Faso à ses partenaires soient analysées, renégociées et dénoncées, s’il le faut.

La dernière en date est la résiliation de la convention de concession de l’aéroport de Donsin. Quelques jours avant, le Burkina Faso avait également dénoncé la convention fiscale de la non double imposition avec la France.

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