FESPACO 2025 : « Kapital » du réalisateur burkinabè Simplice Gnanou dresse le contraste entre la conquête spatiale et les besoins essentiels des humains

Le court métrage Kapital, réalisé par Simplice Gnanou, auteur-réalisateur-documentaliste originaire du Burkina Faso, a été projeté le mercredi 26 février 2025 au Ciné Neerwaya. Ce film est en compétition pour le Prix Spécial Sécurité Alimentaire et Nutritionnel du Programme Alimentaire Mondiale (PAM).

Dans Kapital, on découvre un pan de la vie des populations sahéliennes où hommes, femmes et enfants y parcourent chaque jour de longues distances pour accéder à des sources d’eau naturelles, une quête essentielle à leur survie. Pendant ce temps, ailleurs dans le monde, les médias se concentrent sur les avancées technologiques et les rêves de conquête spatiale, laissant dans l’ombre des enjeux terrestres vitaux comme l’accès à l’eau, levier essentiel pour la sécurité alimentaire.

Le film aborde la question du manque d’eau au Sahel, une réalité qui contraste avec les ambitions spatiales des grandes puissances mondiales, comme les États-Unis et la Chine. Ces dernières investissent massivement dans l’exploration de la Lune et de Mars, avec pour objectif d’y établir une présence humaine et de profiter des opportunités des autres planètes.

Elle est une invitation à la réflexion pour davantage mettre la science au service de l’humain, selon le réalisateur Simplice Gnanou. « Je donne à penser aux poussées technologiques de l’humain et en même temps aux problèmes basiques auxquels nous sommes confrontés. Pendant qu’on est capables d’envoyer une sonde à des milliards de kilomètres pour une problématique d’eau, des gens peinent sur terre juste pour avoir de l’eau potable », a-t-il laissé entendre.

Ce film a été visionné par des spécialistes, dont Al Ibrahim Traoré, du Secrétariat Exécutif du Conseil National de Sécurité Alimentaire (SE-CNSA) et membre du jury du Prix Spécial Sécurité alimentaire et nutritionnel du Programme Alimentaire Mondial (PAM). Au-delà de ce qu’a expliqué le réalisateur, il a mis l’accent sur les conséquences néfastes de la science sur la nature, notamment la pollution. « Cette pollution a des conséquences dans un autre monde où les populations subissent », a-t-il déclaré.

Il urge donc de nos jours de faire un équilibre entre science et protection de l’environnement pour garantir l’avenir des prochaines générations, selon le conseiller en sécurité alimentaire.

Parlant de sécurité alimentaire, notons que ce film est en lice avec sept autres pour le Prix Spécial Sécurité alimentaire et nutritionel PAM lancé pour la première fois. On parle de réalisateurs du Burkina Faso, du Mali, de l’Éthiopie, de la Somalie, entre autres. « Nous avons des films qui nous ramènent à la sécurité alimentaire. Ça ne veut pas dire que ces films tournent uniquement autour de la thématique de la sécurité alimentaire, mais qu’ils posent des problématiques ou proposent des solutions concrètes pour l’améliorer », a déclaré Désiré Ouédraogo, chargé de la communication du PAM au Burkina Faso.

Notons que le jury est composé de représentants du PAM ainsi que des ministères en charge de l’Agriculture, de l’Éducation et de la Santé. Le lauréat de ce prix recevra une récompense de 2 millions de F CFA en plus du trophée.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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