Burkina Faso : West Africa Resources présente son rapport de développement durable avec un chiffre d’affaires de près de 610 milliards F CFA

Le groupe australien West Africa Resources (WAF) a présenté, ce 20 octobre 2026 à Ouagadougou, son rapport annuel de développement durable 2025, élaboré conformément aux normes de la Global Reporting Initiative (GRI) 2021. Ce document, déjà présenté dans les chefs-lieux des régions d’implantation des mines à Ziniaré, Manga et Tenkodogo, couvre les activités des trois filiales burkinabè du groupe : Sanbrado SA, Kiaka SA et Toega SA.
L’année 2025 a été marquée par deux événements majeurs pour WAF au Burkina Faso. La mine d’or de Kiaka, construite pour un montant de 447 millions de dollars, a enregistré sa première coulée d’or en juin 2025, avant d’entrer en production commerciale en juillet de la même année. Simultanément, les travaux de construction de la mine de Toega se sont poursuivis.
La production cumulée du groupe sur l’année 2025 s’est élevée à environ 9,657 tonnes d’or, pour un chiffre d’affaires de 609,66 milliards de F CFA. En ce qui concerne la mine de Sanbrado, les travaux d’exploitation ont permis d’identifier un potentiel d’extension de sa durée de vie.
Un groupe qui pèse lourd dans l’économie burkinabè
Christian Félix Ouédraogo, directeur des affaires corporatives de Kiaka SA et représentant du directeur national lors de la présentation, a détaillé les retombées économiques du groupe pour 2025. WAF a versé plus de 37 milliards de F CFA à ses employés sous forme de salaires et d’avantages, et a contribué à hauteur de 6,7 milliards de F CFA au Fonds minier de développement local (FMDL).
Les impôts et redevances versés à l’État burkinabè se sont élevés à 161 milliards de F CFA. La mine de Sanbrado a généré à elle seule 68 milliards de F CFA de retombées économiques nationales, contre 37 milliards pour Kiaka. Les initiatives communautaires ont représenté 3,3 milliards de F CFA, répartis notamment entre la santé (79 millions) et l’éducation (350 millions), conformément aux Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies.
Le groupe emploie directement 2 085 personnes, auxquelles s’ajoutent 1 236 emplois indirects via les sous-traitants, soit plus de 3 300 emplois au total. Les ressortissants burkinabè occupent 94 % des postes de l’ensemble du groupe, un taux que Christian Félix Ouédraogo projette déjà à 95 % pour 2026. Par ailleurs, 161 stages ont été attribués en 2025 au sein des trois mines. La part des femmes dans l’effectif total reste cependant faible, s’établissant à 12 %, avec des disparités selon les sites : Sanbrado affiche 18 %, tandis que Kiaka, encore en phase de démarrage, n’atteint que 8 à 10 %.
L’achat local, un levier encore à développer
Sur les 978 fournisseurs de biens et services avec lesquels le groupe a travaillé en 2025, 58 % sont burkinabè, et 75,4 % des dépenses totales ont été réalisées auprès de prestataires établis au Burkina Faso. Les achats locaux strictement communautaires ont atteint 1,9 milliard de F CFA à Sanbrado et 1,6 milliard à Toega. WAF a également formé 75 fournisseurs locaux aux exigences du secteur minier ainsi qu’aux dispositions du nouveau code du contenu local adopté en 2024.
Un programme de bourses scolaires, lancé en 2022, finance chaque année deux étudiants issus des zones d’implantation des mines (une fille et un garçon) dans les universités de leur choix. Le premier bénéficiaire de ce programme a achevé ses études en géologie et a été recruté au sein de la mine de Sanbrado. La gestion communautaire des déchets non contaminés a par ailleurs permis aux communautés riveraines de générer plus de 104 millions de F CFA en 2025 grâce à leur traitement.

Le représentant du ministre chargé des Mines, Alexis Dakio, a salué la démarche de WAF, premier groupe minier opérant au Burkina Faso à se soumettre à un tel exercice de reddition publique de comptes. Il a toutefois formulé des réserves quant à la part des postes de responsabilité occupés par des cadres nationaux, jugée insuffisante.
En effet, les postes de direction occupés par des employés nationaux se situent à plus de 10 % pour Toega, en phase de construction, 20 % pour Kiaka et plus de 50 % pour Sanbrado, en production depuis 6 ans.
« Notre ambition, c’est de veiller à ce que l’exploitation des ressources minières contribue à l’amélioration des conditions de vie des populations et contribue de façon significative au développement économique du pays. Ce secteur doit être le levier de la croissance économique et créer des emplois décents au profit de la jeunesse », a-t-il déclaré. Il a précisé que l’État dispose de ses propres outils d’évaluation de la contribution de chaque mine et que le rapport sera analysé en détail avant tout avis officiel.
La publication d’un rapport de développement durable conforme aux normes internationales s’apparente aussi à un signal envoyé au gouvernement burkinabè sur la volonté du groupe de s’inscrire dans une relation de long terme avec le pays.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7



