Thèse de doctorat en Géographie : Yasmina Yabré/Tega met en lumière le potentiel de l’agroécologie et décroche la mention très honorable

Soutenue ce samedi 20 décembre 2025 à l’Université Joseph Ki-Zerbo, la thèse de doctorat en Géographie de Dr Yasmina Yabré/Tega met en exergue le rôle central de l’agroécologie dans la réponse aux défis alimentaires et environnementaux du Burkina Faso. Sanctionnée par la mention très honorable, cette recherche démontre que les pratiques agroécologiques, loin d’être nouvelles, constituent un socle ancien sur lequel repose aujourd’hui une transition agricole plus résiliente.
Intitulée « Analyse du potentiel d’adaptation des innovations agroécologiques au Nord du Burkina Faso », l’étude révèle que les producteurs burkinabè appliquent depuis plusieurs générations des techniques agroécologiques adaptées à leur environnement. « Ces pratiques existent depuis au moins un siècle. Les projets et programmes viennent surtout renforcer ce que les producteurs font déjà, afin de les aider à mieux faire face aux changements climatiques », a expliqué la chercheuse lors de sa soutenance.
Depuis les années 1960, l’agriculture occupe une place stratégique dans les politiques publiques du Burkina Faso. Toutefois, malgré les efforts déployés pour améliorer la gestion durable des ressources naturelles et la fertilité des sols, le secteur, qui emploie près de 80 % de la population active, peine encore à garantir une sécurité alimentaire durable. Les effets conjugués du changement climatique, de la dégradation des terres et des pressions socio-économiques continuent de fragiliser les systèmes de production.
C’est dans ce contexte que l’agroécologie s’impose progressivement comme une alternative crédible. Les travaux de Dr Yasmina Yabré/Tega, conduits dans les communes rurales de Korsimoro, dans le Centre-Nord, et d’Arbollé, dans le Nord, mettent en évidence d’importantes transformations du paysage entre 1980 et 2020, caractérisées par une régression marquée de la savane arborée et une augmentation significative des superficies cultivées.
Face à cette dynamique, les ménages agricoles perçoivent largement les pratiques agroécologiques comme des solutions efficaces. Jachère, compostage, rotation et association des cultures, cultures fourragères ou utilisation de semences améliorées contribuent à la restauration des sols et à la régénération du couvert végétal. Pour la chercheuse, cette thèse vise également à sensibiliser l’opinion publique sur l’existence et la pertinence de l’agroécologie au Burkina Faso, soutenue par des producteurs engagés et des politiques publiques favorables.
Les résultats soulignent enfin que la présence d’organisations locales dynamiques, d’agriculteurs leaders et de marchés favorables renforce l’adoption des innovations agroécologiques. Dr Yasmina Yabré/Tega plaide toutefois pour un accompagnement public renforcé, notamment à travers l’accès aux semences, aux intrants naturels, à une mécanisation adaptée et à des formations continues, afin de consolider durablement la transition agroécologique et l’autosuffisance alimentaire du pays.
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