Burkina Faso : L’UEMOA lance les activités régionales de la 7e édition du « Mois du consommer local »

La Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a lancé, ce 1er octobre 2026 à Ouagadougou, les activités régionales de la 7ᵉ édition du « Mois d’octobre, mois du consommer local », qui se déroulera dans les États membres. Placée sous la présidence du président de la Commission de l’UEMOA, cette édition est placée sous le thème : « Consommer local, facteur d’intégration régionale et de souveraineté économique de l’UEMOA face aux mutations du commerce mondial ».
C’est le 25 octobre 2019 que le « Mois d’octobre, Mois du consommer local » a été institué par la réunion des ministres chargés du Commerce des États membres de l’Union. À travers cette initiative, ils cherchaient à promouvoir les biens et services de l’espace UEMOA et à soutenir le développement des activités productives. Il s’agit ainsi de créer plus de valeur ajoutée, tout en attirant les investissements pour générer des emplois et des revenus au bénéfice des populations de l’Union.
Le Pr Filiga Michel Sawadogo, représentant du président de la commission de l’UEMOA, a, dans son allocution, souligné que cette édition a été organisée en tenant compte du contexte sous-régional et international. Le monde est notamment marqué entre autres par la multiplication des barrières tarifaires et non tarifaires et la réduction des facilités d’accès aux marchés. Il a fait savoir aussi que le privilège accordé à certains pays tend à mettre à mal les économies.

Face à ces mutations, il a attiré l’attention de l’Union sur la nécessité de repenser son espace économique. Ces défis trouvent des solutions dans le Plan stratégique 2025-2030 de la Commission. Par ailleurs, de 2022 à 2024, les échanges intracommunautaires ont représenté en moyenne 13,1 % du commerce total de marchandises de l’Union. Cela signifie que près de 87 % des échanges des pays membres de l’union s’effectuent avec des partenaires extérieurs à l’UEMOA. Cet état de fait révèle que les échanges entre les huit États membres restent assez faibles, d’où la nécessité de renforcer la souveraineté économique, selon lui.
« La souveraineté économique que nous visons consiste à produire, transformer et échanger davantage entre nous, ce que promeut le Consommer local, pour aborder le monde en position de choix plutôt que de dépendance. C’est pourquoi la Commission a fait le choix de la compétitivité plutôt que celui des barrières commerciales. Notre ambition est de faire du Made in UEMOA une marque de confiance, de qualité, de sécurité et de compétitivité, reconnue par nos propres populations, mais aussi par les consommateurs internationaux », a-t-il indiqué.
Le représentant de la présidente de la chambre consulaire régionale, Augustin Bambara, a souligné que l’UEMOA constitue un marché d’environ 152 millions d’habitants. Sa croissance économique, estimée à 6,5 % en 2025, devrait rester soutenue en 2026, selon lui. Par contre, l’inflation a une moyenne de 0,0 % en 2025 et devrait se situer autour de 1,6 % en 2026. Il a expliqué que les entreprises doivent œuvrer à transformer les atouts économiques en opportunités. Cela implique la transformation de l’espace en un marché d’opportunités, propice aux débouchés, à l’approvisionnement et aux investissements.

Le représentant du ministre chargé du Commerce, Raoul Tiéné, a ajouté que l’initiative s’inscrit en droite ligne des orientations du Burkina Faso. Selon lui, le pays a renforcé le développement des petites, moyennes et grandes industries manufacturières, notamment à travers la mise en place d’unités de transformation de la tomate locale et de l’anacarde, ainsi que des usines telles que BRAFASO et TEXFORCES-BF.
« Ces investissements ne trouveront leur pleine valeur que si leurs produits sont connus et consommés, au Burkina Faso comme dans les autres pays de l’Union. C’est pourquoi le Burkina Faso continuera de soutenir toute action qui construit une économie régionale solide, appuyée sur les ressources de la région, sur le génie de ses entrepreneurs et sur la mobilisation des femmes et des jeunes, acteurs déterminants de l’avenir de notre espace économique », a-t-il indiqué.
Le programme de cette 7ᵉ édition prévoit notamment une conférence sur le thème de l’édition, le 2 octobre, une exposition-vente ainsi qu’une cérémonie de remise des prix du mérite.
Cheick Habib Désiré BAYILI
Faso7



