Bobo-Dioulasso : Un greffier en chef poursuivi pour escroquerie et usurpation de titre

Un greffier en chef nommé A.T. a été à la barre le vendredi 25 février 2022 à la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso. En fonction au TGI de Dédougou, il est poursuivi pour escroquerie et usurpation de titre à l’encontre d’un individu appelé P.B, rapporte le quotidien d’Etat Sidwaya.

L’affaire remonte à décembre 2021, date à laquelle G.B., frère de P.B., a été déposé à la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso (MACB) pour défaut de permis de conduire et destruction involontaire de bien, après un accident dont il y est impliqué.

En effet, selon le procureur du Faso, P.B. a approché  A.T., greffier en chef, et lui a demandé ses services dans le cadre du dossier de son frère. P.B. a déclaré à la barre que A.T. s’est fait passer tantôt pour un juge, tantôt pour un procureur général à Dédougou « coiffant » ses collègues de Bobo-Dioulasso, rapporte Sidwaya. « Il a dit que le substitut du procureur en charge de l’affaire est son bon petit et séance tenante, a tenté de l’appeler en vain devant moi», a-t-il affirmé.

A l’issue du procès, G.B. a été condamné avec sursis et à une amende ferme. Le procureur du Faso a fait savoir qu’après la libération de G.B, A.T. aurait fait croire à P.B., frère de G.B., qu’ « il a pesé de tout son poids, aussi bien sur le substitut du procureur en charge du dossier que sur la composition du tribunal pour avoir le sursis de son frère ».

Après, A.T. aurait demandé à P.B. de « gérer ses fêtes » et se sont entendus sur la somme de 75 000 FCFA. Ainsi, P.B. a versé 60 000 FCFA en trois tranches. Mais à la barre, A.T. a nié les faits car, dit-il, il s’agissait de rendre service à un jeune frère du quartier en le référant à un collègue qui est le substitut du procureur, pour un renseignement sur la date du procès.

Finalement, A.T. a reconnu avoir reçu les 60.000 FCFA mais selon lui, il s’agit d’une aide. Par ailleurs, son conseil a soulevé une contradiction entre les propos de P.B. à la barre et ceux en enquête préliminaire.

Les avocats du prévenu ont fait savoir que les infractions contre leur client sont inexistantes car pour eux, il manque de support matériel à l’usurpation de titre. Ils ont donc plaidé pour qu’il soit reconnu non coupable pour tous les faits qui lui sont reproché.

Quant à A.T., le parquet a demandé de le reconnaitre coupable pour les faits d’escroquerie et d’usurpation de fonction. Il a trouvé que la tentative d’escroquerie n’était pas constituée, d’où sa requête de 24 mois de prison et 1 000.000 FCFA d’amende, le tout ferme.

Le dossier a été mis en délibéré pour le 11 mars 2022, rapporte toujours Sidwaya.

Elisée SOME

Faso7

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