Burkina Faso : 124 % de couverture céréalière atteints grâce à l’Offensive agropastorale

Le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources Animales et Halieutiques a présenté, ce 31 juillet 2026, le bilan de la mise en œuvre de l’Offensive agro-pastorale et halieutique couvrant la période 2023-2025. Cette stratégie a permis une augmentation historique des volumes de production dans toutes les filières, qu’il s’agisse du riz, du maïs, de l’élevage ou de la pêche. Cette performance repose sur un encadrement étatique renforcé, un contrôle des prix sur les marchés et un taux de couverture des besoins céréaliers du pays qui atteint désormais 124 %.

En matière d’aménagement des terres, les réalisations comprennent 11 774 hectares de périmètres irrigués aménagés ou réhabilités, ainsi que 41 275 hectares de bas-fonds, dont 25 031 hectares ont été traités selon l’approche communautaire. Par ailleurs, 120 158 hectares ont été labourés gratuitement ou à prix subventionné au profit des producteurs, et 485 forages à gros débit ont été forés.

L’effort d’équipement s’est traduit par la mise à disposition de 1 261 tracteurs, 1 235 motoculteurs, 1 072 matériels de récolte et de post-récolte, 777 semoirs, 1 880 motopompes et 1 545 cages flottantes pour la pisciculture. Pour le transport et le stockage, 37 engins de transport et 418 infrastructures de stockage ont été acquis ou bâtis. Côté transformation et conservation, on dénombre 63 unités de transformation, 398 unités ou kits d’étuvage de riz, 11 chambres froides et une unité de surgélation de poisson.

Intensification des investissements

Concernant les intrants, le bilan fait état de 160 560 tonnes d’engrais minéraux, dont 70 000 tonnes ont été livrées en 2025 seulement. S’ajoutent 10 665 tonnes de fumure organique, 30 328 tonnes de semences de céréales hors blé, 404 tonnes de semences de blé et 1 771 tonnes de semences de pomme de terre. Les intrants fourragers et alimentaires ne sont pas en reste avec 2 067 tonnes de semences fourragères, 24 684 tonnes d’aliments pour le bétail, 7 825 tonnes pour la volaille et 4 362 tonnes pour les poissons, sans oublier 160,6 millions d’alevins et 87 588 litres de produits phytosanitaires.

« Pour ce qui est des investissements, l’Offensive agropastorale et halieutique a été le cadre pour nous d’intensifier les investissements dans le domaine agropastoral et halieutique. C’est vraiment des niveaux d’investissement jamais atteints dans notre pays qui ont été réalisés dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique », a indiqué Amos Kiénou, Secrétaire technique de l’Offensive agropastorale et halieutique

La lutte contre les épizooties a également mobilisé des moyens considérables. Plus de 9,6 millions de bovins ont été vaccinés contre la péripneumonie contagieuse bovine, plus de 9,2 millions de petits ruminants contre la peste et près de 50 millions de volailles contre la maladie de Newcastle. Par ailleurs, 2,8 millions de petits ruminants ont été protégés contre la pasteurellose et 2,5 millions de poissons contre la streptococcose.

Dans le domaine de l’amélioration génétique, 15 912 vaches ont été inséminées, tandis que la contribution du producteur pour cet acte est passée de 50 000 à seulement 5 000 francs CFA. Par ailleurs, 710 vaches gestantes de race performante ont été directement confiées aux éleveurs. En zone pastorale, la reconstitution du cheptel s’est matérialisée par 10 forages, 14 aménagements hydro-agricoles, 11 parcs de vaccination et 3 magasins de stockage de produits vétérinaires, ainsi que par la réhabilitation de 470 hectares de terres dégradées et l’installation de 220 hectares de cultures fourragères.

Sur le plan quantitatif, cette dynamique a permis d’atteindre des volumes de production très significatifs. La production céréalière totale dépasse 7,142 millions de tonnes, dont plus d’un million de tonnes de riz paddy et plus de 2,686 millions de tonnes de maïs. La filière piscicole enregistre plus de 58 000 tonnes, tandis que l’aviculture compte plus de 1,8 million de têtes et la pomme de terre plus de 51 000 tonnes.

Selon Amos Kiénou, les réformes institutionnelles ont accompagné ces avancées, notamment la création d’organismes spécialisés pour l’approvisionnement en engrais, la gestion des barrages, les produits vétérinaires, la génétique animale ainsi que pour l’alimentation du bétail et des poissons.

Réformes institutionnelles

Par ailleurs, Amos Kiénou a souligné que la restructuration de la SONAGESS a permis de collecter plus de 300 000 tonnes de céréales, stabilisant ainsi les prix en période de soudure et garantissant l’achat des récoltes locales.

« Nous avons vraiment constaté une forte volonté politique des plus hautes autorités du pays de faire de l’agriculture le levier majeur de la transformation structurelle de notre économie. C’est l’occasion pour nous de remercier du fond du cœur les premiers responsables, notamment le camarade Capitaine Ibrahim Traoré, qui a mis tous les moyens à disposition de l’Offensive agropastorale pour lui permettre d’atteindre ses objectifs », a-t-il déclaré.

Notons que les réformes institutionnelles et l’accompagnement des producteurs reposent en grande partie sur la création de plusieurs organismes spécialisés. L’État a ainsi mis en place des structures dédiées à l’approvisionnement en engrais avec la SOBIMAP, à la gestion des barrages avec l’ONBAH et aux soins vétérinaires avec le CAMVET. Parallèlement, des entités spécifiques ont été créées pour l’amélioration génétique animale avec la CPAMAP, ainsi que pour la production d’aliments pour le bétail et la pisciculture avec Faso Guulgo.

Lazard KOLA

Faso7

Waongo KOLA

Waongo KOLA est un journaliste burkinabè ayant pour domaine de prédilection les sujets de société, d'économie, de politique et de santé.

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