Faux Faso Dan Fani et fil contrefait : EDEC-Burkina/Afrique en croisade dans les marchés et Yaar de Ouagadougou

Dans les lieux de commerce à Ouagadougou, il n’est pas rare de faire face à des faux tissus de Faso Dan Fani ou de fil contrefait. Face à cette recrudescence et à l’ignorance des clients, l’association Éduquer pour développer-éveil de conscience (EDEC-Burkina/Afrique), a initié ce samedi 31 août 2024, une caravane de sensibilisation dans plusieurs marchés et yarr de la capitale.
Au rond-point de la jeunesse de Tampouy, au marché du 10 yarr ou encore au grand marché de Ouagadougou, la caravane croisade de lutte contre le faux Faso Dan Fani et du fil contrefait a livré le même message, celui du « consommons ce que nous produisons et produisons ce que nous consommons ». A chaque arrêt, les commerçants, les transformateurs et aussi les consommateurs sont interpellés sur la nécessité du « Consommons local ».
Ce qui suscite un tel engouement, Abdoulaye Koanda, président de EDEC-Burkina/ Afrique a fait savoir qu’actuellement, le marché est inondé du faux Faso dan fani et du fil contrefait. De ce fait, il dit trouver nécessaire d’attirer l’attention de tous les acteurs du secteur, notamment les citoyens lambda. Pour lui, importer du faux Faso dan fani ne fera que porter un coup à l’économie du « Pays des hommes intègres ».
« Il y a des millions de tisseuses au Burkina Faso qui vivent du fil. Donc, si toutefois, on importe du fil contrefait et qu’on importe du faux Faso dan fani, vous voyez que ça va tuer l’emploi de ces femmes qui sont à la maison », s’est offusqué Abdoulaye Koanda.
Cependant, des difficultés subsistent dans la distinction entre le vrai et le faux Faso dan fani. A ce niveau, celui qui fait de la culture vestimentaire son cheval de bataille, a donné plusieurs instructions. Le premier aspect de distinction se fait déjà au toucher. Contrairement au pagne usurpé, le Faso dan fani 100 % Burkinabè est mou, moins rugueux et plus souple au touché, a-t-il fait remarquer. L’autre différenciation consiste à brûler les fils qui composent les deux types de pagnes.
On enlève le fil du Faso dan fani original et quand on le brûle et on essaie d’éteindre, c’est de la cendre. C’est noir et ça ne colle pas à la main.
« On enlève le fil du Faso dan fani original et quand on le brûle et on essaie d’éteindre, c’est de la cendre. C’est noir et ça ne colle pas à la main. Alors que si c’est du fil contrefait, lorsqu’on le brûle et on veut éteindre, c’est comme du caoutchouc. Pour éviter d’être dupé, il faut insister sur le fait que vous voulez du fil 100 % Burkinabè », a-t-il conseillé.
L’autre objectif derrière cette sensibilisation, c’est de promouvoir le pagne tissé qui est l’identité culturelle vestimentaire des Burkinabè, a poursuivi le président de EDEC-Burkina/ Afrique. Au-delà de l’identité culturelle, il a évoqué les bienfaits du coton sur la santé.
Abdoulaye Koanda et sa caravane veulent ainsi contribuer à développer davantage la filière coton. Pour eux, il est possible de faire du Burkina Faso une référence en matière de production de Faso dan fani à travers les usines qui sont en développement.
Cheick Habib Désiré BAYILI
Faso7



