Burkina Faso : Le Capitaine Ibrahim Traoré échange avec des veuves et des orphelins des Forces combattantes

Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré a échangé, ce jeudi 13 mars 2025, à Ouagadougou, avec les veuves et les orphelins des forces combattantes. Entre autres préoccupations, les veuves ont relevé l’autonomisation de la femme, l’insertion des pupilles de la nation après les études et la prise en charge psychologique des veuves et des orphelins.
« Perdre un père est une étape douloureuse, mais avec votre engagement pour les orphelins des FDS tombées, nous voulons vous remercier ». C’est à travers cette phrase que Mariam Sanou, âgée de 13 ans et élève en classe de 4ᵉ, s’est adressée au Président du Faso au nom de ses camarades orphelins des forces combattants.
A sa suite, trois veuves ont décliné les préoccupations de l’ensemble des veuves au Chef de l’État. Balguissa Sigué a présenté deux points. Il s’agit en premier de l’autonomisation de la femme. « Tout le monde sait que lorsqu’on perd son mari, on se retrouve seule pour la charge des enfants et c’est encore plus difficile lorsqu’on n’a pas un revenu à la fin du mois », a-t-elle dit.
Elle a souhaité l’organisation des tests de recrutement parallèles pour le recrutement des femmes qui sont passées par les écoles professionnelles et l’instauration d’un quota au niveau des examens et concours pour celles qui ont des diplômes académiques.
L’application effective de la délégation de solde
Pour les veuves qui sont dans les centres de formation, notamment, la cuisine, coiffure, la couture, la teinture, dame Balguissa Sigué a demandé leur installation et leur accompagnement, avec un suivi après la formation.
Tout en souhaitant la mise en place d’un crédit pour les veuves entrepreneures, elle a aussi ajouté la création de plus de centres pour prendre en compte les autres veuves dans les régions.
L’application effective de la délégation de solde a aussi été relevée afin de permettre d’assurer une bonne éducation des enfants. « Depuis longtemps, on a entendu dire que la femme des FDS perçoit à la fin du mois le salaire de leur mari. Et nous, on vous informe que cela n’est pas encore effectif », a-t-elle demandé.
Facilitation de l’insertion des pupilles de la nation
À sa suite, Zainata Sanfo a évoqué l’uniformisation, voire l’harmonisation des différents décrets portant indemnisation des forces de défense et de sécurité en tenant compte du contexte, la reconnaissance du statut de concubinage lors de la prise en charge des ayants droit, la facilitation des modalités d’accès aux logements sociaux au profit des veuves et orphelins et la célérité dans le traitement des dossiers d’indemnisation.
Pour conclure, Raissa Rosine Zagre a souhaité la facilitation de l’insertion des pupilles de la nation après les études, la prise en charge psychologique des veuves et des orphelins ainsi que la réinsertion des orphelins déscolarisés.
A son tour, le Président du Faso qui a noté que cette rencontre est la première depuis le début du terrorisme, a assuré les veuves et les orphelins que le gouvernement réfléchit constamment à trouver des moyens pour mieux prendre soin d’eux afin que la douleur de la perte de leurs époux et de leurs pères soit apaisée.
Les réponses du président du Faso
Il a apporté des réponses aux doléances de ces veuves en indiquant la mise à disposition et mise en œuvre d’un fichier avec les données fiables des veuves et orphelins.
« Vous avez parlé tout à l’heure d’augmenter les centres de formation. Nous avons compris, mais il faut dire que le fichier viendra nous donner l’ampleur de la situation et nous permettre de prendre les mesures idoines », a soutenu le président du Faso tout en indiquant que l’ASVOVIG agit dans ce sens.
S’agissant de la demande des veuves en lien avec la mise en place d’une faîtière qui regroupe toutes les veuves des forces combattantes, le Capitaine Ibrahim Traoré, s’est réjoui. Sur les préoccupations, il a noté que les réflexions sont déjà en cours.
« Vous serez prioritaires dans tous les marchés »
« Avec tout ce que vous avez dit, je peux vous dire quelque chose. Nous sommes dans une dynamique de pouvoir vous insérer au fur et à mesure, que ce soient celles qui ont les diplômes, celles qui n’en ont pas. Celles qui bénéficient des formations en couture, en saponification, en restauration, nous sommes en train de restructurer pour vous des fonds au nouveau du gouvernement », a-t-il rassuré.
« Celles qui produisent du savon, il ne s’agit pas de produire. Souvent, la vente aussi devient compliquée. Nous avons entrepris avec le Premier ministre pour que notre administration puisse consommer ce que nous transformons sur place. Instruction a été ou sera donnée pour qu’à travers la faîtière, nous puissions consommer ce que vous allez pouvoir transformer. Vous serez prioritaires dans tous les marchés qui seront passés au niveau de toutes les administrations du Burkina Faso », a-t-il précisé.
Des écoles pour la prise en charge gratuite des pupilles
Le Capitaine Ibrahim Traoré a également laissé entendre que dans le cadre de l’initiative agricole, une partie est dédiée aux militaires. « Nous sommes en train de former les FDS à produire. Qui va transformer la production ? C’est vous et nous allons mettre des unités industrielles sur place pour que vous puissiez travailler dans ces unités et pouvoir transformer ce que les militaires vont produire », a noté le Président du Faso qui a ajouté que des initiatives sont prises pour employer les veuves de façon convenable et saine.
D’autres réponses ont par ailleurs été données, dont celles concernant le dossier des pupilles de la nation. Le Chef de l’État a précisé que des réflexions sont en cours pour la construction des écoles pour la prise en charge gratuite des pupilles.
Il faut rappeler que cet échange entre le président du Faso et les veuves et orphelins des FDS a eu lieu à l’occasion de la conférence pour l’amélioration de la prise en charge des veuves et orphelins des Forces combattantes, organisée par l’Agence de soutien aux veuves, orphelins et victimes de Guerre (ASVOVIG).



