Litige foncier à Ouagadougou : Les populations de Yamtenga crient à l’injustice

La Coalition des Associations de la Défense du Droit au Logement (CADL) a tenu un point presse ce mardi 19 décembre 2023 pour réclamer l’arrêt du déguerpissement de la population de Yamtenga, un quartier périphérique de Ouagadougou. Pour eux, les populations recensées lors de l’opération d’attribution des parcelles de 2003 n’ont pas bénéficié des parcelles. Pire, elles font l’objet de persécution par les promoteurs immobiliers.

« Les populations de Yamtenga ne bougeront pas. Nous sommes sur ces terres depuis plus d’une trentaine d’années pour certains. Nous avons été recensés, mais n’avons jamais reçu nos parcelles. Et c’est nous qui faisons l’objet de déguerpissement », s’est exclamé Yakoubou Kéré, membres du CADL, porte-parole des résidents de Yamtenga. Pour lui, soit toutes les populations, sont relogées dans une autre zone, chacune avec leurs parcelles ou alors personne ne quitte Yamtenga.

« Dans cette affaire, nous avons été lésés », estime-t-il. Tout est parti de l’opération d’attribution des parcelles en 2003. Lors de cette opération, Yakoubou Kéré a expliqué que les propriétaires terriens autochtones résidents ont été recensés, mais au moment de l’attribution des parcelles, ils n’en ont pas bénéficié.

Ainsi, depuis plusieurs années, les résidents autochtones de Yamtenga font l’objet de déguerpissement à la fois par les promoteurs immobiliers et par les attributaires individuelles, a fait savoir Yakoubou Kéré. « Nos multiples démarches engagées pour l’apurement du passif foncier, dans un esprit pacifique et de recherche pacifique et de recherche d’un règlement à l’amiable de ce litige sont restées sans suite », a indiqué YakoubouKéré.

Concernant la zone de l’école Buud Yam, l’espace a été acquis pour en faire une école, mais à la grande surprise des résidents, le promoteur s’est vu attribuer un espace plus grand et a sommé les populations de s’en aller, idem pour l’espace du mouvement sunnite qui ne devait servir qu’à l’édification d’une école coranique et d’une mosquée.

« Nos démarches auprès de l’autorité locale de l’arrondissement 11 pour ramener la quiétude dans les quartiers sont restées vaines. Nous avons fait l’objet de poursuites judiciaires, d’assignation à comparaître en témoigne le cas du mouvement sunnite et de celui du promoteur immobilier », a déclaré Yakoubou Kéré. Les populations de Yamtenga ont appelé à l’intervention du ministère chargé de l’urbanisme et du ministère en charge de l’administration territoriale pour une résolution du litige.

Présent à la conférence, Faso7 a tenté d’avoir la version du promoteur immobilier, mais celui-ci n’a pas voulu faire de commentaire, estimant qu’une plainte a été déposée en justice et que l’affaire est en train d’être traitée. Pour lui, l’acquisition des terres a été licite et il n’y a pas de commentaires à faire à ce sujet.

Faso7

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