Affaire communauté musulmane du New Jersey : Le verdict est tombé pour Abdoul-Aziz Amaran Werème

L’affaire opposant le ministère public à Abdoul-Aziz Amaran Werème a connu son épilogue ce vendredi 27 février 2026. Poursuivi pour abus de confiance, le prévenu a été condamné à 12 mois d’emprisonnement et à une amende de 500 000 F CFA, le tout assorti du sursis. Il recouvre ainsi sa liberté.

C’est la fin d’un dossier qui aura fait couler beaucoup d’encre et de salive. Le Tribunal de grande instance Ouaga II a rendu son verdict dans cette affaire très suivie.

À l’appel du dossier, Abdoul-Aziz Amaran Werème a déclaré ne pas reconnaître les faits qui lui sont reprochés. Invité par le juge à s’expliquer, il a qualifié le dossier « d’affaire dans une affaire ». Selon ses déclarations, il a effectué un transfert de 63 000 dollars américains (environ 34 millions de F CFA) depuis le compte bancaire de la Communauté musulmane des ressortissants burkinabè du New Jersey, dont il est le secrétaire général et trésorier, afin de régler une autre affaire.

Il a toutefois indiqué qu’il comptait rembourser la somme une fois le premier dossier réglé et après son retour aux États-Unis. Interrogé par le juge sur l’existence d’un accord préalable de la communauté, il a répondu par la négative, expliquant qu’il n’avait pas accès à ses téléphones pour informer les autres membres.

Le prévenu a également précisé qu’il savait qu’un courriel serait envoyé à quatre personnes, dont lui-même, après la transaction. C’est ainsi, selon lui, que les membres de la communauté ont été informés du transfert des fonds.

Présents au Burkina Faso pour leurs vacances, le président de l’association et d’autres membres ont porté plainte pour abus de confiance. La plainte a toutefois été retirée après restitution intégrale des fonds.

Le président du tribunal a rappelé au prévenu qu’il n’était pas l’unique bénéficiaire du compte bancaire et qu’il ne pouvait en disposer à sa guise. « Je n’ai jamais utilisé l’argent », a rétorqué Abdoul-Aziz Amaran Werème.

Les échanges avec le parquet ont été particulièrement intenses. Le procureur s’est dit étonné de voir le prévenu nier les faits. Selon lui, ce dernier a tenté de « commettre une infraction pour réparer une autre infraction », une situation qu’il a jugée inacceptable.

Un autre point saillant des débats a concerné le rôle de l’Officier de police judiciaire (OPJ). Alors que le procureur a salué son professionnalisme, le prévenu et son conseil ont affirmé que l’OPJ aurait facilité le transfert en lui donnant accès à ses téléphones.

Prenant la parole, Me Adama Conombo a également exprimé son incompréhension face à la position du parquet. « Le parquet m’a dit qu’on ne va pas le poursuivre », a-t-il affirmé, dénonçant ce qu’il considère comme un « coup bas ».

À l’issue des débats, le ministère public a requis 24 mois de prison et 3 millions de F CFA d’amende, le tout ferme, estimant qu’il ne fallait pas donner l’impression que l’on peut commettre une infraction pour se sortir d’une situation difficile.

Finalement, le tribunal a déclaré Abdoul-Aziz Amaran Werème coupable des faits d’abus de confiance et l’a condamné à 12 mois d’emprisonnement et 500 000 F CFA d’amende, le tout assorti du sursis.

Faso7

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