Délestages au Burkina Faso : « Nous déployons tous les efforts » (Souleymane Ouédraogo, DG de la SONABEL)

Présent sur le plateu de la télévision nationale ce mercredi 3 avril 2024, le directeur général de la Société Nationale d’Électricité du Burkina (SONABEL), Souleymane Ouédraogo, s’est largement prononcé sur les raisons des délestages intempestifs que vivent les Burkinabè depuis la fin du mois de mars 2024.
La situation que traverse la SONABEL et dont les conséquences se font sentir au niveau des populations est liée au fait que les investissements au niveau de la SONABEL n’ont pas suivi avec le temps.
« Il y a un déficit important en matière d’investissement dans le secteur. Entre 2011 et 2024, la puissance additionnelle demandée par les clients de la SONABEL est estimée à (…) de 500 mégawatts. Sur cette même durée, les investissements qui ont été réalisés pour accroître la puissance ont permis de mobiliser 222 mégawatts. Donc nous avons un gap énorme entre les besoins de l’économie burkinabè et ce qui a été réalisé comme investissement. (…) Le rythme de réalisation des investissements n’a pas suivi le rythme de l’augmentation de la demande », a soutenu le DG de la SONABEL.
En plus de la faiblesse de la puissance interne de la SONABEL, il existe aussi des partenaires de la SONABEL dont le Ghana qui n’arrivent pas à respecter leurs engagements en termes de fourniture d’électricité au Burkina Faso.
« Nous avons également notre plus gros fournisseur qui est basé au Ghana qui nous fournit autour de 200 mégawatts. Comme vous le savez, nous avons eu des difficultés avec ce fournisseur le 26 mars 2024 (…) où ce fournisseur par manque de gaz et à la suite d’une perte importante d’une unité majeure qui rationné drastiquement sa fourniture d’électricité au Burkina Faso. Sans ce fournisseur, il est extrêmement difficile de pouvoir couvrir correctement la demande« , a expliqué Souleymane Ouédraogo.
A en coire le Directeur général, cette situation affecté plusieurs pays de la sous-région africaine.
« Il ne s’agit pas d’un rationnement destiné uniquement au Burkina Faso. Il faut dire que depuis le mois de février, toute la région ouest africaine, notamment le Nigeria, le Togo, le Bénin et le Ghana ont des difficultés d’approvisionnement en gaz dues à des travaux de maintenance des installations au Nigéria. Du coup, l’insuffisance de gaz fait que tous les producteurs basés dans ces pays ont des difficultés pour générer suffisamment d’électricité pour leur consommation interne d’abord mais également pour pouvoir transmettre aux partenaires », soutient Souleymane Ouédraogo.
La survenance de cette situation avec son partenaire ghanéen conforte la SONABEL dans son idée selon laquelle elle doit investir dans les infrastructures interne pour pouvoir satisfaire la demande des consommateurs burkinabè.
Parlant d’investissement, le directeur général a laissé entendre que « 30% des matériels de la SONABEL sont vétustes ». Une réalité qui a poussé la société à investir conséquemment dans les infrastructures. Et les autorités de la Transition facilitent cet investissement, selon lui.
Pourquoi ne pas établir un programme de délestage afin de situer les populations ? A cette question, le DG de la SONABEL a évoqué la nécessité de savoir communiquer au regard du contexte sécuritaire difficile.
« Je voudrais rassurer la clientèle que nous avons un programme qui permet de voir quelles sont les zones pour lesquelles nous ne serons pas en mesure de satisfaire la demande. Mais il faut reconnaître que nous sommes dans une situation de crise. Nous sommes en guerre. En matière de communication, il faut faire très attention quand vous êtes dans cette posture. Ce qui fait que même si vous avez un certain nombre d’informations, en voulant bien faire, en voulant divulguer l’information, ça peut produire l’effet inverse », a-t-il laissé entendre avant de rassurer les populations.
Selon le Directeur général, la crise du gaz étant sur le point d’être résolue dans la sous-région, l’approvisionnement en électricité auprès du Ghana pourrait reprendre bientôt, et la situation au Burkina Faso pourrait se résoudre. Toutefois, il insiste sur la nécessité pour le « Pays des Hommes intègres » d’investir pour pouvoir assurer sa consommation interne.



