Chine: un professeur de communication appelle les médias à un changement de posture

Invité à s’exprimer à Pékin, le 15 août 2026, devant des patrons de médias africains, Chen Qiang, professeur à l’Université de communication de Chine (CUC), a exhorté les médias traditionnels à impérativement revoir leur posture face à la révolution numérique.
« Autrefois, une caméra haut de gamme coûtait une fortune. Aujourd’hui, un outil modeste peut produire des images de qualité équivalente, voire supérieure. » Par ce constat, l’enseignant a signé l’acte de décès du modèle vertical où le média détenait seul la parole. L’irruption des réseaux sociaux, a‑t‑il martelé, a changé la donne : « Nous ne sommes plus les seuls à parler. Les utilisateurs créent, commentent et diffusent. »
Pour Chen Qiang, il faut passer d’une logique de diffusion à une pensée centrée sur l’utilisateur. « Ce n’est plus à l’audience de s’adapter aux médias, mais l’inverse », a‑t‑il affirmé. Il a illustré son propos par l’exemple du célèbre réalisateur Jia Zhangke, qui, sur les réseaux sociaux, a reconnu apprendre des courts-métrages postés par les internautes. « Si un cinéaste de cette stature s’inspire du public, nous devons tous changer de posture», a-t-il déclaré.

Le professeur a également insisté sur la nécessité de s’appuyer sur les données plutôt que sur l’intuition, et de développer un modèle « Médias + » qui dépasse les frontières entre culture, éducation et commerce. Selon lui, ces mutations, déjà à l’œuvre en Chine, offrent des pistes aux pays émergents, à condition de les adapter à leurs réalités locales.
Enfin, Chen Qiang a mis en garde contre les résistances internes. « Nous avions les outils et la volonté, mais les mentalités ont freiné la transformation », a‑t‑il confié, appelant les patrons de médias à oser la co‑création avec leur public.



