Burkina Faso : L’Union européenne sur les traces de ses réalisations à Kaya

Dans le cadre du programme d’appui à la stabilisation de l’axe Ouaga-Kaya-Dori-Djibo qui prend en compte le renforcement économique et social, une délégation de l’ambassade de l’Union européenne au Burkina Faso conduit par son chef, l’ambassadeur désigné Aristi Gaztelumendi, a effectué une visite terrain le mardi 12 décembre 2023 dans la région du Centre-Nord. L’objectif, faire le constat de visu des réalisations faites et échanger avec les populations bénéficiaires.
Awa Bamogo est une déplacée interne originaire de Dablo, un village de la région du Centre-Nord situé à une centaine de kilomètres de Kaya. Installée dans la ville de Kaya depuis maintenant 2 ans, elle est l’une des bénéficiaires du projet « Renforcement de la résilience des collectivités territoriales du Burkina Faso face aux déplacements massifs des populations et à la pandémie du COVID-19 ».
La cinquantaine révolue, la vieille dame n’a pas pu cacher sa joie lors de la visite de la délégation de l’Union européenne. Selon ses explications, elle s’est installée sous un arbre à son arrivé. À la merci des intempéries, elle sera soulagée par ledit projet en bénéficiant d’un logement pour elle et les 15 autres membres de sa famille.

Juste à côté de la maison d’Awa Bamogo, se trouve celle de Saïdou Sawadogo, venu de la localité d’Arbinda, une localité située à environ 280 Km de Kaya. Chef d’une famille de 15 individus, lui aussi a témoigné sa gratitude à la délégation.
Comme eux, ce sont 1 800 personnes (PDI et ménages hôtes) qui ont trouvé des toits grâce à l’accompagnement de l’Union européenne. Une aide d’une valeur de 2,6 milliards de Francs CFA et mise en œuvre par ONU-Habitat.
De manière concrète, le projet a permis la réalisation d’une cité de 100 logements, un forage, une électrification solaire des habitations dans la commune de Kaya comme à Kongoussi et Tougouri. La réalisation d’un bosquet est également en cours ainsi que d’autres infrastructures sociales.
L’objectif du projet, c’est celui d’accroître la résilience des collectivités territoriales du Burkina Faso et des communautés les plus vulnérables, face aux crises provoquées par les déplacements massifs des populations et la pandémie du COVID-19 dans les villes du Centre-Nord (Kaya, Kongoussi, Tougouri) et du Sahel (Dori) en termes d’aménagement urbain et d’infrastructures sociales de base.

Selon l’ambassadeur désigné de l’Union européenne au Burkina Faso, Aristi Gaztelumendi, le constat fait de la mise en œuvre du projet est satisfaisant. Pour lui, le partenariat entre l’UE, ONU-Habitat et le gouvernement est « assez exceptionnel ».
« Ce qui m’a vraiment frappé, c’est la résilience et le courage des gens que j’ai pu rencontrer. C’est extraordinaire de voir comment les Burkinabè s’entraident. C’est un très bon projet qui a donné de très bons résultats », a-t-il fait savoir.
Avant de prendre congé des habitants de la cité, l’ambassadeur désigné a pris connaissance des doléances et des difficultés des populations. « Nous souhaitons avoir des activités génératrices de revenus à faire. Cela nous permettra d’être autonomes. Aussi, il y a la question sanitaire », a relevé Awa Bamogo au nom des femmes.
De son côté, Saïdou Sawadogo parlant pour les hommes a également sollicité l’appui pour la réalisation d’activités notamment l’élevage et la soudure. « Aussi, il y a la question des capacités d’accueil des maisons. Nous sommes 15 dans la maison et il manque vraiment d’intimité », a-t-il lancé.
Après la cité, le cap a été mis sur un autre site pour visiter les réalisations d’un autre projet cette fois-ci mis en œuvre par le Programme Alimentaire Mondial. Dénommé « Renforcer la cohésion sociale par un soutien multidimensionnel aux personnes déplacées à long terme et aux populations hôtes dans le Sahel et le Centre-Nord au Burkina Faso », ledit projet a nécessité une enveloppe de plus de 6,2 milliards de Francs CFA.
Il vise à contribuer à la réalisation de la cohésion sociale à long terme parmi les personnes déplacées ciblées et leurs communautés d’accueil dans les régions du Nord et du Centre-Nord. Comme réalisations, il y a entre autres la planification communautaire, la réalisation d’ouvrage de franchissement, des jardins maraîchers et des formations pour les femmes.
La visite du jour a coïncidé avec des activités de focus groupe. Une initiative qui a pour objectif de renforcer la cohésion sociale. Sur les lieux, la délégation a pris part aux activités avec les équipes du PAM. À l’issue des échanges, l’ambassadeur désigné a laissé entendre sa satisfaction.

« Je me réjouis de la très bonne collaboration. Je suis très touchée. Ce sont des histoires de courage et de résilience qui sont fantastiques. Nous, on est content de pouvoir aider un petit peu. C’est la communauté qui a travaillé pour obtenir les résultats », a-t-il laissé entendre. Et par rapport aux doléances, il a déclaré « qu’il y a toujours moyen de mieux faire ».
La représentante du PAM, Elvira Pruscini, a pour sa part souligné que le projet est « très innovant ». Selon ses explications, la mise en œuvre s’est faite par un processus participatif. Ce qui a permis d’impliquer les bénéficiaires. « Ça permet de faire de telle sorte que les populations arrivent à identifier des défis communs et à construire une vision de solutions communes », a-t-elle déclaré.
Basile SAMA
Faso7



